Par Sarah Gendreau Simoneau

Les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 se sont conclus le 22 février dernier avec une cérémonie de clôture dans les Arènes de Vérone. Malgré les nombreux bons coups et les frissons donnés par les athlètes, la récolte de médailles a été plus mince que souhaité pour le Canada.
Les attentes étaient élevées pour ces Jeux olympiques d’hiver. Les athlètes du pays nous ont habitués à un peu plus durant les derniers Jeux, soit 26 médailles aux Jeux de Beijing en 2022 et 29 aux Jeux de Pyeongchang en 2018. Cette année, le Canada a remporté 21 médailles, soit 5 d’or, 7 d’argent et 9 de bronze, positionnant le pays au 11e rang du classement, loin derrière la Norvège (41, dont 18 d’or) et les États-Unis (33, dont 12 d’or).
Les porte-paroles du Comité olympique canadien (COC) ont tenu à exprimer toute leur fierté à l’égard de ses athlètes durant les deux semaines de compétition. Ils se sont félicités d’avoir, en plus des médailles, fait au moins 16 tops 5 et 23 tops 8 sur un total de 116 épreuves. Ils visaient cependant un nombre de médailles se rapprochant des 30. Le total de cette année représente le plus faible nombre de podiums depuis la récolte de 17 médailles aux Jeux d’hiver de Salt Lake City en 2002.
« On est contents de la performance de nos athlètes et de tout ce qu’ils ont réalisé, souligne le chef du Sport au COC, Eric Myles. Mais est-ce qu’on aurait pu obtenir plus d’une vingtaine de médailles ? Oui. Ce n’est assurément pas un blâme à l’égard des athlètes. Mais il est essentiel de tous se regarder dans le miroir, incluant le gouvernement, pour se demander comment on pourrait améliorer les choses. »
Des problèmes qui persistent
En effet, le sport d’élite au Canada déplore depuis plusieurs années le fait que son financement par le gouvernement fédéral est essentiellement resté le même depuis 2005, indépendamment de l’inflation ou des efforts déployés par les autres pays comparables.
Le chef de la direction et secrétaire général du COC, David Shoemaker, est d’avis que « les Canadiens méritent un système sportif correctement financé » et que « les organisations sportives nationales sont soumises à une pression insupportable ». L’organisme estime ce besoin à 144 millions de dollars par année qui s’ajouteraient aux quelque 220 millions déjà consacrés par Ottawa.
Dans un rapport préliminaire dévoilé l’été dernier, la Commission sur l’avenir du sport au Canada a parlé d’une « crise financière » qui menaçait non seulement le sport d’élite, mais aussi la pratique du sport tout court. Le bassin d’athlètes du Canada est en train de fondre. Plusieurs médaillés canadiens et canadiennes en Italie ont plus de 30 ans. Les Jeux de Milan-Cortina ont été, pour plusieurs, leur chant du cygne.
Des performances marquées par des hauts… et des bas
Les performances canadiennes ont connu des hauts et des bas. Le Canada a subi des défaites déchirantes en prolongation contre les États-Unis lors des finales de hockey masculin et féminin, mais a remporté la médaille d’or en bosses en parallèle grâce au triomphe de Mikaël Kingsbury. Il a d’ailleurs mis la main sur sa cinquième médaille en quatre participations aux Jeux d’hiver. Le roi des bosses peut partir la tête haute après avoir tout réalisé dans ce sport. L’image du podium de la course en bosses en parallèle des trois athlètes médaillés, avec leurs femmes et leurs bébés, a d’ailleurs fait le tour des réseaux sociaux touchant le monde entier.
Malgré une chute lors de la deuxième manche de la descente de ski acrobatique, Megan Oldham a remporté la médaille de bronze, avant de vaincre la super vedette Eileen Gu et de remporter l’or au saut acrobatique.
Le patinage de vitesse, longue et courte pistes confondues, a été payant, comme à son habitude, avec dix médailles, dont deux d’or. Valérie Maltais, Ivanie Blondin et Isabelle Weidemann ont conservé leur titre de championnes de poursuite par équipes féminine. Steven Dubois a remporté la médaille d’or au 500 mètres sur courte piste, mais l’équipe masculine a connu des hauts et des bas. William Dandjinou, favori pour plusieurs médailles, a été écarté du podium dans trois courses individuelles. L’équipe masculine de relais, favorite, a terminé quatrième.
Le ski cross, une discipline qui sourit souvent au Canada en matière de médailles, a été le théâtre de cuisants échecs, alors qu’aucun skieur n’a atteint les demi-finales.
Des blessures ont empêché d’anciens médaillés olympiques de briller à leurs épreuves : la skieuse acrobatique Cassie Sharpe (commotion cérébrale) en qualifications de la demi-lune, et la planchiste Meryeta O’Dine (fracture de la cheville), à l’entraînement. Le triple médaillé Mark McMorris a été battu en descente acrobatique après qu’une chute à l’entraînement l’a empêché de participer au grand saut.
Les équipes de curling ont remporté deux médailles par équipe pour la première fois depuis 2014, mais ont également provoqué l’une des plus grandes polémiques des Jeux.
Les Canadiennes championnes des Jeux
Les athlètes féminines se sont démarquées aux Jeux de Milan, récoltant plus de la moitié des médailles remportées par le Canada (13).
C’est le cas de la patineuse de vitesse sur courte piste sherbrookoise, Kim Boutin, qui a remporté deux médailles à ces Jeux — une d’argent au relais mixte par équipes et une de bronze au relais féminin du 3 000 m — portant son total en carrière à six médailles olympiques.
Courtney Sarault, aussi patineuse de vitesse sur courte piste, a été une des grandes vedettes d’Équipe Canada alors qu’elle a remporté quatre médailles (deux d’argent et deux de bronze), devenant ainsi la première Canadienne en courte piste à remporter quatre médailles lors d’une même édition des Jeux.
N’oublions pas Valérie Maltais, patineuse de vitesse longue piste, qui a vécu des Jeux mémorables avec ses performances lui permettant d’être choisie comme l’une des porte-drapeaux du Canada à la cérémonie de clôture. La quintuple olympienne (qui a commencé sa carrière en courte piste) a remporté l’or à la poursuite par équipes féminine ainsi que deux bronzes aux épreuves du 1 500 m et du 3 000 m, les premières médailles individuelles olympiques de sa carrière. Elle a également terminé au cinquième rang de l’épreuve de départ groupé féminin — où sa compatriote Ivanie Blondin a remporté l’argent — après une chute en début de parcours. Un exploit.
Source : Instagram Valérie Maltais

Sarah Gendreau Simoneau
Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.
