Crise pétrolière mondiale à venir ? 

Par Médéric Dens  

Depuis le début des hostilités, des navires de la marine iranienne sont systématiquement visés pour les affaiblir, tandis que s’intensifient les frappes chez les pays voisins de la République islamique. 

Après plusieurs semaines de bombardements intermittents visant les infrastructures énergétiques iraniennes, le conflit est désormais orienté vers le détroit d’Ormuz. Les positions semblent divergentes quant à la nécessité (ou non) d’agir pour débloquer le détroit, où circule 20% des exportations pétrolières. Les prix à la pompe continuent d’augmenter, et les prévisions demeurent à la hausse. Quel avenir est réservé à l’or noir ? 

L’Iran est le 3e pays avec la plus grande réserve pétrolière mondiale, avec plus de 208 600 000 000 barils de pétrole présents sur son territoire. Mais les attaques en provenance d’Israël et des États-Unis, ciblant directement les ressources énergétiques, mettent à mal le pétrole, ressource cruciale pour l’économie mondiale.  

Alors que les prix à la pompe n’atteignaient presque jamais 1,50$/litre avant les attaques contre l’Iran au Québec, ceux-ci se situent actuellement près de 2$, et le dépasse même dans certaines municipalités. Pour illustrer les effets de la guerre, il suffit de regarder le prix du baril pré et post-conflit en Iran. En effet, le prix du baril est passé, en un mois, de plus ou moins 70 à 112$ le baril, augmentation de 60%.  

En réponse à cette augmentation, l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) a libéré 400 millions de barils de pétrole pour soutenir les pays affectés par cette hausse remarquable des prix. Selon le site officiel de l’AIE, une réserve de plus d’un milliard de barils est toujours à disposition, mais les ressources finiront par être fortement limitées selon l’agence, et les prix risquent d’augmenter de façon considérable « tant que la guerre perdurera en sol iranien ».  

L’OTAN critiqué par Donald Trump 

Donald Trump, qui visait systématiquement ses pays alliés, semble présentement avoir besoin de leur soutien pour mettre fin à l’opération « Fureur épique », ou Epic Fury. Pour lui, il est nécessaire que les pays membres de l’OTAN, incluant entre autres le Canada, la France, la Turquie, la Finlande et le Royaume-Uni, agissent pour rouvrir les voies navigables du détroit.  

Sur le réseau Truth Social, ce dernier tenait à rappeler la place qu’occupent les États-Unis au sein de l’organisation : « Sans les États-Unis, l’OTAN n’est qu’une force de papier. Ils ont refusé de s’engager dans la lutte contre l’Iran, devenu une puissance nucléaire. Maintenant que cette guerre est gagnée militairement, sans grand danger pour eux, ils se plaignent du prix élevé du pétrole qu’ils sont contraints de payer, mais refusent de contribuer à l’ouverture du détroit d’Ormuz. » 

Quelques jours après ces propos, l’OTAN n’a toujours pas donné le feu vert pour une intervention généralisée dans le détroit d’Ormuz, mais le président Trump revient sur sa parole, refusant toute assistance : « Nous n’avons plus besoin, ni envie, de l’aide des pays de l’OTAN – et nous n’en avons jamais eu besoin ! Il en va de même pour le Japon, l’Australie et la Corée du Sud », a-t-il affirmé, face à un OTAN silencieux et sans riposte.  


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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