Les enjeux électoraux de 2026  

Par Fabrice Lamarre 

Malgré les récentes vagues de violence et de féminicides, l’enjeu de la sécurité n’est prioritaire que pour 6 % des personnes électrices.  

Dans son plus récent rapport, la firme de sondage Léger publie les résultats de plusieurs questions à mentions multiples visant à sonder les intentions de vote de la population québécoise face aux élections provinciales à venir. Quel parti ciblera le mieux les enjeux critiques ? 

Alors qu’une personne électrice sur deux (48 %) demeure indécise, la capacité des différents partis à rejoindre la population sur ces enjeux clés sera un facteur déterminant de cette campagne. 

Bien qu’il soit tôt et que les programmes électoraux ne sont pas encore tous publiés, il est intéressant de comparer les déclarations des partis avec ces résultats afin de déterminer les priorités de chaque parti politique. 

Ces prises de position, bien que révélatrices, ne remplacent pas les plateformes électorales officielles, qui seront dévoilées au cours de la campagne. La capacité de chaque parti à représenter les enjeux d’importance pour la population, plutôt que simplement les nommer, pourrait avoir une incidence importante sur l’issue du scrutin du 5 octobre.  

Parti québécois (PQ) 

L’enjeu de la tenue d’un référendum sur la souveraineté du Québec ne se trouve qu’au 11e rang des priorités, avec seulement 8 % des personnes répondantes indiquant qu’il s’agit de l’un des enjeux qui influenceront le plus leur vote.  

Le Parti québécois promet de tenir un troisième référendum advenant une victoire du PQ. Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a même récemment annoncé son engagement de ne pas tenir de référendum avant la fin du mandat de Donald Trump, en janvier 2029, tout en maintenant la promesse initiale d’un référendum lors de son premier mandat. 

L’indépendance du Québec n’est toutefois pas le seul enjeu prioritaire défendu par le PQ. La fiscalité et la gestion des finances publiques, qui recueille l’appui de 18 % des répondants, est souvent mentionné par le chef péquiste.  

Il abolirait même le Fonds de développement économique (FDE), un fonds financé par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) et qui a largement crû sous le gouvernement Legault. À ce sujet, PSPP met l’accent sur les priorités surtout sociales . 

« Il y a plusieurs questions sociales qui se sont détériorées à vitesse grand V, […] avant d’écrire des chèques à des entreprises dont on ne sait rien, […] il y a des priorités sociales, comme donner un toit et une dignité à tout le monde, puis s’occuper de nos jeunes, qui vont redevenir une priorité avant le bar ouvert auquel on va mettre fin. » 

Le PQ ne compte cependant pas oublier l’enjeu de la santé, qui se hisse au sommet du palmarès des priorités électorales des personnes québécoises. Le parti compte notamment abolir Santé Québec, instauré par la CAQ en 2024. 

Parti libéral du Québec (PLQ) 

Du côté du Parti libéral du Québec, Charles Milliard a énuméré les cinq priorités du PLQ pour la campagne, soit l’économie, le logement, les services publics, les régions et la culture.  

Charles Milliard déclare aussi que la « priorité des priorités » reste l’économie, comme 23 % des personnes répondantes au sondage. À ce sujet, il annonce, entre autres, des politiques d’allègement fiscal pour les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises.  

Pour le logement, qui est un enjeu déterminant pour 28 % des personnes québécoises selon Léger, le PLQ s’engage à atteindre une cible de 100 000 nouveaux logements par année.  

Quant aux services publics et à la santé, qui est la priorité des personnes électrices selon le sondage, les libéraux de Charles Milliard promettent une plateforme de télémédecine accessible sept jours sur sept, et de prioriser la santé mentale.  

Coalition Avenir Québec (CAQ) 

L’équipe Christine Fréchette met l’accent sur le coût de la vie, qui se trouve au deuxième rang avec 42 % des personnes répondantes. En ce sens, elle a récemment instauré un programme de remboursement de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs. 

Pour la santé, enjeu prioritaire pour 48 % des personnes répondantes, la CAQ annonce un projet pilote de salles d’attente virtuelle dans les urgences.  

Sur le plan de l’immigration, qui se trouve en neuvième place, elle revient sur les actions de son prédécesseur en rouvrant le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une période de deux ans. 

Parti conservateur du Québec (PCQ) 

Pour les conservateurs d’Éric Duhaime, la fiscalité et la gestion des finances publiques, qui arrive au cinquième rang des enjeux déterminants, fait aussi partie de leurs priorités, alors qu’ils promettent la « plus importante baisse d’impôt de particuliers et de taxes à la consommation de l’histoire du Québec ».  

Éric Duhaime a également annoncé son projet visant à couper 47 milliards de dollars dans les dépenses de l’État sur cinq ans, ce qui inclurait la mise à pied de 20 000 fonctionnaires. Le PCQ compte également réduire le fardeau fiscal des entreprises afin d’augmenter l’attractivité québécoise en Amérique du Nord. 

Le PCQ veut aussi aborder l’enjeu de la santé, qui se trouve au sommet des enjeux prioritaires, en accroissant la place du privé dans le système. Au niveau des logements abordables, le troisième enjeu en termes d’importance, le parti propose une déréglementation de la construction pour faciliter la mise en chantier de futurs logements. 

Québec solidaire (QS) 

Québec solidaire mise sur trois principaux enjeux. Pour le logement abordable, QS mise sur l’ambitieux « Plan Habitation », présenté comme une priorité de la campagne de QS en plus d’une récente annonce exprimant vouloir prolonger le moratoire sur les évictions.  

La dixième priorité électorale des Québécois selon le rapport Léger, l’environnement, est une autre des priorités solidaires. Ils promettent notamment « d’utiliser tous les leviers » afin de bloquer tout projet de gazoducs sur le territoire québécois.  

Cependant, QS a récemment abandonné sa cible de 55 % de réduction des GES, blâmant l’inaction de la CAQ au cours des huit dernières années.  La fiscalité se trouve à être l’autre priorité solidaire, plus précisément l’instauration d’une taxe « visant à aller chercher l’argent de poche des multimillionnaires ». 


Source : Léger le journal TVA

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