Par Médéric Dens

Javier Milei, fidèle allié de Donald Trump, a franchement remporté les élections législatives de mi-mandat. À l’inverse des projections initiales rapportées par les firmes de sondage, Milei et le parti ultralibéral gagnent finalement les élections avec plus de 40 % des voix, lui permettant de rehausser son nombre de députés de 37 à 101.
Un nettoyage des finances publiques, un État moins présent et une « réforme profonde », voici les promesses sur lesquelles Javier Milei a pu remporter les législatives de mi-mandat. En effet, les Argentins et les Argentines étaient invités à valider ou invalider les postes d’élus au parlement. Un contexte d’inflation majeure pour l’année 2024 permettait de croire qu’une perte de sièges pendait au bout du nez de Milei.
Selon les statistiques officielles de l’Argentine, le pays a connu une hausse de l’inflation de 117,8 % pour l’année 2024. Ces chiffres sont pourtant faibles en comparaison avec l’année précédente, alors que l’inflation s’était établie à 211,4 %, taux le plus haut depuis le début des années 1990.
Ces hausses anormales de l’inflation n’ont pourtant pas freiné les sympathisants du parti d’extrême droite La Libertad Avanza, parti dont Javier Milei est le dirigeant, de voter massivement pour élire leurs élus en guise d’approbation. Malgré l’obligation de vote pour l’ensemble de la population argentine, le taux de participation à ces élections demeure plutôt faible.
L’extrême droite de plus en plus présente au pays
La victoire de Javier Milei aux élections présidentielles de 2023 ne semble visiblement pas être une simple chance : l’extrême droite s’est bel et bien installée en Argentine. Les projections qui estimaient un résultat de 30 % n’ont pas arrêté Javier Milei et son équipe d’élus qui ont surpassé ces attentes, en obtenant environ 40 %. Les circonscriptions clés en Argentine, notamment la capitale Buenos Aires, Cordoba et Mendoza ont été remportées.
L’Argentine est pourtant un pays qui, depuis plus de trente ans, oscille entre le centre-gauche et le centre-droit. Mais un vent de changement souffle désormais sur la scène politique, notamment depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei.
Ce dernier, connu pour ses attaques répétées contre les médias publics et les organisations internationales, fait aujourd’hui l’objet d’enquêtes de la part de Human Rights Watch. L’organisme l’accuse d’avoir « sapé l’indépendance judiciaire » du pays, notamment en procédant à la nomination du juge fédéral Ariel Lijo sans passer par le processus de vote habituel.
Récemment, le président américain a annoncé un accord d’échange de devises pour un montant totalisant 20 milliards de dollars avec la banque centrale d’Argentine, plus un prêt de 20 milliards supplémentaires octroyé aux banques privées. C’est une aide directe offerte par Donald Trump pour appuyer l’Argentine, un montant que le président aurait retiré si les péronistes avaient remporté les législatives de mi-mandat.
Crédit : Gage Skidmore
