Jeu. Fév 22nd, 2024

Par Virginie Lacombe 

Des sujets préoccupants provenant des quatre coins de la planète, et parfois oubliés par les grands médias, se retrouvent jusqu’au début du mois d’octobre à Montréal. Le World Press Photo, concours recevant le travail d’environ 4000 photographes à travers le monde, est présent pour une 15e année au Marché Bonsecours et provoque comme à l’habitude le bouleversement.  

Les personnes présentes pourront errer le temps nécessaire pour s’imprégner du meilleur travail photo-journalistique documentaire de la planète. Montréal est un des multiples arrêts de l’exposition. De l’Indonésie à la Suisse, les photos lauréates auront la chance de voyager et de rencontrer l’œil aguerri d’un public international.  

Le Canada dans la mire du monde entier  

La photo de l’année revient à Amber Bracken pour son image intitulée Kamloops Residential School. Croix plantées en ligne arborant des vêtements d’enfants où un arc-en-ciel en arrière-plan se dessine parmi un ciel aux allures de tempête à venir ; cette image sort au début de l’été dernier dans la foulée de la découverte de centaines de dépouilles d’enfants tout près d’un ancien pensionnat de Kamloops. 

Cette photo nous témoigne l’effet sur le climat social et le bagage historique canadien qu’a influé la sombre découverte des enterrements anonymes d’enfants autochtones ayant fréquentés ces types d’établissements. L’image de Bracken aurait servi au départ pour un article du New York Times, dénonçant les événements.  

Lors d’une entrevue accordée au Global News portant sur la tenue du World Press Photo, la photographe témoigne d’un aspect important du médium de la photo et fait comprendre l’impact de son travail. Elle atteste de l’effet coup de poing qu’offre la prise de l’installation. Preuve que les images valent à peine mille mots, elles participent également à soutenir la compréhension et l’intégration du lecteur au travail journalistique. Mis ensemble, les travaux des grands gagnants de ce concours, tel qu’en témoigne Rena Effendi, présidente du jury, offriraient un « regard sur le passé, tout en habitant le présent et en regardant vers l’avenir ». 

S’actualiser sur les grandes crises qui traversent les continents 

Des dossiers provenant de tous les continents trouvent leur place dans cette exposition. Comprendre la technique ancestrale des sauvetages des forêts australiennes aux prises avec des feux de forêt, constater les conditions dans lesquelles se retrouvent les enfants palestiniens dans la bande de Gaza en proie à des conflits armés, réaliser les compromis nécessaires que doivent entreprendre des communautés autochtones du Mexique en s’adonnant à la culture du pavot pour en faire de l’opium et assister à la tristesse et au déchirement que provoquent les enlèvements des jeunes filles étudiantes du Nigéria sont des prises de conscience pénibles qu’offre le World Press Photo.  

Lorsque l’on se rend sur place et que l’on se retrouve face à ces photos grand format, plus rien n’entrave la réalisation des situations déchirantes avec lesquelles plusieurs communautés sont aux prises.   

Il est possible de visiter l’exposition jusqu’au 2 octobre au Marché Bonsecours ou encore de visiter le site internet, l’effet sera toutefois moins saisissant. 


Crédit image @World Press Photo

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