Par Elizabeth Gagné

Le trio É.T.É était de passage à Sherbrooke le 1er novembre pour présenter Aronde, son nouvel album qui revisite la musique traditionnelle québécoise et acadienne. Le spectacle de lancement avait lieu à La Petite Boîte Noire quelques jours avant la sortie officielle de l’album, prévue le 6 novembre. En grande première, É.T.É a fait découvrir le son de son nouvel album à ses amis, à sa famille ainsi qu’aux Sherbrookoises et aux Sherbrookois présents.
Depuis plus de dix ans, É.T.É se distingue sur la scène folk internationale en proposant une approche contemporaine de la musique traditionnelle. Avec son quatrième album, le groupe poursuit cette démarche en mariant le répertoire traditionnel, notamment avec la reprise de chansons comme Alouette, popularisée par Fred Pellerin, et ses propres compositions instrumentales. Le tout est porté par des arrangements énergiques et un son distinctif.
Le trio compte notamment Élisabeth Moquin, qui vient de déménager à Sherbrooke. Sa présence dans la région donne une dimension locale à ce lancement. Le public sherbrookois a ainsi eu l’occasion de découvrir les nouvelles pièces du groupe, mais également de se familiariser avec la musique traditionnelle, alors que plusieurs nouveautés permettront de la rendre accessible au plus grand nombre dans la région.
Entre tradition et modernité
La musique d’É.T.É repose sur une combinaison instrumentale singulière : violon, bouzouki irlandais, guitare et violoncelle. À ces sonorités s’ajoutent des harmonies vocales qui contribuent à façonner l’identité musicale du groupe. Chaque membre possède un parcours musical différent, explique Élisabeth Moquin.
« On vient de trois milieux assez différents. Élisabeth Giroux, qui joue du violoncelle, vient du milieu classique. Thierry Clouette, qui joue de la guitare et du bouzouki, vient plus du milieu du jazz prog, puis moi, qui joue du violon et qui fais de la gigue, je viens plus du milieu traditionnel. Donc, on arrange vraiment nos pièces en s’inspirant de nos trois styles assez différents. Ça crée des arrangements plutôt complexes », explique-t-elle.
Avec Aronde, les musiciennes et le musicien souhaitent faire dialoguer l’héritage musical québécois et acadien avec une énergie actuelle. Les arrangements puissants et le groove occupent une place centrale dans cette démarche, qui cherche à renouveler les formes traditionnelles sans les dénaturer.
Pour son quatrième album, le trio s’est donné une ligne directrice claire afin de mener le projet à bon port. « En fait, comme pour les deux précédents, on s’est donné une ligne directrice, une thématique pour les textes, parce que sinon, on peut partir très loin dans toutes les directions. »
Pour Aronde, les membres du groupe sont allés puiser dans le répertoire traditionnel afin de reprendre des classiques de la musique québécoise. « Il n’y a pas de chanson originale, donc ce sont vraiment tous des textes qu’on reprend. En revanche, pour les pièces instrumentales, on fait du répertoire et des compositions. Et donc, les compositions sont davantage instrumentales pour cet album-ci », explique Élisabeth Moquin.
C’est en explorant le répertoire traditionnel québécois que le trio a fait ressortir la thématique de l’oiseau. « Il y a beaucoup de chansons dans notre répertoire traditionnel qui parlent d’oiseaux, qui traitent d’oiseaux, et ce sont de magnifiques chansons. Les oiseaux ont une symbolique très forte aussi. Ils relient des amants, ce sont des messagers, ils sont porteurs d’histoires, etc. Il y a un langage particulier qui fait que l’oiseau est très présent dans les textes traditionnels québécois, donc on s’est dit qu’on voulait aller un peu de ce côté-là. »
L’hirondelle comme symbole de liberté
Le titre Aronde fait référence à l’hirondelle, un oiseau qui évoque notamment la liberté, le mouvement et le passage. « Aronde » est en fait un ancien mot français qui signifie « hirondelle ».
« On a cherché longtemps pour voir comment on pouvait appeler l’album. Et ça a été difficile à choisir quand même. C’est la première fois qu’on a autant de difficultés à choisir un titre d’album, parce qu’on se demandait justement : est-ce que les gens allaient savoir ce que ça voulait dire? Est-ce que ça allait évoquer quelque chose dans l’imaginaire des gens ou pas du tout? Mais en même temps, c’est une bonne manière pour nous de l’expliquer. Donc, on a décidé de l’appeler Aronde au bout du compte, qui est un oiseau québécois qu’on apprécie beaucoup. Dans l’imaginaire traditionnel, c’est un oiseau messager, un oiseau rempli d’espoir. Ça évoque beaucoup de choses dans les chansons traditionnelles, les hirondelles. »
Cette image traverse l’univers de l’album, qui puise dans l’imaginaire du territoire et du vent. Au-delà de ses arrangements musicaux, le projet s’inscrit ainsi dans une réflexion sur les liens entre les paysages, les déplacements et les traditions. Il témoigne également de la volonté du groupe de faire vivre un patrimoine musical dans un contexte contemporain.
Avec Aronde, le trio poursuit son exploration d’une musique traditionnelle à la fois ancrée dans son héritage et tournée vers de nouvelles possibilités.
Des rendez-vous trad à Sherbrooke
Même si vous avez manqué le lancement d’Aronde, la musique trad ne quittera pas Sherbrooke de sitôt. En effet, plusieurs événements auront lieu sur la rue Wellington au cours des prochains mois, à l’initiative d’Élisabeth Moquin et de son groupe, qui ont mis sur pied différentes activités et plusieurs spectacles de musique traditionnelle.
Notamment, un dimanche par mois, La Petite Boîte Noire proposera un spectacle de musique trad à partir de 14 h. Cette formule permettra aux petits comme aux grands d’assister aux concerts, qui seront suivis de séances de jam trad. Le prochain rendez-vous aura lieu le 13 décembre avec le groupe La Déferlance.
Un concept similaire sera également proposé au Café 440. L’établissement se transformera en lieu de jam trad, invitant les gens à apporter leurs instruments et leurs souliers pour giguer et participer à une soirée festive. La prochaine soirée aura lieu le 11 novembre.
Source : Aronde

Elizabeth Gagné
Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Depuis 2022, elle travaille de pair avec ses collègues à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la Faculté d’éducation.
