Les gardiens de la révolution désignés comme organisation terroriste par l’UE 

Rémi Brosseau-Fortier 

Depuis le début du mois de février, plusieurs mouvements s’organisent pour rendre hommage au 47e anniversaire de la révolution islamique à Téhéran.

Le 29 janvier 2026, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont décidé à l’unanimité de désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme « organisation terroriste ». Véritable bras armé du régime des mollahs de la République islamique d’Iran, le CGRI est responsable de la répression ayant fait plus de 30 000 morts depuis la reprise des manifestations le 28 décembre 2025. 

Cette décision de l’UE survient un an et demi après que le Canada a inscrit le CGRI sur sa liste des entités terroristes en juin 2024. Néanmoins, les gardiens de la révolution étaient déjà sous le coup de sanctions de l’UE pour violations des droits humains depuis 2021. Cette mesure permettra de geler des avoirs liés au CGRI et de criminaliser les organisations les soutenant.  

Une initiative italienne  

Le ministre des Affaires étrangères de l’Italie, Antonio Tajani, est à l’origine de cette nouvelle classification. Le 26 janvier, Tajani avait déclaré sur la plateforme X vouloir également imposer « des sanctions individuelles contre les responsables de ces actes odieux ». Le 28 janvier dernier, la France affirmait soutenir cette décision. Du côté d’Israël, dès le 11 janvier, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar jugeait que « l’heure était venue » de qualifier le CGRI comme organisation terroriste. Ce dernier a d’ailleurs salué une « décision importante et historique » sur X, comme rapporté par le média belge RTBF.  

Depuis le 29 janvier, six organismes et hauts responsables iraniens ont été ajoutés à la liste des sanctions pour leur rôle dans les violences contre la population civile iranienne. Au total, l’UE sanctionne 247 individus et 50 entités en Iran. En réponse, l’Iran a déclaré le 1er février que les armées européennes sont désormais considérées comme des « groupes terroristes », même si cette décision est principalement de nature symbolique.  

Qui sont les gardiens de la révolution ? 

Fondé en 1979 après la création de la République islamique d’Iran, le CGRI est une organisation paramilitaire sous le commandement direct du Guide suprême de la révolution. Chargés de « protéger le système » de la République, les effectifs du CGRI sont estimés entre 150 000 et 200 000 membres selon les agences de renseignement occidentales.  

Également appelés « Pasdaran », les gardiens de la révolution détiennent de nombreuses entreprises iraniennes dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, des télécommunications et des finances. Selon Clément Therme, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI), leur budget militaire oscille entre 6 et 9 milliards de dollars annuellement. Le CGRI comprend également une branche d’élite, la Force Al-Qods.  

Le personnel soignant ciblé  

Dans une lettre ouverte publiée le 28 janvier, l’Association médicale mondiale (AMM) a dénoncé les « inquiétantes persécutions dont sont victimes les médecins iraniens ». Cette déclaration survient après que le CGRI aurait procédé à des arrestations de blessés et menacé les médecins dans des hôpitaux des provinces d’Ispahan et de Tchaharmahal-et-Bakhtiari.  


Source : Getty Images

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