Par Médéric Dens

Le rapport de la Commission Gallant a été déposé le 13 février dernier par le commissaire en personne, Denis Gallant. Dans celui-ci, plusieurs personnes et institutions sont vivement critiquées, soit pour leur mauvaise gestion du dossier ou encore pour avoir caché des frais. La SAAQ, entre autres, sort du lot et doit s’excuser face aux inactions de la société d’État.
Après 75 semaines de témoignages, de compilations de dossiers concernant des rencontres, des échanges de courriel ou encore des discussions en personnes, le rapport de la Commission d’enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques a finalement été déposé.
La SAAQ coupable de cacher des frais
Dans ce rapport, 12 grands constats ont été faits. Le commissaire accuse notamment le projet d’être « trop volumineux », et avec une « une gouvernance trop décentralisée ». Le juge accuse également la SAAQ de ne pas avoir évalué les réels besoins technologiques, tout en éliminant le libre-marché et l’intérêt public. Enfin, tant les dépassements de coûts que le faible niveau de transparence dans le dossier sont critiqués, tandis que la SAAQ est accusée d’avoir « sciemment menti au gouvernement et aux parlementaires sur le déroulement du programme. »
Puis, 26 moyens ont été élaborés dans ce rapport pour éviter une situation similaire à l’avenir. Parmi ceux-ci figurent la création d’une entité spécialisée dans la transformation numérique de l’État, le resserrement des règles de gouvernance des sociétés d’État, l’évolution des lois pour accélérer la gestion des dossiers de transition numérique, de même qu’un accès à l’information fiable grâce à une transparence accrue.
En bref, la SAAQ est écorchée et a présenté ses excuses aux citoyens et citoyennes. Elle affirme, dans un communiqué, avoir déjà mis en place « de nouveaux contrôles stratégiques, élaboré un plan d’action en gestion contractuelle, renforcé l’encadrement du processus de gestion contractuelle et révisé les profils de compétence et d’expérience liés à la nomination des hauts dirigeants, dont les membres du conseil d’administration ».
Face au mur, la CAQ passe à l’action
Des élues et élus de la Coalition avenir Québec (CAQ) se sont empressés d’agir pour préserver le visage du parti. Jonatan Julien, ministre des Transports et de la Mobilité durable, explique que ce rapport « réaffirme l’importance de poursuivre ce travail en profondeur, notamment avec la cellule de restructuration que nous avons mise en place ».
Pour la ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de l’Efficacité de l’État, France-Élaine Duranceau, il faut avant tout rassurer le public. « Les constats sont clairs : un ménage s’impose pour regagner la confiance du public. Les Québécois s’attendent à mieux et nous devons apprendre des événements récents pour moderniser nos pratiques, renforcer la gouvernance et servir la population avec davantage de rigueur et d’exemplarité. »
Après les témoignages de personnes élues comme François Bonnardel et Geneviève Guilbault, il semble que la population se méfie présentement du gouvernement, alors que l’accès à l’information semble plutôt faible pour les ministres collaborant avec des sociétés d’État.
Source : ASSNAT
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
