Par Médéric Dens

La Coalition avenir Québec fait présentement face à une vague de démissions, alors que les sondages ne leur offrent que peu de sièges, voire zéro pour les élections de 2026. Quelque temps après son énième remaniement ministériel, François Legault exclut Isabelle Poulet de son caucus. Députée de Laporte, circonscription montérégienne, la tentation de démissionner était déjà forte pour Isabelle Poulet, elle qui flirtait avec le Parti libéral du Québec depuis quelque temps déjà.
Impliquée au sein de divers organismes, dont Moisson Rive-Sud, et conseillère municipale de Sainte-Julie de 2005 à 2022, Isabelle Poulet a rejoint les rangs caquistes en vue des élections provinciales de 2022. Après plus de trois ans au sein du caucus de la CAQ, c’est désormais la fin de son parcours au sein du gouvernement, elle qui critique le projet de loi 2 et ses modalités.
Isabelle Poulet avait l’intention d’annoncer elle-même son départ lors d’une conférence de presse, mais François Legault a préféré passer à l’action et a annoncé le congédiement de la députée le matin du 4 novembre. Accusé d’avoir voulu amadouer Mme Poulet pour l’attirer dans ses rangs, Pablo Rodriguez confirme cette accusation, mais avec une nuance : « La députée de Laporte a effectivement approché le Parti libéral du Québec à plus d’une reprise », mais le Parti libéral a pour le moment « d’autres plans pour le comté de Laporte ».
Malgré l’annulation de son point de presse, Isabelle Poulet s’est exprimée sur ses réseaux sociaux : « Je ne reconnais plus le parti pour lequel je me suis présentée et engagée il y a trois ans — celui qui avait su gérer la pandémie avec rigueur (…) aujourd’hui, cette confiance s’est érodée. Les citoyens sont déçus de la CAQ. Et moi aussi. » Visiblement, l’essoufflement de la CAQ affecte autant les élus que les citoyens et citoyennes.
Le projet de loi 2 au cœur du problème
Le projet de loi 2 concernant la rémunération des médecins fait grandement réagir auprès de la communauté médicale, et c’est maintenant au tour de quelques élus caquistes de s’y opposer. Le 30 octobre dernier, c’est Lionel Carmant qui avait annoncé la démission de ses fonctions, dont celle de ministre responsable des Services sociaux.
Il a avoué devoir quitter ses fonctions en raison des divergences qui apparaissent peu à peu dans sa famille concernant ce projet de loi. Sa fille et sa femme étant de farouches et assumées opposantes de la loi 2, Carmant désirait prioriser sa famille, affirmant que « les dernières semaines ont été difficiles » pour son entourage et lui.
Les médecins et le gouvernement de la CAQ continuent de s’attribuer les tords, alors que les négociations stagnent. « Pour ce qui est des modalités, on veut tendre la main aux deux fédérations pour venir en discuter avec nous », a affirmé le premier ministre lors d’un point de presse. Le conflit opposant les médecins et la CAQ ne semble pas s’estomper, mais une chose est sûre : ce sujet est aussi polarisant dans la société qu’au sein du gouvernement caquiste.
Source : page Facebook Isabelle Poulet
