Par Médéric Dens

Un ouragan majeur a frappé les côtes caribéennes le 26 octobre dernier. De catégorie 4 sur 5, Melissa a ravagé une partie considérable de la Jamaïque, avant de frapper Haïti et Cuba, faisant plus de 30 morts. Plusieurs personnes sont encore portées disparues à ce jour, alors que les inondations font toujours rage dans plusieurs secteurs et municipalités jamaïquaines.
La fin du mois d’octobre aura été marquée par de graves déséquilibres météorologiques, notamment en Jamaïque, à Cuba et en Haïti. Frappée en premier, la Jamaïque a enregistré près d’une trentaine de décès, mais le bilan s’alourdira certainement au cours des prochains jours et des prochaines semaines.
Les images divulguées par la Jamaïque sont frappantes. On y voit des poteaux électriques sur le sol, des mares d’eau à perte de vue, des voitures fortement endommagées et des Jamaïquaines et Jamaïquains visiblement attristés par la tournure des événements. Au total, ce sont 180 000 personnes qui ont été affectées directement par l’ouragan dévastateur, sans compter les nombreuses pertes de courant.
Du côté de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ce sont des montants avoisinant les 23 millions de dollars américains qui ont été octroyés à la Jamaïque pour se remettre des dégâts engendrés par l’ouragan Melissa.
Mais ces montants ne suffiront pas pour remettre le pays sur pied. Le premier ministre jamaïquain, Andrew Holness, a affirmé le 14 novembre sur X que le pays avait enregistré des « pertes totales dépassant 10,28 milliards de dollars jamaïquains, incluant les dommages aux infrastructures, les pertes de revenus et les coûts des interventions d’urgence », montants plus que considérables pour un État dont le PIB ne dépasse pas 20 milliards de dollars US.
L’impact des changements climatiques
La majorité des experts s’entendent pour attribuer la faute de l’ouragan aux changements climatiques. Selon ces derniers, les changements climatiques n’affectent pas directement le nombre d’ouragans par année, mais bien la gravité de ceux-ci. Sur les 68 ouragans enregistrés de 2010 à 2019, ce sont près de 30 ouragans qui sont considérés comme des ouragans majeurs, soit de catégorie entre 3 et 5.
Et le Canada n’est pas à l’abri des répercussions directes en raison de sa proximité avec l’océan Atlantique. Selon l’organisme Données climatiques, plusieurs phénomènes nous affecteront au cours des prochaines années, dont « une augmentation des dommages causés par l’élévation du niveau de la mer, une augmentation des précipitations et une augmentation de la gravité des ouragans ».
Selon l’Organisation météorologique mondiale, c’est plus de 750 000 personnes qui sont décédées en raison d’un ouragan depuis les cinquante dernières années, et les pertes monétaires associées sont exponentielles. La Jamaïque, Cuba et Haïti sont de bons exemples des conséquences mondiales des changements climatiques.
Source : Getty Images
