Mar. Avr 23rd, 2024

Par Clara Prévosto

Les problèmes de santé mentale sont un enjeu important chez les jeunes aux études postsecondaires, et même davantage en contexte de postpandémie. Le gouvernement du Québec a donc décidé d’agir face à ce fléau et a ouvert l’Observatoire sur le bien-être et la santé mentale étudiante en enseignement supérieur. Cette initiative vise à améliorer le bien-être des personnes cégépiennes et universitaires ressentant du stress et de la détresse psychologique.

La création officielle de l’Observatoire a été annoncée le 21 février dernier à l’Université de Sherbrooke (UdeS) et 2,8 millions $ sur cinq ans sont investis dans ce projet de recherche. C’est une initiation du ministère de l’Enseignement supérieur (MES) entreprise en réponse au stress énorme ayant été enduré par la communauté étudiante lors de la pandémie COVID-19 et qui perdure depuis. C’est un évènement qui a été révélateur et amplificateur des problèmes mentaux affectant déjà la population étudiante.

Un plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (PASME) a donc été élaboré pour offrir des solutions concrètes face à ce problème. À la suite d’un appel de propositions, lancé par le MES et les trois Fonds de recherche du Québec (FRQ), ce sont les candidatures de nul autre que Julie Lane, professeure à la Faculté d’éducation et directrice du Centre RBC d’expertise universitaire en santé à l’Université de Sherbrooke (UdeS), et Benjamin Gallais, chercheur au Centre d’Étude des Conditions de vie et des BESoins de la population (ÉCOBES) du Cégep de Jonquière, qui ont été retenues. En partenariat, ces personnes codirigent l’Observatoire et sont responsables de mener à bien le projet soumis.

Post-COVID-19

Où la performance et les bonnes notes sont souvent synonymes de bourses, d’opportunités de stages et de subventions, il est difficile de maintenir son stress à distance. Ce n’est un secret pour personne que ce même stress se soit hautement amplifié durant la pandémie de COVID-19. Cet effet a été particulièrement observé chez les étudiants de niveau postsecondaire qui ont été touchés à la fois sur le plan scolaire et financier. Un sondage Léger, qui a été commandé par l’Union étudiante du Québec, reportait même que durant la pandémie, il y a de ça deux ans, 81 % des universitaires vivaient dans un niveau élevé de détresse psychologique.

L’isolation, la charge de travail plus importante et les cours en ligne sont tous des facteurs qui alourdissaient davantage la charge mentale des personnes étudiantes. Malheureusement, même si ces impacts ont baissé en magnitude, il ne reste pas moins qu’ils se font toujours ressentir, même en contexte post-pandémique. En effet, 58 % des répondants à une enquête réalisée par l’Union étudiante du Québec (UEQ) ont avoué vivre avec un niveau élevé de détresse psychologique. Puisque l’état d’esprit peut grandement influencer la réussite d’une personne dans ses études et ses activités, le défi lancé par le MES à travers un appel de propositions à toute la communauté scientifique était grandement attendu.

L’Observatoire en action

Le plan d’action proposé par Julie Lane et Benjamin Gallais servira tout d’abord au regroupement et à la récolte d’information. Les nouvelles pratiques, connaissances ou tendances touchant de près ou de loin la santé mentale étudiante seront toutes récoltées par l’Observatoire. Ce dernier ira aussi lui-même chercher des données sur l’état de santé de la communauté étudiante québécoise à travers des enquêtes et des projets de recherche, tout ça pour parvenir à dresser un portrait global de la situation. Cela procura aussi un seuil de base pour suivre l’évolution de cette situation à travers le temps.

Heureusement, les données récoltées ne seront pas seulement accumulées et analysées, mais elles serviront aussi à développer des actions adaptées aux multiples réalités étudiantes. En effet, un des objectifs qu’ont su faire valoir la professeure Lane et le chercheur Gallais dans leur candidature est l’application concrète des connaissances acquises pour offrir des services efficaces et accessibles à tous. Leur approche vise donc à poser des gestes et développer des outils qui pourraient avoir un impact direct sur la réussite et la motivation pour ainsi aller au-delà de la simple récolte de données. Ils cherchent à améliorer le système de soutien qui est offert à la communauté étudiante postsecondaire pour que le réseau soit compétent pour les accompagner, peu importe leur besoin et leur expérience.

Évidemment, ce projet nécessite l’implication de plusieurs institutions et organismes pour qu’il soit une réussite. Maintes universités et maints cégeps se sont déjà ralliés à celui-ci et plusieurs chaires de recherche, associations et organismes en font aussi partie. De plus, il ne faut surtout pas oublier la participation incontournable des membres de la communauté étudiante un peu partout au Québec. Le but est justement de s’assurer que les outils qui pourraient être développés à partir de cette initiative, ainsi que les mesures empruntées, sont bénéfiques aux personnes ciblées. Il faut donc s’assurer qu’ils sont considératifs de tous les différents besoins possibles et réalités diverses de la communauté étudiante. On peut déjà compter six associations étudiantes impliquées dans ce projet. Avec le soutien de toutes ces personnes et partenaires, le plan d’action élaboré par Julie Lane et Benjamin Gallais est garanti de mener à des retombées bénéfiques dans toutes nos écoles de la province.


Crédit image @Michel Caron

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