Par Médéric Dens

Le premier ministre Mark Carney était de passage en Europe du Nord la semaine dernière pour discuter de technologie, de défense et d’économie. Plusieurs rencontres ont eu lieu, notamment avec le premier ministre norvégien, et le tout s’est conclu par un point de presse conjoint avec de nombreux chefs d’État. Dans un contexte géopolitique instable, le premier ministre canadien tente de diversifier ses pôles et se distancier peu à peu des États-Unis.
Visiblement, le premier ministre du Canada, face à un contexte multipolaire, centre ses efforts vers l’international pour bâtir de nouveaux partenariats et stimuler l’économie et la défense canadienne. Son séjour en sol nordique a débuté le 14 mars, lors d’une rencontre entre Mark Carney et Jonas Gahr Store, premier ministre norvégien. Dans une déclaration commune entre les deux dirigeants, ces derniers réaffirment l’importance des relations entre les deux pays, « ancrées dans des valeurs partagées, des intérêts mutuels et une coopération étendue en tant que nations arctiques et membres fondateurs de l’OTAN ».
Sept sujets ont principalement été abordés : la défense de l’Arctique, zone géographiquement située entre les deux pays, le soutien à l’Ukraine, la coopération industrielle et économique, l’espace, la coopération technologique, les minéraux critiques, le développement énergétique et la préservation de la biodiversité et du climat.
Avec une guerre en Iran qui fait toujours rage, les deux premiers ministres ont également tenu à rappeler que « le dialogue diplomatique est essentiel pour éviter un conflit plus large qui dévasterait les populations civiles et aggraverait la situation économique et énergétique mondiale », selon un communiqué publié par le premier ministre.
Front uni des États nordiques pour imposer la paix
Après sa rencontre bilatérale avec Jonas Gahr Store, Mark Carney a ensuite participé à un point de presse aux côtés du premier ministre de la Norvège, mais aussi avec les personnes dirigeantes du Danemark, de la Suède, de la Finlande et d’Islande. L’une des premières questions posées concernait les ressources situées au Nord canadien: « En tant que nations arctiques possédant de précieuses ressources, pensez-vous que la menace américaine sur la souveraineté du Groenland et du Canada soit terminée ? »
Ce à quoi le premier ministre canadien a répondu en rappelant l’importance d’une coopération active et multilatérale : « La sécurité est un sujet très vaste. Ces capacités englobent l’espace IA, l’informatique, le quantique et d’autres domaines où nos compétences sont très complémentaires. Ce que nous cherchons à faire, c’est de déterminer comment les mobiliser, coopérer activement et assumer davantage de responsabilités, et résoudre les problèmes de nos citoyennes et citoyens. C’est notre travail et à cet égard, cela réduit les menaces. »
Des voyages surtout symboliques
Certaines personnes canadiennes et partis d’opposition, dont le Parti conservateur, critiquent les voyages récurrents du premier ministre. En effet, depuis son arrivée au pouvoir il y a plus d’un an, en mars 2025, il empile les visites internationales, celui en Norvège constituant sa 18e visite diplomatique depuis son mandat. Plusieurs raisons se situent derrière ces visites. Parmi celles-ci figurent le conflit russo-ukrainien, la guerre en Iran, les avancées américaines et chinoise en termes d’intelligence artificielle, les menaces pesant sur l’Arctique et plusieurs autres enjeux et opportunités.
Cependant, la grande majorité de ces voyages, dont celui au sommet des pays nordiques, n’aboutissent en aucun contrat, alliance formelle ou traité ratifié. En effet, celui de Norvège aura certes mené à plusieurs discussions, mais rien ne laisse présager que découleront plusieurs ententes officielles à la suite de ce sommet. Malgré cela, le premier ministre semble plutôt optimiste quant aux probabilités que ces visites mènent à des avancées pour le Canada.
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
