Par Frédérique Maysenhoelder

Alors que la vie universitaire devrait être une période d’apprentissage et de découverte, de plus en plus de personnes étudiantes à l’Université de Sherbrooke (UdeS) se retrouvent accablées par la pression financière.
Entre le coût du logement, l’alimentation et les dépenses quotidiennes, la hausse du coût de la vie affecte durement la capacité des étudiantes et des étudiants à poursuivre leurs études sereinement.
Inflation persistante malgré une légère accalmie
Au Canada, l’inflation annuelle moyenne est demeurée élevée en 2025, avec une hausse des prix à la consommation de 2,1 %, après 2,4 % en 2024, selon les données de Statistique Canada analysées récemment. Bien que cette progression soit plus modérée qu’au cours des années précédentes, les prix des biens essentiels restent plus élevés qu’avant 2020, indiquant une pression durable sur le budget des ménages, y compris celui de la population étudiante.
Logement : un poste de dépense écrasant
La question du logement est au cœur du problème. Dans une enquête régionale menée au Québec, il est établi que le loyer médian des étudiantes et étudiants a augmenté de 18 % entre 2021 et 2023, bien plus vite que le marché locatif global. À Sherbrooke, cela se traduirait par des loyers médians atteignant environ 786 $ par mois, soit près de 9 400 $ par année, une somme colossale pour des personnes qui gagnent souvent moins de 20 000 $ par année.
Selon une étude de l’Union étudiante du Québec (UEQ), avant même les hausses inflationnistes les plus récentes, près de 64 % des personnes étudiantes consacraient plus de 30 % de leurs revenus mensuels aux dépenses liées au logement, un seuil souvent utilisé pour diagnostiquer une « insécurité résidentielle ».
L’alimentation et les autres dépenses essentielles sous pression
Le coût de la nourriture et des biens essentiels n’est pas à négliger non plus. Les prix des épiceries ont augmenté sur plusieurs années, ce qui pèse sur le portefeuille des personnes aux budgets serrés. Selon une étude nationale, près de 92 % des étudiantes et étudiants déclarent être stressés par leurs finances, bien au-dessus de la moyenne nationale de 65 % pour l’ensemble des adultes canadiens. Parmi leurs principales inquiétudes figurent les coûts liés au logement (22 %) et à l’épicerie (21 %).
Au Québec, l’insécurité alimentaire gagne du terrain sur les campus : des organismes ont rapporté que des gens de la communauté étudiante doivent parfois recourir à des services alimentaires gratuits faute d’argent pour se nourrir correctement.
Stratégies de survie : travailler plus, dépendre plus
Face à ces pressions, de nombreuses personnes étudiantes multiplient les sources de revenus. Un sondage national indique que 78 % d’entre elles prévoient travailler pendant l’année scolaire pour joindre les deux bouts, alors que 48 % se disent incertaines de pouvoir couvrir toutes leurs dépenses.
Ce recours accru au travail peut toutefois nuire à la vie académique. En effet, travailler trop d’heures pour assurer la subsistance peut réduire le temps consacré aux études, à la recherche et à l’engagement dans la communauté universitaire.
Une crise silencieuse, mais tangible
Les statistiques montrent sans équivoque que la hausse du coût de la vie représente un obstacle majeur pour la communauté de l’UdeS. Entre l’inflation, une crise du logement persistante et la pression financière quotidienne, plusieurs vivent une réalité où survivre financièrement devient aussi exigeant qu’exceller académiquement. Ces défis demandent une attention accrue de la part des institutions, des décideurs et de la société civile pour garantir que l’accès à l’éducation ne devienne pas un privilège réservé à ceux et celles qui peuvent se le permettre.
Source : Magazine Tout-petits
