Par Salma Labiede

Depuis l’avènement de l’intelligence artificielle générative (IAG), notamment avec l’arrivée de ChatGPT, les personnes étudiantes des quatre coins du monde se questionnent. Cet outil peut-il réellement les aider à mieux réussir leurs études ? Comment l’utiliser adéquatement ? Et surtout, devrait-on l’utiliser ou s’en méfier ?
L’intelligence artificielle générative ChatGPT a été lancée le 30 novembre 2022. En l’espace de quelques jours, l’application a fait le tour des médias, suscitant autant l’enthousiasme que la méfiance. Tandis que certaines personnes y voyaient une révolution technologique prometteuse, d’autres, notamment dans le milieu de l’enseignement, craignaient ses impacts sur l’apprentissage et l’intégrité académique. Selon l’Institut Reuters, «12 % des personnes de moins de 35 ans utilisent des robots conversationnels comme ChatGPT chaque semaine pour s’informer », ce qui démontre l’ampleur rapide de son adoption.
Le défaut de l’intelligence artificielle : le phénomène de l’hallucination
Lorsqu’une question est posée à un outil d’intelligence artificielle, celui-ci ne répond pas comme un être humain. Contrairement à une personne qui peut admettre ne pas connaître la réponse, l’IAG est programmée pour fournir une réponse à tout prix. Elle peut donc générer des informations erronées ou inventées, un phénomène appelé hallucination. Cette limite représente un enjeu majeur pour les personnes étudiantes, puisqu’une réponse générée par l’intelligence artificielle ne doit jamais être prise pour acquise sans être vérifiée à l’aide de sources fiables.
Je pense donc tu écris
Avec la venue de l’intelligence artificielle générative, la fameuse expression de Descartes « Je pense, donc je suis » laisse place à une nouvelle réalité : « Je pense, donc tu écris ». Avant 2022, les personnes étudiantes réfléchissaient à chaque mot qu’elles écrivaient elles-mêmes. Dorénavant, celles qui utilisent fréquemment l’intelligence artificielle perdent peu à peu leurs repères lorsque vient le temps d’écrire leurs idées. À la place, les étudiantes et les étudiants réfléchissent à une idée qui leur plaît et font écrire à l’intelligence artificielle le fruit de leur pensée. Ainsi, plusieurs membres de la communauté étudiante ne prennent plus la peine d’écrire seuls et perdent cette capacité au fil du temps. À force de recourir abusivement à l’intelligence artificielle, certaines personnes en deviennent donc dépendantes, ce qui peut réduire leur autonomie intellectuelle.
Comment utiliser sciemment l’intelligence artificielle?
Si à chaque travail, vous avez le syndrome de la page blanche, l’intelligence artificielle peut vous aider à trouver des idées ou à organiser les bribes d’idées ou d’informations que vous avez. Si en classe, un concept semble compliqué, cet outil peut vous aider à démystifier le tout et vous le réexpliquez autant de fois que voulu avec des mots plus simples. Lorsque la correction d’erreurs n’est pas votre tasse de thé, l’intelligence artificielle sera à vos côtés pour vous corriger. Elle peut générer plusieurs questions si vous lui donnez vos notes de cours pour vous aider à réviser vos cours et à maîtriser ceux-ci.
L’intelligence artificielle, un outil de choix, mais attention au plagiat!
Selon Radio-Canada, seulement 1 % des étudiants universitaires n’auraient jamais utilisé l’intelligence artificielle. Face à cette réalité, le corps enseignant a dû s’adapter. Plusieurs établissements autorisent désormais une utilisation balisée de l’IAG dans les travaux scolaires, à condition qu’elle soit clairement déclarée. Il est souvent exigé de préciser le contexte d’utilisation, de citer l’outil employé et parfois même de joindre des captures d’écran des échanges. L’absence de transparence peut être considérée comme une forme de plagiat, même si l’utilisation de l’intelligence artificielle est permise.
L’effet boomerang de l’intelligence artificielle
Une utilisation abusive ou dissimulée de l’intelligence artificielle peut se retourner contre les personnes étudiantes. Les établissements scolaires disposent désormais de logiciels de détection, tels que Compilatio, qui tentent d’identifier les textes générés par l’IAG. Toutefois, ces outils ne sont pas infaillibles et peuvent produire des faux positifs, exposant injustement certains étudiants à des enquêtes ou à des sanctions disciplinaires. Cette situation renforce un climat de méfiance et souligne l’importance de la transparence, tant du côté des personnes membres de la communauté étudiante que du corps enseignant.
Difficile de trancher
La position à adopter envers l’intelligence artificielle demeure nuancée. En effet, elle n’est ni une ennemie ni une sauveuse, mais un outil qui doit être utilisé dans le respect de l’intégrité, de l’éthique, de la transparence et de l’équilibre. Lorsqu’elle est bien utilisée, elle peut enrichir les connaissances, approfondir les recherches et permettre d’économiser du temps. À l’inverse, une mauvaise utilisation peut entraîner des sanctions disciplinaires et engendrer des erreurs.
Source : AEFO
