Par Sarah Gendreau Simoneau et Emy Robert

La Fête du Lac des Nations (FLN) a conclu sa 45e édition dimanche dernier avec les prestations de Lou-Adriane Cassidy, de Daniel Bélanger ainsi que d’une panoplie d’artistes, dont Garou et Isabelle Boulay dans un spectacle spécial pour les 45 ans du festival sur la Grande Scène Loto-Québec. Malgré quelques intempéries dans la semaine, notamment le déluge de samedi soir, l’achalandage est resté sensiblement le même d’une journée à l’autre.
En tout, plus de 150 000 festivaliers et festivalières étaient au rendez-vous cette année, selon les données recueillies par l’équipe de la FLN. La programmation annoncée en mars dernier avait fait réagir la population qui dénonçait le manque d’artistes internationaux, Three Days Grace, seul groupe international en tête d’affiche du festival, n’ayant été annoncé qu’en mai.
Cindy Trottier, directrice artistique de l’événement, avait mentionné à La Tribune que les artistes de la programmation 2026 étaient souvent demandés par la population elle-même. « On retrouve plusieurs de ces artistes régulièrement demandés, on est très fiers de les accueillir, mais je peux aussi comprendre que d’une année à l’autre, l’édition rejoigne un peu moins certaines personnes et que plusieurs espéraient un artiste international, comme ils ont été habitués dans le passé. »
Des têtes d’affiche attendues
Malgré tout, de gros noms annoncés ont attiré les foules et il y en avait pour tous les goûts et tous les âges. Kaïn a d’ailleurs enflammé la scène le mercredi soir. Rappelons qu’en septembre 2025, le groupe avait annoncé son choix de mettre un point final à son existence après 25 ans de musique. C’était donc le dernier passage du trio à la Fête du Lac des Nations. En novembre prochain, Kaïn fera chanter une dernière fois les gens de Sherbrooke au Théâtre Granada, avant de finalement tirer sa révérence avec la fin de la tournée en décembre. À la FLN, on sentait les membres émus, touchés et fébriles de donner ce spectacle. Le chanteur, Steve Veilleux, a répété sa reconnaissance d’être là. Enchainant tous les succès musicaux du groupe des 25 dernières années, la foule embarquait d’emblée à chacune des chansons, pour culminer avec Embarque ma belle, entonnée en chœur.
Le vendredi soir, la même énergie de groupe et l’émotion avaient envahi le parc Jacques-Cartier avec l’arrivée de JF Pauzé sur scène. Ayant lancé son album solo en 2025, JF Pauzé remontait sur les planches de la Grande Scène Loto-Québec pour la première fois depuis la dernière présence du groupe Les Cowboys Fringants à la Fête du Lac des Nations en 2019. Ce dernier devait se produire lors de la 42e édition du festival, en 2023, mais sa présence avait été annulée dû au calendrier de traitements contre le cancer que devait subir le chanteur du groupe, Karl Tremblay, décédé quelques mois après.

JF Pauzé, auteur-compositeur-interprète et parolier du groupe, a bien fait de continuer sa carrière solo. Les gens présents vendredi soir lui ont bien rendu en entonnant avec lui toutes les chansons du groupe, ainsi que ses chansons solos dont la sonorité rappelle évidemment tout ce qu’on aime des Cowboys. Festifs, émotifs, nostalgiques, les fans retrouvaient ce qui leur manquait depuis le départ de Karl. L’artiste a été généreux, ajoutant un petit medley de vieilles chansons des Cowboys comme Impala Blues et Le shack à Hector pour les plus nostalgiques.
Politique, pluie et nostalgie
Le samedi soir, Émile Bilodeau a livré une performance politique sur la Grande Scène Loto-Québec en formule full band. Originaire de Longueuil, le chanteur ne s’est pas retenu pour critiquer, entre autres, Elon Musk et la multinationale Nestlé, avant d’enchainer avec La jungle du capital. Sur scène, il a rappelé au public que « la démocratie, ce n’est pas seulement voter aux quatre ans, c’est aussi savoir ce qui se passe à l’Assemblée nationale ».
Le spectacle a également été l’occasion de lancer un message de solidarité dans un contexte politique polarisé avec la chanson L’amour au temps de la fin des temps. Les classiques Ça va, J’en ai plein mon cass, Crise existentielle et Tu me dirais-tu ont également fait partie du spectacle.
Dans la foulée du mouvement indépendantiste au Québec, Émile Bilodeau a interprété J’ai vu la France, à la suite de l’annonce de sa tournée française, accompagnée d’un message s’apparentant à : « On s’en va leur dire que l’autre bord du continent, y’a encore un peuple de Gaulois. » Au terme de l’heure qui lui était consacrée, il a quitté la scène en lançant : « Vive le Québec libre, tabarnak! »
Puis, après un déluge repoussant de quelques minutes le spectacle de Marc Dupré — qui a d’ailleurs réussi à ramener une foule devant la scène malgré la pluie — Marie-Mai, attendue depuis le début du festival, a lancé son spectacle avec C’est moi avant d’enchainer succès et nouveautés tirés de son plus récent album, Sept, elle aussi visiblement touchée d’être là. Petit bémol, certains titres ont été coupés afin de pouvoir entrer le plus de chansons possible dans le spectacle. Certaines personnes présentes auraient préféré les entendre au complet, puisqu’il s’agissait, pour la plupart, de vieux succès nostalgiques.

Malgré tout, le public a apprécié le côté rock de Marie-Mai qu’on lui connaît depuis sa participation à Star Académie en 2003, mêlé à son côté pop développé depuis plusieurs années déjà. L’autrice-compositrice-interprète est descendue de scène pour aller chanter avec les fans et est même allée voir son amoureux, Jonathan Lewis, éclairagiste pour l’occasion sous la tente de la régie.
Une dernière soirée énergique
Pour la dernière journée, la Grande Scène Loto-Québec accueillait Lou-Adriane Cassidy et Daniel Bélanger. Habituée des chansons tout en délicatesse, Lou-Adriane Cassidy a toutefois offert une prestation résolument énergique en formule full band, accompagnée notamment de Thierry Larose à la guitare. Pendant une heure, petits et grands ont dansé sous les airs de Dis-moi dis-moi dis-moi, On n’arrête pas et Journal d’un loup-garou. Les fans de longue date étaient de la Fête pour chanter Ça va ça va avec la chanteuse de 29 ans.

Daniel Bélanger a clôturé le festival en revisitant plusieurs chansons marquantes de son répertoire, dontFous n’importe où, Les deux printemps et Rêver mieux. Entre deux morceaux, l’auteur-compositeur-interprète a aussi réservé une surprise à son public en annonçant la sortie d’un nouvel album avant Noël. « …mais je ne sais pas quel Noël », a-t-il lancé en riant.
À l’autre extrémité du parc, le duo de DJ NIGHTJARS a fait vibrer la Scène Bell. Le retour de Mathieu Laverdure et Zackary Bujoldà la Fête du Lac des Nations a été bien accueilli par la foule, qui a répondu à l’énergie du duo tout au long de la prestation mêlant house et melodic techno. Les deux amis n’en étaient pas à leur premier événement. Encore cette année, Mathieu, étudiant au baccalauréat en enseignement en éducation physique et à la santé à l’Université de Sherbrooke, et Zackary, étudiant au Collège Champlain, ont performé lors du 5@11 de Leucan organisé par la FEUS.
Crédits photos : Antoine Meunier (photo 1) et Monneret Photographie (photos 2, 3, 4)
