Expo World Press Photo : le monde vu par les photojournalistes

Par Sarah Dargento

L’image ayant remporté le prix de Photo de l’année représente l’injustice vécue par les migrants devant les agents de l’ICE aux États-Unis.

Dans le Vieux-Montréal, le Marché Bonsecours accueille une nouvelle édition de l’Expo World Press Photo, mettant le travail de photojournalistes de toutes nationalités à l’honneur. En tout, 140photographies poignantes rappellent aux visiteurs ce qui a marqué l’actualité de l’année 2025.

Séparés par l’ICE, c’est le titre de la Photo de l’Année, capturée par la photographe américaine Carol Guzy pour le Miami Herald. La femme et les filles de Luis, un migrant équatorien, y sont vues en sanglots, le visage marqué par le désespoir. Comme de nombreux autres migrants, Luis venait d’être arrêté par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), à la suite d’une audience devant un tribunal de l’immigration. Sa famille, dont il était l’unique soutien financier, affirme qu’il n’avait pourtant aucun casier judiciaire.

Au fil des photographies exposées, les visiteurs et les visiteuses découvrent des moments ayant fait la une des journaux de l’année écoulée, mais aussi d’autres histoires bouleversantes, pourtant trop souvent restées dans l’ombre. Qu’il s’agisse d’une actualité proche de chez soi ou provenant de l’autre côté de la planète, les photographies poussent à l’introspection, à la réflexion sur notre propre situation et sur les évènements ayant lieu à travers le monde.

Un contexte particulier

Les images exposées sont profondément dures à soutenir du regard. Émouvantes, voire choquantes, elles n’en restent pourtant pas moins nécessaires. En effet, dès l’entrée de l’exposition, le message est clair. De grands panneaux informent les passants sur l’état de la liberté de la presse dans le monde. Et le constat est alarmant. Reporters sans frontièrescaractérise la situation de très grave dans 42 pays (abritant plus de la moitié de la population globale). Dans ce contexte, l’exposition soutient les photographes et la liberté de la presse en récompensant le meilleur du photojournalisme et de la photographie documentaire.

La liberté de la presse ne constitue cependant pas la seule ombre au tableau du journalisme. Au premier étage, l’Expo World Press Photo donne à voir un autre enjeu pesant sur la presse contemporaine : les fausses nouvelles. Une exposition de Radio-Canada propose des explications claires sur les différents maux que sont la désinformation, la mésinformation ou encore la malinformation. Au centre de cet espace, les visiteurs se questionnent face à des jeux ludiques testant leurs capacités à repérer des fausses informations générées par l’intelligence artificielle. Ne vous y trompez pas, car l’exercice est plus difficile qu’il en a l’air.

Si l’exposition touche bientôt à sa fin, il n’est pas encore trop tard pour vous y rendre. Jusqu’au 12 octobre inclusivement, vous pourrez y assister au Marché Bonsecours dans le Vieux-Montréal. Sur présentation d’une carte étudiante, l’entrée coûte 13,50 $ (hors taxes). L’exposition est ouverte de 10h à 22h les lundis, mardis, mercredis et dimanches et de 10h jusqu’à minuit les jeudis, vendredis et samedis. Que vous soyez intéressés par le journalisme ou simplement curieux, cette exposition ne pourra vous laisser indifférent.


Crédit : Carol Guzy-ZUMA Press

web.lecollectif@usherbrooke.ca •  More Posts
Scroll to Top