Déjà une pagaille entre Bruno Marchand et le Parti conservateur  

Médéric Dens  

Le projet TramCité est estimé à plus de sept milliards de dollars et sa mise en service devrait avoir lieu en 2033. 

À peine arrivé à l’Assemblée nationale, le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime, talonne déjà le maire de la ville de Québec, Bruno Marchand. Le tramway et le troisième lien continuent de diviser, cette fois-ci entre politiciens de différents paliers. L’avenir du tramway est-il menacé ? 

Les projets de transport sont encore une fois au cœur des débats politiques, alors que la 44e législature vient tout juste de commencer. Éric Duhaime a été clair pendant la plus récente campagne électorale : le PCQ s’opposera vivement au projet de tramway, mais mettra les bouchées doubles pour que le troisième lien promis sous François Legault se concrétise.  

« Le Parti conservateur est contre un tramway qui coûte trop cher et qui ne réduit pas le temps de transport dans notre capitale nationale, tout en occasionnant un paquet de troubles pour les automobilistes », peut-on lire sur les réseaux sociaux du chef conservateur.  

Le ton a quelque peu monté, alors que le maire Marchand a parlé du PCQ et d’Éric Duhaime en les qualifiant de « tribu ».  

Le chef conservateur a d’ailleurs réagi à ces propos. « Je pense pas que c’était habile, 48 heures après que les gens de Québec, dans 15 circonscriptions sur 18, ont voté pour le Parti conservateur du Québec, de dire qu’on est une tribu. Je suis capable d’en prendre des qualificatifs péjoratifs, vous le savez, j’ai pas de problème avec ça, c’est mon job. Mais il y a près de 900 000 Québécois qui ont voté pour nous et c’est pas des gens tribaux », affirme-t-il dans un point de presse.  

Bruno Marchand y est aussi allé d’une vidéo, publiée le 8 octobre, dans laquelle on y lit la phrase suivante : « Il fait gris, mais le tramway avance, va déplacer 3 500 personnes à l’heure, générer 78 000 emplois et 9,5 milliards $ en retombées. »  

Concours de légitimité en vue ? 

Les deux camps font tout en leurs moyens pour se positionner comme principal décideur dans les dossiers du tramway et du troisième lien. 

D’un côté, Bruno Marchand a remporté deux élections municipales : celle de 2021 et celle de 2025. Il s’est tiré de la première avec un vote général de 32,32 %, tandis que celle de 2025 lui a permis d’obtenir près de 50 % des voix.  

Stéphane Lachance, chef du parti Respect citoyens et candidat à la mairie, et Sam Hamad, également candidat à la mairie et chef de Leadership Québec, ont terminé respectivement au 2e et 3e rang aux municipales de 2025, récoltant à eux deux 36,80 %.  

Cela démontre que le projet du tramway crée de nombreuses fractions dans la capitale nationale, alors que Stéphane Lachance et Sam Hamad s’étaient montrés fortement opposés au projet. Pour le Parti conservateur, celui-ci a rempoté la quasi-totalité des sièges dans la région de Québec, sauf Jean-Talon, Taschereau et Jean-Lesage, circonscription de Sol Zanetti.   

Une collaboration nécessaire  

Comme dans tout projet infrastructurel, il est impératif que les personnes élues issues du municipal et du provincial joignent leurs efforts pour que le projet TramCité ou encore le troisième lien se concrétisent.  

Les travaux ont toutefois déjà commencé depuis quelques mois. Annuler le projet pourrait donc coûter plusieurs millions de dollars au gouvernement du Québec, à la Ville de Québec et à la CDPQ Infra, montant pour le moment difficile à estimer.  

Des mesures d’atténuation du trafic ont même été mises en place par la ville : « Transformation du réseau d’autobus RTC et bonification du service àVélo […] Plus de cheminements piétons et vélos, et ajout de supports à vélo […] Accès maintenus aux lieux qui génèrent beaucoup de déplacements (écoles, hôpitaux, institutions, commerces, etc.). » 


Source : CDPQ Infra

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif • societe.lecollectif@usherbrooke.ca •  More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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