Par Médéric Dens

Backbone Hosting Solutions Inc. s’établira vraisemblablement à Sherbrooke. L’entreprise, mieux connue par sa marque opérationnelle Bitfarms, voudrait en effet installer un centre de données, permettant la récolte des données d’intelligence artificielle. Marie-Claude Bibeau maintient son intention de développer le secteur technologique dans la ville, au grand désarroi de plusieurs citoyens et citoyennes.
Un centre de données est en voie d’arriver à Sherbrooke, sur le boulevard Industriel à l’ancienne usine à chaussures Santana, fermée définitivement depuis 2006.
Le mois dernier, le conseil municipal acceptait de vendre la partielle de terre de plus de 50 000 mètres carrés à l’entreprise Backbone Hosting Solutions Inc., pour un total de 2,2 millions de dollars, leur permettant d’y installer un centre de données pour fournir les grandes entreprises d’intelligence artificielle.
Dans une vidéo diffusée par la mairesse de Sherbrooke, David Seminaro, directeur d’Hydro-Sherbrooke, affirme que la venue possible de l’entreprise pourrait « essentiellement permettre à des clients qui exploitent des centres de cryptomonnaie d’utiliser la même énergie, la même puissance, mais pour exploiter des centres de données ».
Avant le début des travaux, il faut cependant que le gouvernement du Québec accepte un transfert de mégawatts sur le terrain, mais aussi que l’entreprise se soumette aux exigences municipales établies par Sherbrooke.
Une opposition au projet
Sherbrooke Citoyen et ses trois élues, Laure Letarte-Lavoie, Fernanda Luz et Catherine Boileau, ont toutes enregistré leur dissidence face à ce projet lors du conseil municipal du 7 juillet 2026.
Laure Letarte-Lavoie a affirmé ne pas comprendre pourquoi la ville « veut prendre une décision maintenant, alors qu’on dit que c’est conditionnel au fait de ne pas requérir de demande d’alimentation électrique additionnelle » en estimant qu’il valait mieux être davantage transparent quant aux risques énergétiques, économiques et environnementaux.
Fernanda Luz a également pris la parole lors du conseil municipal. Elle se dit consciente que « les retombées économiques sont importantes », mais qu’il est de la responsabilité des personnes élues de se demander « quel pourrait être le coût de ces retombées sur notre milieu de vie ».
Une pétition lancée
De son côté, la page Facebook « Arrêter le projet de mégacentre de données à Sherbrooke », qui compte près de 300 personnes abonnées, tente de sensibiliser la population quant aux risques environnementaux, mais aussi à propos de l’« absence de transparence », par biais de photos, de vidéos, de messages et de mèmes.
Une pétition a été lancée. Cette dernière exige la mise en place d’une « étude exhaustive de l’impact environnemental sur les boisés environnants, la consommation électrique et la pollution que ce centre engendrera » ainsi qu’une « rencontre publique avec la population » pour tendre l’oreille aux divers acteurs du milieu, surtout environnemental.
Sur la page de la pétition, on peut notamment lire « Je viens tout juste d’acheter une maison avec ma fiancée à quelques minutes de Mi-Vallon et la proximité de l’usine m’inquiète grandement. Un de mes proches travaille également sur le boulevard Industriel et serait collé à l’infrastructure, donc encore davantage affecté par tous les impacts recensés de ce genre de mégacentre » de la part d’une personne.
Au moment où ces lignes sont écrites, ce sont plus de 8 500 personnes qui ont signées cette pétition.
Source : Google Earth
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
