Vos bonnes nouvelles environnementales #40 

Par Sarah Gendreau Simoneau 

La forêt nationale de Bussaco est devenue le 17 juillet dernier la première forêt thérapeutique certifiée de la péninsule Ibérique et la quatrième au monde.  

La crise environnementale actuelle accentue l’écoanxiété générale. Plusieurs études ont démontré le lien entre la consommation abusive de mauvaises nouvelles et la dépression, le stress et l’anxiété, rapporte Radio-Canada.    

Le Collectif a donc décidé de vous bombarder de quelques bonnes nouvelles concernant le climat, l’environnement et les innovations qui permettent la pérennité de notre chère planète. 

De plus en plus de forêts thérapeutiques  

La forêt nationale de Bussaco, au Portugal, vient juste de devenir la quatrième dans le monde à être reconnue officiellement comme une forêt thérapeutique par le ICTF, un conseil international. Les autres forêts thérapeutiques sont la forêt de Lahnstein en Allemagne, la forêt de Bad Nauheim, également en Allemagne, et la forêt de Beneddiktinerstift en Autriche. La forêt nationale de Bussaco, située à Luso, entre Lisbonne et Porto, occupe environ 105 hectares et abrite environ 250 espèces d’arbres et d’arbustes, dont des séquoias, des pins, des chênes et des eucalyptus, et 150 espèces de vertébrés, notamment des pics, des renards et des salamandres. 

Une forêt thérapeutique, c’est un espace naturel rigoureusement sélectionné pour améliorer la santé physique, mentale et sociale des gens qui la visitent. Elle répond à des critères stricts (silence, sécurité, sentiers adaptés) et offre des aires aménagées pour des programmes de soins encadrés par des thérapeutes certifiés.  

Ce n’est cependant pas un « bain de forêt », shinrin-yoku. Ce mot japonais décrit une immersion dans la nature pour chasser le stress du quotidien. La thérapie en forêt est plutôt un programme encadré par des experts pour traiter des problèmes de santé précis. 

Selon plusieurs études scientifiques, s’entourer d’arbres peut grandement diminuer l’anxiété et la pression artérielle. L’une d’entre elles, menée auprès de plus de 19 000 personnes participantes, a démontré que passer 120 minutes par semaine dans la nature est associé à une bonne santé et au bien-être. 

Le Québec met fin à l’utilisation d’un gaz polluant 

Le desflurane persiste environ 14 ans dans l’atmosphère, contribuant de manière disproportionnée (jusqu’à 80 % de la pollution liée aux agents halogénés) à l’effet de serre des blocs opératoires. 

Le desflurane, un gaz anesthésique ayant une empreinte carbone très élevée, sera retiré des blocs opératoires de la province. Le Québec suit donc l’Écosse, l’Union européenne et Terre-Neuve-et-Labrador dans cette décision. 

La mesure était réclamée par l’Association des anesthésiologistes du Québec, le Collège des médecins et l’Association québécoise des médecins pour l’environnement. L’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) recommandait aussi, en 2024, l’élimination du desflurane lors des anesthésies générales par inhalation, sauf en cas de situations « très exceptionnelles ». Santé Québec demande aux établissements de santé d’assurer le retrait progressif du desflurane, de maintenir ce retrait et de promouvoir des techniques à faible débit avec des agents moins nocifs pour l’environnement, comme le sévoflurane.  

Le desflurane a un potentiel de réchauffement 2540 fois supérieur à celui du CO2.Le sévoflurane est 40 fois moins polluant et moins cher. Plusieurs hôpitaux n’ont toutefois pas attendu la directive de Santé Québec pour agir. La proportion des heures d’anesthésie par inhalation avec le desflurane est passée de 16 % en 2019 à 3 % en 2023, selon les plus récents calculs disponibles de l’INESSS. Santé Québec indique que la grande majorité des établissements n’utilisent plus ce gaz.  

« D’une manière générale, le plan vient souligner une partie de ce qui se fait déjà dans le réseau de la santé. Le desflurane en est un bel exemple », constate Jérôme Ribesse, cofondateur et directeur général de Synergie Santé Environnement, un organisme qui accompagne les établissements de santé dans leurs efforts environnementaux. Selon lui, Santé Québec n’aura pas de mal à atteindre la cible de réduction de l’achat de desflurane qu’elle s’est fixée, soit 95 % de moins en 2027-2028 par rapport à 2024-2025. 

Des chèvres pour contrôler la végétation envahissante 

La première chose que les chèvres font en arrivant dans un nouvel endroit, c’est explorer. Elles vont goûter à tout. 

Des chèvres sont utilisées par l’organisme à but non lucratif Amitonte afin de contrôler les plantes envahissantes. C’est une méthode qui est à l’essai dans la région de Montréal, mais qui est déjà utilisée à plusieurs endroits dans le monde, ce qui aide à réduire les moyens chimiques ou mécaniques. 

À L’Île-Bizard, les chèvres broutent des arbustes afin de contrôler la végétation envahissante qui traverse la clôture depuis la berge de la rivière des Prairies. Les chèvres aiment bien plusieurs variétés de plantes, notamment des espèces exotiques envahissantes coriaces, comme le nerprun ou le phragmite (roseau commun). 

Les chèvres se promènent sur le terrain, encadrées par une clôture mobile, et se concentrent sur ces plantes, tout en épargnant le reste de la végétation, sans faire de bruit ni consommer de carburant fossile.  

L’arrondissement envisage un deuxième test. La Ville de Baie-d’Urfé a aussi utilisé les chèvres d’Amitonte à quelques reprises depuis le printemps. L’arrondissement de LaSalle les a aussi fait venir une journée au parc de l’Aqueduc pour qu’elles s’attaquent à des espèces envahissantes. 

Plusieurs de ces chèvres sont d’ailleurs allées en Ontario, l’automne dernier, au marais Cooper, non loin de Cornwall, rapporte La Presse. Elles sont allées brouter dans des zones qui sont difficiles d’accès avec de la machinerie ou d’autres méthodes de contrôle.  

Tous ces projets pilotes semblent se dérouler avec succès. Amitonte utilise les chèvres de la ferme PACE, qui élève une grande variété d’animaux à L’Île-Bizard. Cette ferme offre des visites guidées et des services de ferme mobile. Ses chèvres ont donc déjà plusieurs engagements et ne pourraient pas faire du contrôle de végétation à temps plein. L’idée serait donc qu’Amitonte devienne le coordonnateur pour plusieurs fermes afin d’amener des chèvres partout, tout l’été.


Source image 1 : Center of Portugal

Source image 2 : iStock

Source image 3 : Area Land Trust

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif • redaction.lecollectif@USherbrooke.ca • Web •  More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

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