Mar. Fév 27th, 2024

Par Félix Quirion et Frédérick Turgeon 

Jean-Pierre Lemelin, coach J-P pour les intimes, est présent dans le monde de l’athlétisme estrien depuis plus de 50 ans. Malgré son décès en juin dernier, il y sera toujours puisqu’il a su « transmettre le goût du dépassement de soi » à tous les athlètes qu’il a encadrés. 

Coach J-P a cédé le flambeau le 6 juin dernier dans une longue bagarre contre la maladie du Parkinson, laissant ainsi une marque dans le milieu de l’athlétisme et du cross-country sherbrookois et québécois. L’entraineur, enseignant en éducation physique et cofondateur des clubs d’athlétisme de Sherbrooke et de Magog aura laissé un impact géant sur ceux qu’il côtoyait, autant ses proches que ses athlètes. Il aura passé sa vie à perfectionner son art dans la transmission des connaissances et la démonstration du dépassement de soi. Depuis plus d’un demi-siècle, certains grands athlètes ont eu la chance d’avoir J-P comme entraineur et mentor — accompagnant notamment l’ancienne du Vert & Or Christine Slythe lors de sa participation aux Jeux olympiques. Sur une base plus récente, il a été l’entraineur-chef du Vert & Or cross-country en 2017 avant de laisser progressivement la place à Kenny Beaudette, maintenant entraineur-chef du cross-country féminin. Au cours de la dernière saison, J-P accompagnait coach Beaudette dans l’encadrement de l’équipe féminine, autant en athlétisme qu’en cross-country, en plus de prendre sous son aile plusieurs autres athlètes du monde sherbrookois.   

Suivre ses athlètes jusqu’au bout 

Jusqu’à sa dernière foulée, coach J-P aura eu une influence positive sur ses athlètes, si chers à ses yeux, et les aura poussés à se dépasser en plus de les porter avec lui. Jean-Pierre aura été le plus bel exemple de dépassement de soi : lui qui venait supporter ses athlètes malgré son combat contre une maladie qui lui demandait beaucoup d’énergie. Sa conjointe Suzanne, bien connue du groupe par son implication et le soutien qu’elle démontrait envers Jean-Pierre, a mentionné que « s’il avait une heure d’énergie dans la journée, il voulait la donner à ceux et celles qui lui étaient si chers ». Bâton à la main, sur le côté de la piste ou du parcours de cross-country, il observait attentivement ses athlètes s’entrainer ou compétitionner. En silence, il scrutait attentivement la foulée, les temps de passage, la respiration, la fatigue et le cœur des athlètes sur la piste. Malgré sa condition, certains chanceux ont eu le droit à des murmures simples remplis de conseils bienveillants. Il récoltait le plus d’informations possible, pour ensuite faire ses devoirs à son bureau, où il confectionnait encore les plans d’entrainement, une occupation que plusieurs qualifieraient d’art.  

Une commémoration digne d’un grand homme 

Le 16 septembre passé, à la suite de la première compétition de l’équipe du cross-country du Vert & Or, une cérémonie commémorative en la mémoire de Jean-Pierre a eu lieu à la piste de l’école secondaire La Ruche, où il a enseigné pendant plus de 30 ans. C’est par un tour de la piste portant dorénavant son nom qu’une foule composée de proches, athlètes et amis s’est réunie pour honorer la mémoire de l’humain formidable qu’il était. Jean-Pierre a supervisé de nombreux athlètes qui ont fait de grandes choses et nombreux athlètes en plus d’innombrables coureurs qui se sont tout simplement dépassés. Pour l’entraineur, ça n’a jamais été à propos du chrono ou à propos de la distance, c’était à propos de l’humain. Il entrainait des personnes avant tout. Il entrainait avec son cœur pour que ses athlètes compétitionnent de la même façon. Sa compagne Suzanne va même jusqu’à dire que sa passion était de « transmettre le goût du dépassement de soi ». « As-tu le cœur d’aller plus loin qu’hier? », disait-il.  

Jean-Pierre a su être un pédagogue dépassant les normes, donnant corps et âme pour ses athlètes qu’il considérait comme de la famille. Son grand calme, sa maitrise du sport et son éventail de connaissance hors du commun ne sont que quelques raisons qui ont fait de lui une icône de l’athlétisme québécois. La détermination, le travail, le respect et la discipline sont des valeurs qu’il a inculquées à ses athlètes qui leur ont permis de devenir des sportifs établis, mais surtout des personnes visant à exploiter le meilleur d’eux-mêmes. Il est encore présent à chaque victoire, à chaque défaite. 

«Si tu gagnes, réjouis-toi 10 minutes, si tu perds, pleure 10 minutes, car demain on continue. » 

    – Jean-Pierre Lemelin 

Le Vert & Or peut bâtir sur ce savoir transmis si précieusement au fil des années pour continuer à instaurer une culture gagnante. Au moment actuel, l’équipe du Vert & Or se trouve en plein dans la saison haute de la discipline. Dès les trois premières compétitions de l’automne, l’équipe féminine et l’équipe masculine ont pu s’imposer dans les classements. D’abord par performances individuelles impressionnantes : la victoire de Mélanie DesAutels à McGill, le podium de Laurence Gauthier à Fredericton, ou encore le titre de recrue masculine de l’Interlock pour Xavier Lemaitre. Toutefois, c’est collectivement que l’équipe fait couler de l’encre. À la suite de plusieurs années de travail, les deux équipes commencent à percer la scène nationale.  

Cependant, rien n’est joué d’avance et la saison est encore jeune. Elle a culminé en premier lieu le 20 octobre dernier à Rawdon, à l’occasion des championnats québécois universitaires de cross-country. Puis se clôturera en force le 12 novembre prochain à London, en Ontario, lors des très attendus championnats canadiens USports de cross-country. 

Comme le disait si bien J-P, c’est maintenant l’heure de « donner la claque » aux prochaines compétitions du Vert & Or.  

Cet article a été co-rédigé avec amour par des athlètes du Vert & Or, à la mémoire de Jean-Pierre Lemelin.  


Crédits: Marco Bergeron

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