Par Salma Labiede

Pour de nombreux jeunes, la pression de réussir est devenue omniprésente : obtenir de bonnes notes, entrer dans un programme compétitif, avoir un emploi, être productif, organiser son avenir. Derrière les résultats scolaires et les horaires chargés, de nombreuses personnes étudiantes vivent avec une anxiété de performance qui affecte autant leur santé mentale que leur quotidien.
Dans les écoles et les cégeps, plusieurs étudiantes et étudiants disent ressentir une peur constante de l’échec. Même lorsqu’elles et ils réussissent bien, l’impression que ce n’est jamais suffisant est présente. Une mauvaise note ou un examen plus difficile peut rapidement devenir une source importante de stress.
Un stress constant
Une étudiante de 18 ans raconte vivre cette pression quotidiennement. « Quand j’ai un examen, je pense juste à ça pendant des jours. Même si j’étudie beaucoup, j’ai toujours peur de couler ou de décevoir les autres », explique-t-elle. Comme plusieurs jeunes, elle dit avoir de la difficulté à décrocher des études sans culpabiliser.
Cette pression peut venir de plusieurs endroits. Plusieurs ressentent les attentes de leur famille, tandis que d’autres se mettent énormément de pression directement sur les épaules. Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle important. Sur Instagram ou TikTok, les jeunes voient constamment des personnes qui semblent tout réussir : excellentes notes, entraînements quotidiens, routines parfaites, admissions universitaires prestigieuses. À force de se comparer, plusieurs finissent par avoir l’impression que ce n’est jamais assez.
Pour plusieurs spécialistes, cette anxiété est de plus en plus fréquente chez les adolescentes et les adolescents et les jeunes adultes. Plusieurs associent leur valeur personnelle à leurs résultats scolaires ou à leur productivité. Lorsqu’un échec ou une moins bonne performance survient, plusieurs ont l’impression de perdre leur valeur ou de décevoir leur entourage.
En faire plus au détriment de sa santé mentale
Les conséquences peuvent être importantes. Des personnes étudiantes dorment très peu avant les examens, perdent l’appétit ou vivent des crises d’angoisse. D’autres développent une fatigue constante ou perdent peu à peu leur motivation. Chez plusieurs jeunes, le stress devient tellement normal qu’ils et elles ne réalisent même plus à quel point l’épuisement a gagné du terrain.
Dans certains cas, cette anxiété pousse les jeunes à toujours en faire plus. Accepter trop de responsabilités, étudier pendant des heures sans pause et culpabiliser lors de moments pour soi font partie des résultats de cette pression. Pourtant, plusieurs spécialistes rappellent que le repos est essentiel à la réussite autant qu’au bien-être.
Les établissements scolaires offrent de plus en plus de services d’aide psychologique, mais ceux-ci demeurent parfois difficiles d’accès. Les délais pour rencontrer une personne professionnelle peuvent être longs, surtout dans les cégeps et les universités où les demandes augmentent chaque année.
Malgré tout, certains jeunes tentent de changer leur rapport à la performance. De plus en plus de membres de la communauté étudiante parlent ouvertement de santé mentale et remettent en question la culture du « toujours plus ». Pour plusieurs, réussir ne devrait pas signifier s’épuiser constamment.
Même si vouloir réussir est normal, plusieurs spécialistes rappellent qu’il est important d’apprendre à accepter les erreurs et les limites. Après tout, une note ou un résultat ne devrait pas définir entièrement une personne.
Source : UdeM
