Par Meg-Anne Lachance

Le temps des élections se fait sentir au Québec. Nouveau porte-parole, Livre bleu et crise interne, voilà quelques exemples des évènements marquants des dernières semaines en politique québécoise. Voici une mise à jour des dernières nouveautés en la matière.
C’est un vent de changement qui souffle à Québec. Avec la campagne électorale qui arrive à grands pas, les partis politiques québécois se préparent tranquillement à s’affronter aux urnes. Alors que certains partis travaillent sur le futur, d’autres doivent concentrer leur énergie sur des gestions de crise internes. Les dernières semaines ont particulièrement été rocambolesques dans le monde politique.
Pour t’aider à suivre les derniers développements, Le Collectif a décidé de présenter les informations récentes pour chacun des partis.
Québec solidaire (QS)
Après plusieurs semaines de course à l’interne, c’est finalement Sol Zanetti qui a été élu au convoité poste de co-porte-parole. Le député de Jean Lesage s’est fait élire avec 50,4 % des votes, devant ses deux adversaires, le député Etienne Grandmont (38 %) et l’ex-candidat solidaire et médecin spécialiste Yv Bonnier Viger (9,2 %).
« Vive le Québec libre et solidaire ! […] La pente sera abrupte pour notre parti d’ici les prochaines élections. Il n’y en aura pas de facile, mais on a du temps », a lancé M. Zanetti quelques minutes après l’annonce des résultats. Élu par un suffrage universel au sein des personnes membres, Sol Zanetti avait reçu comme seul appui le soutien de l’ancienne députée Catherine Dorion ainsi que de l’ancienne porte-parole Émilise Lessard-Therrien.
Fervent souverainiste, le nouveau co-porte-parole a lui aussi réaffirmé la position indépendantiste de Québec solidaire. Le tandem Ghazal/Zanetti semble marquer la fin des divisions au sein de la chefferie, qui a grandement nui à la popularité du parti. Avec seulement 6 % d’appui selon le dernier sondage Léger, QS a un long chemin à parcourir. Le nouveau duo semble cependant confiant et prêt à affronter la suite, en commençant par l’actualisation de programme.
« Je pense que c’est de moitié qu’on va réduire notre programme », a affirmé Ruba Ghazal. « Le fait d’avoir un programme simplifié, beaucoup plus digeste, plus court, plus facile à comprendre à la population, c’est une décision qui a été prise par les membres », a-t-elle ajouté.
Parti québécois (PQ)
Le Parti québécois était de passage à Sherbrooke la fin de semaine dernière. Après un court arrêt à l’Université de Sherbrooke pour discuter de son idée de souveraineté, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) devait se préparer pour son conseil national, cette année sous le thème de la « prospérité économique ». « On a le droit, mais surtout, on a le devoir de bâtir un autre Québec que le Québec du déclin, le Québec du déclin qui nous est imposé par le fédéral, par la Coalition avenir Québec et par le Parti libéral du Québec depuis plusieurs années », a lancé le chef du Parti québécois lors d’un discours à son conseil.
PSPP a également profité de cette fin de semaine pour présenter le deuxième chapitre du fameux Livre bleu, bible péquiste en matière d’indépendance. Dans cette deuxième parti, le PQ souhaite doter le Québec de sa propre monnaie et banque centrale, afin de mettre un terme à sa dépendance « politique, financière ou monétaire ».
Une semaine plus tôt, le chef péquiste avait présenté le premier chapitre du Livre bleu, réservé à la représentation internationale du Québec. Dans cette optique, le parti québécois s’est engagé à doubler les représentations du Québec à l’étranger.
Les chapitres suivants seront présentés dans les prochaines semaines.
Parti libéral du Québec (PLQ)
Le parti libéral du Québec est, de son côté, en pleine crise interne. Lundi dernier, Marwah Rizqy a montré la porte à sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse, sans en avertir le chef du parti, Pablo Rodriguez. La lettre de congédiement fait mention d’une « faute grave », sans toutefois donner plus de détails quant aux motifs du renvoi. Pablo Rodriguez a ensuite convoqué Mme Rizqy mardi, pour la démettre de ces fonctions de cheffe parlementaire et la suspendre du parti pour « abus de confiance ».
Selon des sources qui se sont confiées aux médias, Mme Hinse aurait perdu son poste en raison de « détournement de ressources » à des fins partisanes. Très proche de M. Rodriguez, Geneviève Hinse a envoyé une mise en demeure à Marwah Rizqy, mercredi. « Vous avez cavalièrement prétendu congédier madame Hinse de son poste de cheffe de cabinet, “notamment pour faute grave et rupture du lien de confiance”. Vous ne lui avez pas explicité votre décision, pas plus qu’aux instances du Parti à qui vous avez prétexté de la confidentialité de vos motifs, alors que vous n’en aviez aucun », peut-on lire dans la lettre.
Mme Hinse demande à l’ancienne cheffe parlementaire d’admettre publiquement « l’absence de motif justifiant son congédiement », sous menace de recours judiciaire. À l’heure actuelle, Marwah Rizqy n’a toujours pas fait de prise de parole.
Coalition Avenir Québec (CAQ)
Dans la foulée du projet de loi 2, François Legault a lui aussi montré la porte à une personne de son parti. La députée caquiste de Laporte, Isabelle Poulet, s’est fait exclure du parti, après avoir approché le PLQ. « On ne peut pas être député d’un parti, tout en s’en magasinant un autre. C’est une grave erreur », a dénoncé François Legault. Son opposant, M. Rodriguez avait confirmé avoir discuté avec Mme Poulet.
Selon une source anonyme, l’adoption de la loi spéciale sur les médecins aurait été la goutte de trop pour la députée de Laporte. Une semaine avant son renvoi, Lionel Carmant avait renoncé à son poste de ministre et avait quitté la CAQ, lui aussi en raison de cette loi. Isabelle Poulet est la neuvième personne députée à quitter le navire de la CAQ depuis 2022.
Actuellement à son plus bas, le trou continue de se creuser pour le parti de François Legault. Selon le dernier sondage Léger, son gouvernement a atteint son plus haut score d’insatisfaction à 71 %. Seulement 1 % de la population sondée défend le gouvernement Legault, tandis que 61 % réclament son départ de l’Assemblée nationale.
Source : Marc Lautenbacher

Meg-Anne Lachance
Étudiante en politique, Meg-Anne a toujours été intéressée par les enjeux internationaux, sociaux et environnementaux. Après avoir occupé le rôle de journaliste aux Jeux de la science politique, elle a eu la piqûre des communications. Guidées par un sentiment d’équité, elle s’efforce de donner une visibilité aux actualités oubliées. Féministe dans l’âme, vous pourrez certainement retrouver cette valeur dans certains de ses textes!
