Mar. Nov 29th, 2022

Par Daryann Lacombe

Critique/Présentée par le théâtre du Nouveau Monde, la pièce L’avalée des avalées, du célèbre roman de Réjean Ducharme, a pris vie au Québec grâce à l’adaptation de la talentueuse Lorraine Pintal.

Rapidement, le public se retrouve plongé dans l’univers d’une famille dysfonctionnelle, déchirée par la religion. Bénérice Einberg, interprétée par Sarah Laurendeau, est une préadolescente juive en révolte envers la vie. Sa mère, incarnée par Louise Marleau, et son frère, par Benoît Landry, sont tous deux catholiques. Ces derniers s’avèrent à la fois être les complices, mais aussi les victimes des émotions explosives vécues par la cadette de la famille.

Louise Marleau incarne son rôle avec naturel et un calme exemplaire. Sarah Laurendeau, quant à elle, se démarque plutôt par la fougue présente dans son interprétation. Son personnage explosif transporte le public dans sa révolte. À aucun moment durant la pièce, le feu brûlant qu’elle porte en elle ne faiblit. Benoît Landry assure non seulement le rôle de Christian, mais aussi la signature musicale de la pièce. Celle-ci permet un meilleur partage de l’émotion pendant le déroulement. Tout en finesse, la mélodie accentue les émotions vécues par les personnages.

Le plus grand défi de la prestation a sans doute été de présenter une histoire si complexe dans un temps limité, ce qui a été réalisé avec habileté et un rythme soutenu. Lors de la présentation, l’imaginaire du public est suscité à plusieurs reprises, afin de visualiser les différents lieux où se déroule l’histoire. Ainsi, le spectateur voyage dans l’univers poétique de Ducharme, où les mots frappent en puissance.

La beauté de l’œuvre de Réjean Ducharme réside dans la poésie de ses mots et dans l’intemporalité du thème. L’avalée des avalées est d’abord et avant tout un roman paru en 1966 pour la première fois, toutefois, ces propos s’adaptent toujours aussi bien à la réalité de 2021. Encore aujourd’hui, une famille peut se retrouver tiraillée par des croyances qui diffèrent. De plus, le besoin d’amour vécu par la jeune enfant est un sujet qui ne se démode pas, car tout être humain y est sensible.

Bref, bien que complexe, cette pièce vaut le détour, surtout pour les amoureux de la prose.


Crédit photo @ Yves Renaud

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