Par Elizabeth Gagné

Ancienne étudiante du Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, Dorothée Perron lance son tout premier livre, Un féminisme hippie : le pouvoir féminin dans la contre-culture québécoise (1967-1987). L’ouvrage est tiré des recherches qu’elle a effectuées dans le cadre de sa maîtrise en histoire.
À la fin des années 1960, le Québec est marqué par l’émergence de nouveaux mouvements sociaux, notamment la contre-culture et le féminisme de la deuxième vague. Malgré leurs différences, ces deux courants remettent en question plusieurs normes de la société d’après-guerre, notamment le sexisme, le capitalisme et le modèle traditionnel de la famille nucléaire.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’ouvrage Un féminisme hippie : le pouvoir féminin dans la contre-culture québécoise (1967-1987). À partir de 17 entrevues menées auprès d’anciens et d’anciennes membres du mouvement hippie, l’ouvrage s’intéresse à la manière dont les idées féministes ont circulé au sein de la contre-culture québécoise. Il explore notamment les conceptions de l’égalité entre les sexes, les rapports de genre et les pratiques quotidiennes qui ont marqué le mouvement entre 1967 et 1987.
L’étude met ainsi en lumière l’existence d’un féminisme contre-culturel, à travers lequel plusieurs femmes hippies ont développé leurs propres formes d’émancipation, tant sur le plan individuel que collectif.
Remettre les femmes au premier plan de la contre-culture
Durant son baccalauréat, Dorothée Perron a été profondément touchée par les cours consacrés à l’histoire des femmes. Longtemps effacées et invisibilisées dans le récit historique dominant, les femmes occupent une place centrale dans ses recherches. S’identifiant comme féministe radicale, la chercheuse s’est notamment intéressée aux positions des femmes hippies du Québec face aux courants féministes de l’époque.
Un travail de longue haleine qui a nécessité de revisiter les sources existantes. Face à la pauvreté des sources écrites et matérielles faisant mention des femmes, Dorothée Perron a dû se tourner vers l’histoire orale. Une démarche colossale, mais primordiale pour faire avancer ses recherches.
Ses découvertes ont bouleversé sa vision du féminisme. Ces femmes, qui rejetaient certains aspects de la société traditionnelle québécoise, n’adhéraient pas nécessairement au féminisme radical. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles prônaient plutôt le « pouvoir féminin », une autre forme de courant féministe qui leur était propre.
Si Dorothée Perron a voulu écrire ce livre, c’est notamment pour rendre hommage aux femmes qu’elle a rencontrées au cours de ses recherches. Son ouvrage ouvre également la porte à la réflexion et à la discussion sur les différents courants féministes ainsi que sur les identités qui composent la contre-culture hippie.
Afin de découvrir cet ouvrage et d’en apprendre davantage sur la chercheuse qui l’a rédigé, rendez-vous au lancement et à la causerie consacrés à l’ouvrage, qui auront lieu au Café Hubert Saint-Jean, à Sherbrooke, le 10 septembre, de 17 h à 19 h. L’événement sera animé par la professeure et mentore Louise Bienvenue. Vous aurez également la chance de rencontrer Dorothée Perron au Salon du livre de l’Estrie du 15 au 18 octobre.
Pour commander le livre, rendez-vous sur le site des Presses de l’Université Laval.
Crédit : Sarah Cloutier

Elizabeth Gagné
Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Depuis 2022, elle travaille de pair avec ses collègues à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la Faculté d’éducation.
