Mer. Avr 24th, 2024

Par Maria Camila Gallego 

Le Groupe d’intérêt en nutrition est un tout nouveau comité étudiant à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke. Son objectif? Sensibiliser la communauté étudiante sur diverses thématiques en lien avec la nutrition, dont l’alimentation végétale. Le Collectif s’est entretenu avec Gabriel Savaria et Xavier St-Cyr, étudiants de deuxième année en médecine et fondateurs de cette initiative. 

Xavier et Gabriel ont rapidement eu des atomes crochus en apprenant que tous deux ont une alimentation végétalienne, un intérêt marqué pour l’argumentation et un désir d’améliorer la santé des populations humaines. « Nous voulons utiliser nos forces en tant qu’étudiants en médecine pour avoir un impact positif autant sur la santé des personnes que celle de la planète », lance Xavier. C’est dans l’optique de maximiser cet impact que leur est venue l’idée de créer un groupe d’intérêt en nutrition pour instruire la communauté étudiante. Marie-Laurence Roy s’est, par la suite, jointe à eux pour former un trio de coprésidents. Ce dernier va se concentrer sur un sous-comité en alimentation végétale. 

Démystifier l’alimentation végétale 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le consensus scientifique est clair : les viandes rouges et transformées sont des produits cancérigènes. Alors pourquoi l’information n’est-elle pas clairement indiquée quand on achète de la viande à l’épicerie? « J’ai l’impression que les multinationales profitent du manque de connaissances des consommateurs pour s’enrichir au prix de leur santé », mentionne Gabriel. Pour les deux étudiants en médecine, ce manque d’éducation est aussi présent dans leur curriculum. C’est par des recherches documentaires personnelles qu’ils ont mieux compris les impacts de l’alimentation sur la santé. 

Une autre raison qui les a menés à s’intéresser à l’alimentation végétale est la résistance aux antibiotiques : « Dans nos cours, on nous apprend à utiliser certains protocoles pour diminuer cette résistance, mais on ne nous dit pas que la majorité des antibiotiques vendus au pays sont destinés à l’industrie de l’élevage », explique Gabriel. Il déplore le fait qu’on est souvent en mode solution, alors que beaucoup d’efforts pourraient être déployés au niveau de la prévention pour éviter que certaines maladies infectieuses prennent de l’ampleur. Le virus de la H1N1 est un exemple de maladie qui trouve sa cause dans l’élevage d’animaux pour la nourriture. Même la pandémie que l’on vit actuellement peut amener des réflexions en lien avec la façon dont les humains interagissent avec les animaux. « Le virus responsable de la COVID-19, le SRAS-CoV-2, a muté chez les visons pour l’industrie de la fourrure, mais ça, on n’en entend pas parler », renchérit-il. Ainsi, au-delà des mesures en milieu clinique, les choix individuels des consommateurs ont aussi un rôle à jouer pour mitiger cette menace qui pèse sur la santé publique.  

Prendre soin de sa santé par l’alimentation 

Une alimentation végétale peut être très large, Xavier et Gabriel suggèrent donc de miser sur des aliments complets et peu transformés pour optimiser la santé. « En tant que végétaliens, on peut manger des Oréos et des chips! C’est bien de temps en temps, mais quand la santé est la priorité, il est important de se concentrer sur des aliments sains », lance Gabriel. Les futurs médecins expliquent qu’une diète végétalienne bien équilibrée possède tous les nutriments nécessaires, à part la vitamine B12, qui doit être supplémentée ou obtenue par aliments fortifiés comme le lait végétal et la levure alimentaire. Ils recommandent également de prendre un supplément de vitamine D, moins présente dans une alimentation végétale et surtout dans les régions comme le Québec où l’hiver vient avec moins d’ensoleillement.  

Pour entamer un virage vers une alimentation végétale, quelques conseils de base peuvent être appliqués. « En allant chercher des légumes, des fruits, des noix, des légumineuses et des produits à base de soya, on a une très bonne base », suggère Xavier. Son collègue ajoute que les graines sont des aliments souvent sous-estimés, mais remplis de nutriments. Les graines de chanvre, par exemple, présentent une haute teneur en protéines et peuvent facilement être ajoutées à diverses préparations culinaires. Les graines de chia et les graines de lin sont également intéressantes d’un point de vue alimentaire, notamment pour les omégas 3, qui ont des effets neuroprotecteurs bénéfiques. Consulter un ou une nutritionniste est également un excellent moyen de s’informer davantage sur les habitudes alimentaires à privilégier dans cette transition.  

Une programmation variée à venir 

Le Groupe d’intérêt en nutrition vise à sensibiliser sur divers enjeux entourant l’alimentation, non seulement d’un point de vue nutritionnel, mais également d’un point de vue de santé environnementale et d’éthique. C’est pourquoi l’équipe prévoit mettre en place plusieurs activités avec des thématiques variées, comme des ateliers et des conférences avec des invités ainsi que des présentations animées par les coprésidents. 

Une collaboration avec l’Association végé de l’Université de Sherbrooke (AVUS) est d’ailleurs en cours pour participer au Défi planétarien, un évènement interuniversitaire qui se tiendra au printemps 2022 visant à encourager une transition alimentaire durable.  

L’équipe envisage aussi de bâtir une base de données avec des articles scientifiques qui montrent les impacts de l’alimentation sur la santé, notamment les bienfaits d’un virage végé. Du contenu de sensibilisation sera également disponible sur les médias sociaux, par exemple, des fiches alimentaires ou des publications informatives.  

Pour ne rien manquer, suivez la page Facebook du Groupe d’intérêt en nutrition de l’UdeS! 


Crédit image @ Pexels

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