Par Médéric Dens

Les personnes députées étaient de retour à l’Assemblée nationale, début février, pour débattre en vue des élections à venir en octobre 2026. La dernière étape se corse entre les différents partis, tandis que les députés indépendants se font plus nombreux et nombreuses qu’à l’habitude. Pour le premier ministre François Legault, il s’agit de la dernière expérience à l’Assemblée nationale en tant que chef du gouvernement caquiste, lui qui critique le faible leadership libéral.
Le 3 février dernier marquait le début des travaux parlementaires qui se termineront en mai. Avant même le début de la période de questions, c’est le chef intérimaire du Parti libéral du Québec qui a donné le ton pour débuter la session parlementaire. Malgré les dissidences entre libéraux et caquistes, Marc Tanguay s’est en effet permis de saluer le parcours de François Legault et le remercier « pour ses nombreuses années de service public ».
Mais cette amicalité n’était qu’éphémère. Dès sa seconde intervention, Marc Tanguay a vivement critiqué le bulletin économique du gouvernement caquiste, en mentionnant notamment que « la CAQ aura été le parti, à terme, de la décote du Québec et d’une incapacité à offrir les services publics fondamentaux à tous les Québécoises et Québécois ».
Des dossiers importants au cœur des débats
Dès la première séance de travaux parlementaires, plusieurs projets de loi ont été déposés. Parmi ceux-ci figure le projet de loi 11, visant à alléger le fardeau réglementaire et administratif. Un autre projet important a été adopté, soit le projet de loi 5, qui vise à accélérer le déploiement de projets d’intérêt national. Enfin, d’autres projets de loi, comme la Loi 15, la Loi 12 et la Loi 9 ont été adoptés, et illustrent les avancées que désire faire la CAQ pour les mois à venir.
Comme toute rentrée parlementaire, plusieurs dossiers seront à surveiller pour les trois mois à venir. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), est certainement l’un des dossiers qui déchirent les partis, permettant d’accueillir plusieurs personnes migrantes désirant travailler au Québec. Sa récente abolition était sujet de débat, alors que le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, devait répondre aux attaques en provenance d’André Albert Morin, député libéral dans la circonscription d’Acadie.
C’est Sonia Bélanger, ministre de la Santé et des Services sociaux, qui s’est par la suite défendue, cette fois sur le dossier de l’accès aux soins de santé. Elle devait notamment réagir face aux critiques solidaires et libérales, qui lui ont principalement attribué la faute pour les 5000 Québécoises et Québécois présentement en attente d’une chirurgie. Cette dernière a affirmé vouloir rencontrer les médecins spécialistes pour résoudre cette crise.
D’autres sujets, comme le logement et la hausse du prix des loyers, le bilan économique, les sorties scolaires culturelles et l’islamophobie se sont également invités à l’Assemblée nationale. De vives critiques ont aussi été faites vis-à-vis le projet constitutionnel de la CAQ et du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, projet dont les partis d’opposition s’étaient montrés en défaveur. Le manque de consultation des acteurs de la société civile et des partis politiques faisait notamment partie des critiques envers le projet.
Les députés indépendants en très grand nombre
Malgré les avancées législatives effectuées lors de la rentrée parlementaire, c’est plutôt le nombre de députés indépendants qui suscite des réactions. En effet, des 125 personnes députées composant l’Assemblée nationale, il y a un total de 10 personnes députées indépendantes, représentant donc presque le dixième des personnes députées. Mais, ce qui surprend le plus, c’est le rôle qu’occupait auparavant ces députés indépendants, qui étaient, pour plusieurs, ministres dans des postes d’envergure.
On y voyait donc Lionel Carmant, ancien ministre des Services sociaux, Christian Dubé, ancien ministre responsable de la Santé, et Maïté Blanchette-Vézina, ex-ministre des Ressources naturelles et des Forêts. On y trouve également Pierre Dufour, qui occupait les fonctions de ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs jusqu’en 2022, lui qui a quitté ses fonctions de député en raison de l’absence de représentation régional au sein du caucus caquiste.
D’autres, comme Youri Chassin (CAQ), Vincent Marissal (Québec solidaire), François Tremblay (CAQ), Isabelle Poulet (CAQ) et Sona Lakhoyan Olivier (Parti libéral) siègent désormais en tant qu’indépendants et indépendantes. Marwah Rizqy s’y trouvait aussi, elle qui a été exclue de la formation libérale en raison d’un enjeu lié à l’éthique avec la cheffe de cabinet et amie de longue date de Pablo Rodriguez, Geneviève Hinse.
Dernière ligne droite pour François Legault
Écartant la possibilité de se représenter aux élections d’octobre 2026, François Legault vit présentement ce qui semble être son dernier tour de piste en tant que premier ministre. Pour sa dernière rentrée parlementaire, le premier ministre en a profité pour vanter le bilan économique de la CAQ.
« Maintenant, quand on regarde le déficit en pourcentage du PIB, il est actuellement de 1,5 % du PIB. Dans les dernières années, c’est arrivé 20 fois, 20 fois, Mme la Présidente, que le déficit a été plus élevé que 1,5 % du PIB. Donc, c’est arrivé souvent avec les libéraux, souvent avec le PQ. »
François Legault s’est également permis de souligner le manque de leadership auquel le Parti libéral fait face, notamment depuis le départ de Pablo Rodriguez, qui fait suite aux scandales concernant l’exclusion de Marwah Rizqy et l’attribution de montant d’argent en échange de vote lors de la course à la chefferie. Pour le moment, tout porte à croire que c’est Charles Milliard qui sera à la tête du parti pour les élections de 2026.
Parlant de leadership, François Legault n’a toujours pas pris position quant à la meilleure personne qui sera en mesure de le remplacer à la tête de la CAQ entre Bernard Drainville et Christine Fréchette. Cependant, il s’est permis de rappeler l’importance qu’aura le projet de troisième lien dans les futurs débats. Cela faisait suite aux propos de Christine Fréchette, qui dit vouloir étudier le dossier en profondeur avant de prendre une décision à ce sujet.
Source : site de l’Assemblée nationale du Québec
