Soutien au Centre Anne-Hébert pour faire rayonner l’écriture des femmes  

Par Frédérique Maysenhoelder  

France Théoret lors de son passage à l’Espace Anne-Hébert, où elle a annoncé un don destiné à soutenir la recherche et la mise en valeur de l’écriture des femmes à l’Université de Sherbrooke.

L’Espace Anne-Hébert a récemment accueilli une invitée d’exception : l’écrivaine, poète et essayiste France Théoret, figure majeure des lettres québécoises et pionnière du féminisme littéraire.   

Venue retracer les grandes lignes de son parcours devant un public composé d’étudiantes et d’étudiants, de membres du personnel et de passionnés de littérature, l’autrice a profité de l’occasion pour annoncer un appui philanthropique majeur au Centre Anne-Hébert, un geste qui marquera durablement la recherche et la valorisation de l’écriture des femmes à l’Université de Sherbrooke.  

Un don pour nourrir la recherche et raviver la mémoire littéraire  

Par ce soutien, France Théoret souhaite encourager l’étude d’œuvres marquantes en littérature québécoise depuis 1975. Ce financement permettra d’alimenter un vaste chantier de recherche : nouvelles interprétations, traductions, colloques, conférences, expositions, ateliers d’écriture et publications dans les Cahiers Anne-Hébert. Cette démarche culminera dans la publication d’un ouvrage consacré à l’histoire littéraire des femmes, offrant un éclairage renouvelé sur des œuvres trop souvent marginalisées.  

Des bourses seront également offertes à des doctorantes et doctorants en recherche ou en recherche-création de l’UdeS. Elles soutiendront des travaux portant sur les écrits de femmes en lien avec les archives littéraires, favorisant la relève et encourageant de nouvelles voix à prendre leur place dans l’écosystème littéraire québécois.  

Un geste qui prolonge une œuvre engagée  

« Je dirais que j’ai désiré faire un don semblable il y a longtemps. Maintenant que je peux le faire, je le fais », a confié France Théoret lors de son allocution. Fidèle à ses convictions féministes et à son engagement envers le savoir, l’autrice voit dans l’appui au Centre Anne-Hébert une manière de créer un espace plus libre pour les écrivaines d’ici.  

Son attachement à l’UdeS ne date pas d’hier : ancienne doctorante en études françaises, elle est devenue ambassadrice de la Faculté des lettres et sciences humaines en 2006. Son parcours impressionnant a été récompensé par plusieurs prix prestigieux, dont le prix Athanase-David et le Grand Prix Québecor de la poésie.  

Cofondatrice du journal féministe Les Têtes de pioches et du magazine Spirale, France Théoret s’est consacrée durant plus de cinquante ans à une œuvre littéraire marquée par les enjeux sociaux, la liberté du corps, les rapports de domination et la modernité. Traduite en plusieurs langues, elle demeure l’une des voix les plus influentes pour comprendre la littérature féminine et féministe au Québec.  

Le Centre Anne-Hébert : trente ans à faire vivre les archives des femmes  

Créé il y a près de trois décennies, le Centre Anne-Hébert se consacre à la recherche sur la littérature des femmes à travers la création, la traduction et l’étude des archives littéraires. On y retrouve notamment les fonds d’Anne Hébert, de Louise Dupré, d’Hélène Monette, de Louise Cotnoir et plusieurs autres. Sous la direction de la professeure Nathalie Watteyne, le Centre organise des conférences, des activités culturelles et des projets scientifiques qui bâtissent un pont entre mémoire littéraire et création contemporaine.  

Pour la doyenne de la Faculté des lettres et sciences humaines, Anick Lessard, le geste de France Théoret est profondément structurant : « Avec cet appui, elle ouvre un espace plus vaste encore pour les écrits des femmes. C’est un geste qui porte loin. »  

Une inspiration pour la communauté universitaire  

Le recteur Jean-Pierre Perreault a tenu à souligner le lien fort qui unit l’UdeS et France Théoret : « Engagée et tournée vers la relève, elle a su faire de la littérature un lieu de résistance, de liberté et de sens. »  

L’événement, qui s’inscrivait dans la Grande Campagne de financement Choisir de changer l’avenir, démontre la volonté de l’Université de soutenir des initiatives qui transforment le paysage culturel québécois. Le don de France Théoret donne ainsi un nouvel élan à la recherche en littérature des femmes et rappelle que ces voix, qu’elles viennent d’hier ou d’aujourd’hui, constituent l’un des moteurs essentiels de la vie intellectuelle.  

Aucun doute : en offrant cet appui au Centre Anne-Hébert, France Théoret continue de faire rayonner les voix féminines et d’ouvrir la voie à une nouvelle génération d’écrivaines, de chercheuses et de créatrices.  

Qui est France Théoret ? 

Née en 1942, élevée dans « une maison sans livres », France Théoret appartient à la première génération de Québécoises qui ont eu véritablement accès aux études supérieures. C’est ainsi que dans les années soixante, à l’Université de Montréal, elle participe à l’aventure de La Barre du jour, revue d’« avant-garde » fondée par des étudiantes et étudiants qui remettent en question les codes littéraires. L’époque est aux recherches formelles, aux tentatives de produire « une littérature purement abstraite, de laquelle seraient évacués tout contenu et toute notion d’auteur », selon l’écrivaine. Figure de proue du féminisme québécois, France Théoret a participé au mouvement de la « nouvelle écriture » associé de près, dans les années 1970 et 1980, à la revue Les herbes rouges


Crédit : Jessica Garneau

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