Implications et enjeux de la guerre au Moyen-Orient 

Par Médéric Dens  

La capitale de l’Iran, Téhéran, est la principale cible des frappes en provenance d’Israël. 

Depuis maintenant deux semaines, le gouvernement des États-Unis et celui d’Israël se mobilisent contre l’Iran. De son côté, la mort du guide suprême Ali Khamenei, remplacé par son fils Mojtaba Khamenei, est signe d’un potentiel enlisement du conflit déjà bien entamé. Malgré les combats, la liste des pays directement ou indirectement impliqués est difficile à dresser, tout comme l’ensemble des enjeux qui y sont rattachés.  

Les forces armées états-uniennes et israéliennes bombardent stratégiquement les lieux où sont entretenus et entreposés les missiles balistiques iraniens. Depuis la mort du leader et guide suprême de l’Iran, ces frappes n’ont pas cessé. Bien au contraire, le président Donald Trump continue son offensive nommée « Epic Fury », l’objectif étant principalement d’anéantir les infrastructures nucléaires que développent potentiellement l’Iran. En effet, tout porte à croire que l’Iran dispose actuellement de plus de 460 kilos d’uranium enrichi à 60%, à 30% seulement de pouvoir véritablement détenir des ogives nucléaires.  

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, semble utiliser les mêmes tactiques que son père, visant les bases américaines présentes chez les pays du Golfe, mais aussi des infrastructures énergétiques comme une usine d’assainissement des eaux à Bahreïn. Le nouveau guide suprême est un proche allié des fondamentalistes extrémistes en Iran, et aurait été nommé grâce à ses liens qui l’unissent avec le prédécesseur. Ce dernier a par ailleurs perdu sa femme dans des frappes conjointes menées entre Israël et les États-Unis. 

Israël et les États-Unis seuls à combattre ?  

Les appuis à Israël et aux États-Unis demeurent plutôt de surface, se rapprochant légèrement du contexte observé lors de l’offensive post-attentats de 2001, lors de l’invasion orchestrée par George W. Bush en Irak. Les alliés directement impliqués sur le terrain son principalement ceux qui sont touchés par les attaques en provenance d’Iran : Arabie Saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Bahreïn, Koweït, Oman et la Jordanie. Ces pays ont unanimement donné accès aux bases militaires et au soutien logistique aux États-Unis et à Israël pour sécuriser le Moyen-Orient, sans toutefois s’impliquer physiquement dans le conflit.   

Au sein de l’Union européenne, les réactions sont divisées. Emmanuel Macron a annoncé le déploiement du navire Charles de Gaulle en Méditerranée, en plus du soutien militaire déjà sur place, notamment sur ses bases situées en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Du côté du Royaume-Uni, le secrétaire d’État responsable du Moyen-Orient a affirmé que « le Royaume-Uni n’est pas en guerre », lors d’une entrevue donnée à la BBC.  

D’autres pays comme la Grèce, les Pays-Bas et l’Italie ont affirmé offrir du soutien logistique sur place, sans pour autant s’impliquer militairement. Enfin, l’Espagne, la Norvège, le Danemark et l’Allemagne sont les quatre pays ayant démontré une véritable dissidence, ou du moins des doutes quant à la légitimité des opérations.  

Et le Canada ?  

Craignant que les relations entre le Canada et les États-Unis s’affaiblissent davantage, le premier ministre canadien Mark Carney a affirmé soutenir les opérations actuelles en Iran, tout en restant conscient du non-respect du droit international.  

Dans un discours prononcé en Australie le 3 mars dernier, ce dernier a dévoilé sa position quant à la menace que représente l’Iran : « Le Canada considère depuis longtemps l’Iran comme la principale source d’instabilité et de terrorisme au Moyen-Orient. Le régime et ses alliés ont assassiné des centaines de civils canadiens et causé d’innombrables souffrances à des millions de personnes au Moyen-Orient et ailleurs. » 

Mais, toujours selon Mark Carney, cette position est prise à contrecourant : « Malgré des décennies de résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, le travail inlassable de l’Agence internationale de l’énergie atomique et une succession de sanctions et d’accords diplomatiques, la menace nucléaire iranienne persiste. Or, les États-Unis et Israël ont agi sans consulter les Nations Unies ni leurs alliés, notamment le Canada. » D’ailleurs, le premier ministre affirme qu’il n’écarte toujours pas la possibilité d’appuyer militairement les États-Unis dans son offensive contre l’Iran.  

L’embellissement de l’armée américaine  

Depuis le début des hostilités, les États-Unis redorent l’image de leur armée sur les réseaux sociaux, en utilisant des méthodes peu conventionnelles. En effet, en consultant les différentes pages Instagram, X et Facebook, nombreux sont les montages qui y circulent.  

Dans ceux-ci, on y voit les principaux navires militaires ou des bombardiers de type B2, communément appelés Northrop. Des musiques sont également fréquemment utilisées pour appuyer les montages (Back in Black et Macarena, entre autres). Il est pourtant rare de voir ce type de méthode être utilisé, surtout par les comptes officiels d’un État. Mais Donald Trump nous a habitué aux changements de paradigme depuis son deuxième mandat à titre de président.  

Des artistes américaines et américains ont même critiqué cette façon de faire. C’est entre autres le cas de Ben Stiller, qui tenait à rappeler que « la guerre n’est pas un film ». Ce dernier a même exhorté la Maison-Blanche de retirer un montage publié sur X, qui faisait allusion au film Tropic Thunder, dont il en est l’un des protagonistes. 

Banalisation de la mort ?  

En redorant l’image de son armée, le gouvernement états-unien néglige-t-il les dégâts qu’entraine une guerre ouverte ? C’est ce que laisse supposer l’attitude de la Maison-Blanche, en affirmant notamment que « la puissance américaine se renforce, s’affine et devient absolument dominante », logique aussi identifiable à travers les discours du président et du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth.  

Au moment où ces lignes sont écrites, plus de 2000 morts sont officiellement recensés, dont la moitié sont des personnes civiles iraniennes n’ayant aucun lien avec le Corps des gardiens de la révolution. Du côté des États-Unis, six soldats ont été tués, et le président a adressé la situation en affirmant son soutien aux familles. Mais ce dernier reste présentement muet concernant les victimes collatérales, dont la mort de 175 enfants situés dans une école à Minab. 


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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