Sam. Juin 15th, 2024

Par Philippe Larivière

Début mai, le Comité consultatif sur les changements climatiques publie un avis qui enflamme les débats sur l’aménagement du territoire. Pour respecter les cibles québécoises de réduction de gaz à effet de serre, le Comité propose un moratoire sur l’étalement urbain et la suspension des projets autoroutiers des six grandes régions métropolitaines du Québec. Tour de piste d’un enjeu structurant pour lutter contre les changements climatiques.

L’étalement urbain au Québec

L’étalement urbain, c’est voir « mourir un village québécois et naître une banlieue de Houston. »  C’est ce qu’on peut paraphraser de Pierre Falardeau, cité récemment par Olivier Niquet dans L’actualité, pour expliquer le phénomène.

Selon la revue Nature, on peut définir grossièrement l’étalement urbain comme un mode d’urbanisation caractérisé par des quartiers à faible densité, une dépendance à l’automobile et une expansion non contrôlée vers des zones adjacentes aux zones urbanisées. 

Le Comité consultatif sur les changements climatiques avance que la réponse du Québec en aménagement du territoire n’est pas « à la hauteur de l’urgence climatique ».

Selon celui-ci, en plus d’accroître les émissions en transport, l’étalement urbain fait reculer de 0,6 % par année la superficie des milieux naturels du sud du Québec. Depuis une douzaine d’années, un territoire équivalent à la grandeur de l’île de Laval a été artificialisé.

Cette expansion se fait au détriment des milieux naturels qui permettent de séquestrer le carbone, de préserver la biodiversité et d’augmenter la résilience des communautés face aux changements climatiques.

Des municipalités en quête de moyens

« Actuellement, c’est facile et payant de raser des forêts pour planter des maisons et c’est difficile et coûteux de faire de la revitalisation dans les centres-villes. », évoque Évelyne Beaudin, mairesse de Sherbrooke, pour illustrer les défaillances du cadre municipal.

Dernièrement, les municipalités québécoises ont formulé des demandes au gouvernement québécois afin de se doter d’outils pour freiner l’étalement urbain et favoriser la densification.

Elles réclament :

  1. Une modernisation de la Loi sur l’expropriation qui permettrait de prendre possession de terrains destinés à être protégés;
  2. Un élargissement du droit de préemption qui permettrait d’acheter en priorité des terrains ou immeubles qui pourraient servir au bénéfice de la communauté;
  3. Davantage de pouvoirs fiscaux, notamment en matière d’écofiscalité, pour s’affranchir de leur dépendance financière à l’impôt foncier;
  4. Une plus grande protection légale pour les municipalités qui choisissent d’interdire la destruction de milieux humides.

En parallèle, le gouvernement dévoilera bientôt une politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire. La densification y occuperait une place importante. Toutefois, la publication d’un plan de mise en œuvre ne serait pas disponible avant 2023, au minimum.

Réimaginer le rapport au territoire

Dans la foulée du débat sur l’étalement urbain, Alain Webster, président du Comité consultatif sur les changements climatiques et professeur à l’Université de Sherbrooke, s’est entretenu avec La Presse. L’économiste avance qu’un projet de transition doit constituer une opportunité pour améliorer la qualité de vie et le bien-être de la population. Il appelle à développer à une nouvelle relation avec le territoire.


Crédit image @ Avi Waxman

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