Mer. Fév 21st, 2024

Par Vincent Giangioppi 

CRITIQUE/En novembre passé, Netflix annonçait la venue sur sa plateforme d’un documentaire portant sur les débuts dans l’industrie du hip-hop du rappeur, producteur et designer Kanye West. Voici donc quoi penser du premier acte de cette minisérie, Vision, qui raconte comment celui-ci a signé un contrat avec la maison de disque Roc-A-Fella au début des années 2000. 

Les débuts modestes et compliqués 

Il est important de mentionner que le documentaire focalise moins sur Kanye West en tant qu’artiste qu’en tant qu’outsider, soit un rôle auquel nous l’associons rarement. Cet aspect du documentaire permet de rejoindre un plus grand public cible et ainsi, ne se limite pas à interpeller les fans de Ye ou de hip-hop en général. Il s’agit avant tout d’une histoire à propos du rêve américain : le parcours d’un jeune homme avide de succès qui accomplit son but malgré tous les obstacles sur son chemin. 

On réalise que Kanye a eu beaucoup de difficulté à se tailler une place dans le milieu du hip-hop en raison des divergences qu’il avait avec ses confrères. On pense entre autres au fait qu’il vient de Chicago et non de New York, qu’il traite de sujets comme de religion et de famille dans ses paroles plutôt que de drogue et de gangs de rue. Ou aborde aussi qu’il est avant tout un producteur d’instrumentaux et non un rappeur. Kanye part donc avec une longueur de retard sur ses compatriotes comme DMX et Jay-Z. Cette situation est parfaitement illustrée par la scène dans le documentaire où Ye se rend dans les bureaux de Roc-A-Fella et commence à rapper devant une secrétaire qui l’ignore complètement. 

Un tout autre côté de Kanye West 

Malgré tout, le documentaire est fait d’une telle manière que nous voulons voir Kanye réussir. Nous sommes si habitués aujourd’hui de le voir décadent, arrogant et mêlé à des controverses qu’il peut être facile d’ignorer qui est réellement l’homme derrière toutes ces barrières.  

L’épisode nous présente un Kanye aussi ambitieux que vulnérable, deux traits de caractère qui sont très représentatifs de la relation qu’il entretient avec la ville de Chicago et plus spécifiquement avec sa mère, Donda. Lorsqu’il est dans le doute ou qu’il subit un échec, elle l’accueille à bras ouverts dans certaines des scènes les plus émotives du documentaire. Coodie, le réalisateur et narrateur du documentaire, affirme que « Kanye a autant de confiance en lui parce que Donda a confiance en lui ». Ce qui témoigne de l’impact qu’une mère aimante peut avoir sur son fils. 

Avec les actes 2 et 3 qui sortent respectivement le 23 février et le 2 mars, Jeen-Yuhs est un documentaire qui saura plaire aux fans de hip-hop, mais également à tous ceux qui aiment les histoires où le protagoniste passe de zéro à héros. Le documentaire permet à l’auditoire de se reconnaitre dans le protagoniste sur un niveau très humain, chose qui peut être parfois difficile à faire. Cela nous rappelle qui est le vrai Kanye West. 


Crédit image @ IMDb

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