Du parahockey féminin aux Jeux de 2030 ? 

Par Sarah Gendreau Simoneau 

La Japonaise Akari Fukunishi est la seule joueuse qui a participé au tournoi de parahockey à Milan-Cortina. 

Le parahockey est officiellement un sport mixte aux Jeux paralympiques depuis 2010. Pourtant, seules quatre femmes y ont participé au fil des ans, dont la Japonaise Akari Fukunishi à Milan-Cortina cette année. Les joueuses s’organisent donc pour avoir leur tournoi à elles dès les Jeux de 2030, dans les Alpes françaises. 

En 2014, le Canada, les États-Unis et une équipe d’Europe s’étaient affrontés dans le tout premier tournoi international de parahockey féminin.  

Ce n’est qu’en 2025, en Slovaquie, que le premier Championnat du monde de parahockey féminin s’est tenu avec six équipes : le Canada, les États-Unis, l’Australie, la Grande-Bretagne, la Norvège et une équipe du reste du monde. Ce sont les Américaines qui ont gagné le Championnat en battant les Canadiennes 7-1 en grande finale. 

Des critères presque atteints 

Pour une entrée aux Jeux paralympiques prochainement, le Comité international paralympique (CIP) a élaboré trois conditions essentielles, soit d’avoir tenu deux Championnats du monde — le deuxième est prévu pour 2027, l’endroit étant encore à déterminer —, qu’au moins huit pays aient leur équipe nationale et que ces huit pays doivent provenir de trois régions différentes. 

La première et la troisième condition sont déjà remplies. Pour la deuxième, il manque encore trois pays pour atteindre le plancher de huit. Ils pourraient venir de régions qui n’ont pas de grande tradition de hockey sur glace.  

Michelle Laflamme, directrice senior à World Para Ice Hockey (WPIH), est en contact avec des représentants de l’Inde depuis septembre. Elle souligne que ce pays est intéressé et a même déjà signifié son intention de jouer en 2026 s’il y a un autre Championnat du monde. 

Le Kazakhstan et le Mexique ont aussi lancé leur programme. « Il y a également un intérêt pour le parahockey féminin en Chine et en Corée du Sud », précise Mme Laflamme. 

Pleines d’espoir pour 2030 

La Japonaise Akari Fukunishi espère voir d’autres joueuses en 2030 et ne pas être seule, comme ç’a été le cas en Italie. « Je suis honorée de participer au tournoi, mais d’un autre côté, je suis triste d’être la seule joueuse ici. Il y a beaucoup de grandes joueuses dans notre sport. Après avoir pris part au Championnat du monde avec l’équipe monde, j’ai reçu des appels de Japonaises qui voulaient essayer le parahockey. Maintenant que je suis aux Jeux, je pense qu’il y en aura plus. J’espère être de retour en 2030, dans une équipe japonaise féminine. » 

Erica McKee, capitaine de l’équipe féminine américaine, espère aussi beaucoup qu’un tournoi féminin se déroule dans les Alpes françaises en 2030. Celle qui a 38 ans aujourd’hui pratique le parahockey depuis qu’elle a 9 ans. En 2007, lors des essais nationaux américains, elle s’est fait annoncer qu’elle ne pouvait plus tenter sa chance parce qu’elle était une femme. « C’était l’un des points les plus bas de ma carrière. J’ai travaillé tellement fort pour ça, c’est mon rêve et je vais le réaliser. J’ai mis mon cœur et mon âme dans ce sport. Je me suis dit qu’il fallait que les choses changent. » 

Elle développe depuis le parahockey féminin, avec des joueuses canadiennes dans une situation similaire à la sienne. En 2008, les États-Unis avaient leur équipe nationale. « Le CIP a changé les règles pour intégrer les femmes, mais USA Hockey m’a dit “Va développer le volet féminin.” » 


Source : Getty Images

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif  redaction.lecollectif@USherbrooke.ca  Web   More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

Scroll to Top