Dim. Juin 16th, 2024

Par Marilys Beaudoin 

En novembre 2021, le livre Grèves de stages, grèves des femmes Anthologie d’une lutte féministe pour un salaire étudiant 2016-2019 est publié dans les librairies à travers le Québec. Ce recueil découle de l’envie des autrices de laisser une trace de cette cause singulière, réécrivant l’histoire des luttes sociales dans un terrain de batailles où les voix des femmes y sont exclues.  

L’objectif du livre était de laisser des traces de cette montée aux barricades particulière qui s’adressait à la communauté étudiante, mais surtout, aux étudiantes qui sont de plus en plus nombreuses dans les programmes avec des stages non rémunérés. À terme, faire la grève des stages a permis des gains substantiels sous le gouvernement de la CAQ, en offrant des bourses pour des milliers d’étudiants et étudiantes au Québec. L’idée était d’écrire sur cette mobilisation afin de faire une « tache d’huile » dans l’histoire du mouvement étudiant raconté, indique Annabelle Berthiaume, co-directrice du projet et diplômée en psychologie et en travail social de l’Université de Sherbrooke. 

Le féminisme caché derrière ces revendications 

Les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE) ont mené au Québec une lutte contre l’exploitation du travail étudiant. La mobilisation a touché 60000 étudiants et étudiantes et des milliers de stagiaires ont fait la grève. Pour les militantes et les militants qui ont vécu cette lutte de l’intérieur, les revendications allaient bien au-delà de la seule rémunération des stages. Dans une perspective féministe, on montrait que les stages reproduisent une aliénation du monde salarié, dans des domaines majoritairement constitués de femmes, et qu’il s’agit d’un travail gratuit, invisible.  

Expérience terrain 

Annabelle Berthiaume explique avoir vécu des expériences difficiles relativement à des stages non rémunérés. En effet, après plus de 800 heures de travail sans rémunération, elle se faisait confier des tâches qui auraient normalement été confiées à des employés et était confrontée à des attentes de rendement sans avoir le statut officiel d’employé. Malgré son travail équivalent à celui d’une employée, son avis était moins considéré et elle n’avait pas de droit de vote lors de prises de décisions. Elle mentionne avoir été « confrontée à une certaine brutalité du milieu du travail ». 

La grève à l’Université de Sherbrooke  

En 2018 et 2019, les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE) ont lancé une campagne, invitant les étudiants et étudiantes d’un peu partout à travers le Québec, incluant à l’Université de Sherbrooke, à participer à des jours de grève pour la rémunération de tous les stages. De nombreuses facultés de l’UdeS ont participé à cette mobilisation (FLSH, sciences, éducation, génie).  

Lancement et plus 

Plusieurs activités pour le lancement du livre ont déjà été organisées, mettant en scène le témoignage de nombreux étudiants ayant vécu des situations de stage non rémunéré dans lesquelles leurs voix étaient exclues. Un évènement aura lieu en janvier 2022 à Sherbrooke, les autrices vous attendent en grand nombre! 


Crédit image @ Annabelle Berthiaume

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