Par Marie-Laurence Allard

Les attaques israélo-américaines du 28 février dernier sur l’Iran marquent un tournant pour le peuple kurde iranien, alors qu’une coalition inédite de six factions kurdes voit le jour et annonce son opposition à la République islamique. L’affaiblissement du régime en place pourrait constituer une nouvelle lueur d’espoir pour la reconnaissance des droits et de l’autonomie kurdes après 47 années d’oppression marquée par le changement de régime.
La dernière année a été tumultueuse pour les Kurdes, notamment en Turquie, avec la dissolution du PKK (Parti des travailleurs kurdes), un groupe armé révolutionnaire autonomiste, et en Syrie, où le nouveau gouvernement syrien attaque le territoire autonome kurde du Rojava. L’Iran n’est pas épargné, alors que la guerre déclenchée par l’offensive israélo-américaine entraîne, malgré elles, les populations kurdes de cet État et des pays environnants au sein d’un nouveau conflit.
Représentant environ 10 % de la population iranienne, les Kurdes, et en particulier les partis politiques qui les représentent, « constituent des acteurs politiques importants qui permettraient de changer la balance des pouvoirs au sein du pays du fait de leur expérience auprès du régime », comme le souligne la chercheuse au laboratoire IRIS, Sahar Bagheri.
Ayant participé au renversement de la monarchie iranienne lors de la Révolution de 1979 avant d’être persécutés par le nouveau régime, les Kurdes ont développé une relation tendue avec le pouvoir iranien. C’est ce qu’indique Esfane Rahimi, un combattant kurde iranien, lorsqu’il évoque que cette guerre leur est imposée : « Nous avons commencé une révolution [contre le régime iranien] il y a longtemps, mais pas cette guerre. »
Un éventuel support américain ?
Si le président américain Donald Trump a déclaré : « Je ne souhaite pas que les Kurdes interviennent […], je ne veux pas voir les Kurdes être blessés ou tués », une coalition de six partis politiques, appelée la « Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien », a lancé un message à l’intention des gouvernement américain, irakien, et du Conseil de sécurité de l’ONU.
Ce dernier dénonce les attaques terroristes de la République islamique d’Iran tout en implorant à la communauté internationale « d’utiliser tous les leviers possibles pour augmenter la pression sur le régime iranien », de « mettre en place les mesures nécessaires pour équiper les zones d’hébergement » et de « déployer une commission d’enquête ».
« Il serait impossible pour une minorité de renverser le régime iranien », affirme Baba Sheikh Hosseini, membre du parti kurde iranien « Khabat », avant d’ajouter : « Les États-Unis devraient apporter leur soutien pour détruire le régime. Ce n’est pas seulement notre responsabilité. »
Au contraire, d’autres membres de la communauté kurde sont plus dubitatifs face à une telle alliance, notamment en raison de la récente décision du gouvernement américain de ne plus soutenir les Kurdes syriens du Rojava face à un nouveau régime hostile à leur égard.
Pendant ce temps, les bases des groupes armés kurdes iraniens, situées au Kurdistan irakien, continuent d’être frappées tous les jours par les missiles et les drones du régime iranien afin de réprimer toute éventuelle contre-attaque.
Source : Getty Images
