Une initiative pour faire découvrir la langue française 

Par Sarah Gendreau Simoneau 

L’être persane a remporté l’édition 2022 du concours avant qu’il ne devienne une initiative avec son texte Guerrière représentant sa réalité, son parcours et les épreuves qu’elle a surmontées.

Auparavant un concours, maintenant plutôt nommé une initiative, L’Estrie s’enslame pour le français est de retour cette année encore pour une sixième édition. Elle vise à permettre aux personnes participantes d’écouter, d’apprendre à rédiger et à performer un slam. 

Les personnes entre 18 et 35 ans peuvent participer et auront la chance d’assister à un micro-ouvert pour entendre les textes d’artistes locaux, de participer à des ateliers d’écriture pour apprendre à rédiger un slam, de soumettre un texte sur le site pour courir la chance d’être publié, de recevoir du mentorat pour améliorer leur texte et même de performer leur texte lors d’un enregistrement studio ou un micro-ouvert. 

Ayant remporté le concours en 2022, Sarah Badkoube, connue sous le nom d’artiste L’être persane, s’est lancée dans le slam en 2014. « Au début, je ne partageais pas mes textes, mais quand je les lisais, je voyais que mes mots pouvaient résonner chez les autres. » 

Elle s’était inscrite dans la catégorie avec expérience de scène, mais, comme elle mentionne, « c’est ouvert à tout le monde, c’est accessible à tout le monde. Il n’y a pas besoin d’avoir de l’expérience, il y a juste besoin d’avoir envie de partager et, encore là, tu peux le partager de la façon dont tu veux ».  

Un art accessible 

Le projet a grossi depuis son virage en 2023. « On est maintenant une dizaine d’artistes partenaires qui promeuvent l’initiative dans différents milieux », explique l’artiste française d’origine iranienne. En effet, c’est la mission de la Société nationale de l’Estrie et de L’Estrie s’enslame pour le français que de promouvoir cet art et son accessibilité autant dans les milieux culturels, comme les bibliothèques, les cafés, les bars et les salles de spectacle, mais également dans les milieux communautaires afin de toucher un maximum de personnes. 

Selon L’être persane, le slam est sans prétention, facile d’approche et abordable. « Ça permet différents styles, différentes façons d’aborder des thèmes et de livrer un texte. On veut démocratiser cet art-là, casser un peu les préjugés. Souvent les gens pensent qu’il faut connaitre son texte par cœur, parler de sujets intimes, que les phrases riment, qu’il y ait des jeux de mots dans un slam, mais non, par forcément ! » 

C’est pourquoi elle invite les jeunes à assister aux micros ouverts et à regarder les gens qui passent sur scène. « La diversité des tons, des thèmes. On veut vraiment offrir une autre définition de celle qu’on voit. C’est un art qui est complet parce qu’il y a un travail d’écriture, un travail d’oralité. Ça travaille aussi l’éloquence, alors à travers le slam, on fait la promotion de la langue française. » 

Voir du slam, c’est ce qui lui a donné l’envie d’en faire. « Je suis arrivée dans le public, j’ai vu l’énergie, j’ai eu le goût d’en faire. Oui c’est stressant au début, mais finalement, tu aimes l’expérience que ça provoque, que ça génère en toi. » 

Le recueil 

Depuis 2024, un recueil nommé Langues sauvages est publié regroupant les textes des personnes participantes ainsi que ceux des artistes partenaires. « Les jeunes ont jusqu’au 15 novembre pour envoyer leurs textes, ça peut être un texte composé lors d’un atelier d’écriture à travers le projet, ça peut être un ancien texte, il faut simplement que ça soit inédit, donc qu’il n’ait jamais été publié. » 

Ensuite, un comité de sélection choisira les textes qui seront publiés dans le recueil. « Ce qui est génial, mentionne L’être persane, c’est qu’il y a un vrai travail éditorial, les gens sont accompagnés si le texte est sélectionné, comme quand on publie avec une maison d’édition. Il y aura des conseils, des propositions, des suggestions pour rendre le texte encore plus fort. » Elle insiste également sur le mentorat offert dans le cadre de l’initiative. « Chaque personne qui participe a droit à quelques heures de mentorat gratuit donné par un ou une artiste partenaire du projet, autant pour obtenir des conseils, une relecture, que pour livrer le texte sur scène. C’est une des forces du projet, on accompagne en toute bienveillance, avec humilité aussi, malgré l’expérience. » 

Le lancement du recueil se fera le 17 mars 2027 à La Petite Boite Noire. Les personnes participantes sélectionnées seront invitées à venir performer leur texte sur scène pour donner un avant-goût du recueil à leur public.  

Tous les détails pour l’inscription ainsi que le calendrier d’événements se trouvent sur le site Web de la Société nationale de l’Estrie.  


Crédit : Maxime Caron

 

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif • redaction.lecollectif@USherbrooke.ca • Web •  More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

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