Par Médéric Dens

Après une offensive aérienne sans précédent à Téhéran, Washington a annoncé la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Un coup dur porté envers le Corps des gardiens de la révolution, tandis que sa mort est vengée par le gouvernement iranien, grandement affaibli par les frappes israéliennes et américaines, avec le soutien occidental.
Le dernier jour du mois de février a été marqué par un enlisement des tensions au Moyen-Orient, une escalade potentiellement historique. En effet, par une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le président américain Donald Trump a annoncé avoir mené des frappes en sol iranien, visant à contraindre le pays dans son développement nucléaire. Cette opération s’est déroulée conjointement avec le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou.
« Il y a peu de temps, l’armée américaine a commencé des opérations de combats majeures en Iran. Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces éminentes du régime iranien, un groupe vicieux de personnes très dures. Ses activités menaçantes mettent directement en danger les États-Unis et nos alliés à travers le monde », a mentionné le président.
Les appuis ont été quasi-instantanés de la part des États européens et du Canada, une réaction aux antipodes de celle observée lors de la guerre d’Irak débutant en 2003. En effet, quelques heures après les premiers bombardements, le premier ministre Mark Carney a affirmé son soutien envers les opérations.
« Le Canada et ses partenaires internationaux ont demandé à plusieurs reprises au régime iranien de mettre fin à son programme nucléaire, notamment lors du Sommet des dirigeants du G6 de 2025 à Kananaskis et à l’occasion de la réimposition des sanctions par les Nations unies en septembre. » Parallèlement, Mark Carney « conseille vivement aux Canadiennes et aux Canadiens qui se trouvent en Iran de se mettre à l’abris sur place ».
Point tournant pour les Iraniens et Iraniennes
Au lendemain des premières frappes, la télévision d’État iranienne a annoncé la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier a occupé les fonctions de président de la République islamique d’Iran de 1981 à 1989, avant d’obtenir le poste de guide suprême. L’an dernier, Khamenei avait notamment été l’acteur principal de la défense iranienne et syrienne, contre la vague de missiles orchestrée par Israël.
Depuis sa mort, l’Iran s’est donné comme mission de venger la mort de son dirigeant. Les bases militaires américaines ont ainsi été la cible d’attaques et ce, dans plusieurs pays : Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Jordanie et Irak. Des images spectaculaires montrent des frappes en plein centre-ville de ces pays, notamment sur la tour Burj Khalifa, à Dubaï. Au moment d’écrire ces lignes, le nombre de décès est estimé à 250, et le nombre de personnes blessées à 900.
Depuis la mort de Khamenei, le peuple iranien semble se réjouir de la possible fin du régime de terreur qui dure depuis plus de 30 ans. En effet, de nombreuses personnes se réunissent dans les rues pour chanter, klaxonner, crier et célébrer la mort du guide suprême. Ces manifestations ont d’ailleurs lieu la nuit pour éviter un bain de sang, tel que vu lors des récentes manifestations au pays, manifestations réprimées par la violence et la mort d’entre 30 000 et 40 000 Iraniens et Iraniennes. À l’international, des célébrations ont aussi lieu à Montréal, à Paris, à Berlin et aux États-Unis.
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
