Par Sarah Gendreau Simoneau

Les habitudes de consommation d’alcool changent peu à peu. En effet, les jeunes boivent de moins en moins et les gens réfléchissent davantage à leur consommation et aux bienfaits de s’abstenir de boire. Le mois de février approfondit cette réflexion avec son Défi 28 jours sans alcool.
Le Défi 28 jours sans alcool consiste, comme son nom le dit, à prendre une pause d’alcool pendant 28 jours. Pour la 13e édition du Défi, historiquement en février, les personnes participantes pouvaient également le faire en janvier.
C’est un mouvement collectif où, à la clé, des dons sont amassés afin de permettre à la Maison Jean Lapointe de soutenir activement et de manière significative la lutte contre les dépendances au Québec.
Cette initiative a également pour but d’observer les bénéfices de la non-consommation d’alcool sur la santé, le bien-être et le portefeuille. Le Défi permet, entre autres, d’effectuer une introspection sur sa propre consommation et d’explorer de nouvelles habitudes de vie plus saines.
C’est, pour la 13e année, selon le site Web du Défi 28 jours, la plus importante campagne de communication dédiée à la sensibilisation à la consommation d’alcool dans la province.
Au Québec, on estime que 4 % de la population souffrirait d’une dépendance, et chaque personne dépendante affecterait à son tour le quotidien de six à dix personnes, selon les données de la Fondation Jean Lapointe. C’est donc environ un tiers des personnes au Québec qui serait touché, directement ou indirectement, par cet enjeu.
Cette année, l’objectif est d’amasser 500 000 $ pour la Fondation Jean Lapointe.
Conscience, santé et plaisir malgré tout
Il existe une panoplie de raisons pour participer au Défi, pour faire des pauses d’alcool dans une année ou encore pour arrêter de consommer.
Valérie Morin explique qu’en 2020, juste avant la pandémie, elle amorçait déjà une réflexion quant à sa consommation d’alcool. Elle s’est alors donné le défi de faire un mois sans alcool. « Je n’avais pas une consommation problématique, mais j’associais beaucoup grosse journée, grosse semaine à un petit verre. » Elle s’embarquait donc, année après année, de façon significative dans le Défi en faisant son don pour la Fondation Jean Lapointe.
Victime d’un grave accident de la route en mars 2024, elle n’a pas touché à l’alcool dans les mois qui ont suivi. « Ma consommation d’alcool a vraiment beaucoup diminué depuis. J’ai plein de belles bouteilles de gin dans mon armoire, mais c’est rare que j’en prends, l’envie est moins là. Je me suis donc dit que cette année, je ne ferai pas le défi. Probablement que je ne boirais pas tant que ça non plus, mais je ne veux pas me mettre cette contrainte. Si je bois, je bois, si je ne bois pas, je ne bois pas. »
Pour Sophianne B. Brault, l’arrêt complet de l’alcool s’est fait graduellement. « Ç’a commencé que je ne tolérais plus l’alcool, je n’allais pas bien. J’ai commencé par ne plus boire de bière, puis tout ce qui était pétillant, après j’ai arrêté le fort et sont venues les soirées où je décidais de ne juste pas boire une goutte d’alcool. » Elle a tout de suite vu des bienfaits, notamment conduire sa voiture et partir quand elle le voulait et être en forme le lendemain. « J’avais aussi moins l’impression de perdre une journée au détriment d’un party. » Son but, c’est de déstigmatiser le fait d’être sobre sans avoir de raison de l’être. « Et si tu as une raison, peu importe laquelle, elle est bonne. » Elle insiste sur le fait qu’elle sait éprouver du plaisir sans consommer d’alcool. Pour elle, ce n’est pas un défi ces 28 jours sans alcool, mais elle récolte tout de même des sous pour la Fondation.
L’alcool peut être dommageable pour les personnes aux prises avec des troubles du déficit de l’attention (TDA). Carolyne Bédard en sait quelque chose. « Des fois, dans des soirées, je perdais le compte de mes consommations avec mon TDA, donc ça allait vite et le lendemain, je ne me souvenais pas vraiment de la soirée. » Elle soutient que son sommeil n’est pas réparateur et qu’elle devient plus irritable lorsqu’elle consomme des boissons alcoolisées. « Ça se répercute aussi dans mon travail, j’ai moins de patience. » Depuis quelques années, elle fait des pauses sans alcool, peu importe le mois. « J’ai un meilleur sommeil, j’ai le visage moins enflé, j’ai plus d’énergie, plus de patience. Je me retrouve, moi. Je me sens plus zen sans alcool. »
Bienfaits non négligeables
Bien entendu, plusieurs personnes soutiennent que de ne pas boire d’alcool améliore la qualité du sommeil, comme mentionné par Carolyne Bédard, ce qui permet de se sentir plus énergique et concentré au réveil. Au bout d’un mois, selon une étude française réalisée sur 2821 participants du Dry January en 2018, 71 % des gens profiteraient d’un sommeil de meilleure qualité, 67 % rapporteraient avoir plus d’énergie et 57 % se sentiraient plus concentrés.
Les reflux gastriques et les brûlements d’estomac sont souvent présents avec la prise d’alcool. À partir de la seconde semaine sans alcool, il est possible d’observer une diminution de ces brûlements d’estomac, selon Alcohol Change.
Une pinte de bière ou un gros verre de vin rouge comprennent environ 200 calories chacun. Boire fait souvent enfler, donc diminuer ou arrêter l’alcool ne peut qu’être bénéfique.
La peau devient plus claire et douce sans l’alcool. Ce dernier étant un diurétique, il entraîne une perte plus rapide de l’eau et du sodium, qui sont pourtant essentiels pour atténuer les rougeurs au visage et resserrer les pores de la peau.
Avec un défi comme les 28 jours sans alcool, plusieurs personnes révèlent avoir gagné une meilleure perspective sur leur consommation, leur permettant d’acquérir un meilleur contrôle sur celle-ci et d’avoir une meilleure connaissance de leur rapport à l’alcool.
La consommation d’alcool augmente les risques de développer sept types de cancers ainsi que des maladies cardiovasculaires et des maladies gastro-intestinales, entre autres. Ne pas boire pendant un certain temps réduirait déjà les risques de développer ces maladies. Ça permet aussi de diminuer l’hypertension artérielle, les risques de maladies du foie et améliore le système immunitaire.
Source : Fondation Jean Lapointe

Sarah Gendreau Simoneau
Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et bien-être du journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.
Elle s’efforce, avec sa curiosité légendaire, de dénicher les meilleurs sujets diversifiés pour vous!
