Par Elizabeth Gagné

Les personnes finissantes du Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke (UdeS) présentent l’exposition Frontières indicibles à la galerie d’art Antoine-Sirois, en coproduction avec le Département des arts, langues et littératures de l’Université de Sherbrooke. On y retrouve des œuvres d’Yves Bertrand, de Sophie-Claire Caza, de Laurie Dubé, d’Hélène Harrison, de Danielle Hudon, de Christiane Lahaie, d’Anaïs Marcil-Héguy, de Maéva Paquette, de Lara Petricevic et de Gabrielle Sanche-Duplessis.
Attirés par les différentes formes que peuvent prendre les frontières, dans le monde matériel comme immatériel, les personnes finissantes en arts visuels ont voulu explorer cette thématique à travers divers médiums, tels que les installations, la peinture, la photographie, la sculpture et la vidéo, et différents regards.
Il existe toutes sortes de frontières. Les réelles, dessinées sur des cartes et pour lesquelles on se bat. Les invisibles, que les communautés et les individus dressent entre eux. Et celles, plus intimes, qu’imposent les émotions trop brèves, les souvenirs flous ou les traumatismes. Entre le réel et l’imaginaire, entre soi et l’autre, ces frontières sont au cœur même de nos relations.
Presque par essence, les œuvres présentées dans l’exposition invitent à réfléchir à la frontière, là où le langage échoue face à l’expérience. Le figuratif y côtoie l’abstraction ; la couleur cède souvent le pas aux accents dramatiques du noir et du blanc ; les médiums et techniques se combinent de manière inattendue. Là où nature et culture se livrent un dialogue fructueux, l’intime se conjugue au pluriel, tandis que l’universel s’écrit et se montre en même temps qu’il se dissimule.
Toute quête vouée à l’expression de l’indicible semble vaine et illusoire. Et pourtant, elle mérite d’être entreprise et poursuivie sans relâche. Jusqu’à ce que les frontières tombent. Du moins, celles qui emprisonnent les rêves.
Des œuvres aux multiples personnalités
Durant la soirée où les personnes étudiantes font face à leurs évaluateurs, qui décideront de la note que méritent leurs œuvres d’art, l’ambiance est à la réjouissance. Il s’agit d’un moment spécial pour célébrer leurs efforts, entourées de leurs proches.
Les œuvres sont hétéroclites. Chacun et chacune a voulu exprimer l’intime de sa vie, sa passion et son inspiration, créant ainsi plusieurs univers. On découvre donc des œuvres reflétant diverses personnalités.
Parmi celles qui ont attiré le regard du Comité arts et culture de Brompton, présent lors du vernissage, figure celle d’Yves Bertrand intitulée Contact. Cette structure, qui prend la forme d’une main géante semblant sortir du sol, est faite d’acier, d’appareils électroniques, de cordes et d’acrylique. L’artiste réfléchit aux différentes façons de communiquer. Il s’intéresse d’ailleurs aux technologies qui transmettent l’information, mais également aux formes de communication présentes dans le monde du vivant, comme celles des champignons, des arbres et des mammifères.
L’œuvre de Danielle Hudon, L’hiver est passé par là ?, a également reçu plusieurs reconnaissances au cours de la soirée. Faite de plâtre, de grillage et de végétaux sauvages, cette œuvre suspendue au plafond crée des formes organiques dont les ombres se reflètent au sol. Elle « célèbre le passage du temps, celui qui porte à ralentir et à prêter attention aux subtilités de la nature ». D’ailleurs, ces deux œuvres feront partie de la collection permanente de la Maison des arts et de la culture de Brompton.
Dans un esprit d’ouverture et d’attention sincère à l’autre, la cohorte finissante 2026 du Certificat en arts visuels de l’Université de Sherbrooke vous invite à entreprendre un voyage où les frontières se transforment, se déplacent et parfois même disparaissent.
Jusqu’au 9 mai, venez découvrir ces œuvres gratuitement à la galerie d’art de l’Université de Sherbrooke.
Crédit : Elizabeth Gagné

Elizabeth Gagné
Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Depuis 2022, elle travaille de pair avec ses collègues à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la Faculté d’éducation.
