Par Sarah Gendreau Simoneau

La crise environnementale actuelle accentue l’écoanxiété générale. Plusieurs études ont démontré le lien entre la consommation abusive de mauvaises nouvelles et la dépression, le stress et l’anxiété, rapporte Radio-Canada.
Le Collectif a donc décidé de vous bombarder de quelques bonnes nouvelles concernant le climat, l’environnement et les innovations qui permettent la pérennité de notre chère planète.
Un premier corridor écologique officiel en Tanzanie
Dans la vallée de Kilombero, en Tanzanie, 368 personnes agricultrices ont volontairement cédé une partie de leurs terres pour permettre aux éléphants de circuler en toute sécurité entre les forêts tropicales de montagne et la savane ouverte. Cette initiative est le fruit de sept années de négociations et a abouti à la création du premier corridor écologique officiellement protégé du pays.
Des caméras-pièges installées tout au long de ce passage de 14 kilomètres ont déjà enregistré le passage de 529 éléphants et de plus de 900 autres mammifères, bien plus tôt que prévu. Ce qui garantit le mieux l’avenir de ce corridor, ce ne sont ni les clôtures, ni le financement, mais les villageois eux-mêmes, qualifiés de « défenseurs de la nature » par un chercheur. Ce sont eux qui ont exigé l’utilisation d’essences d’arbres indigènes, signalé les défauts de plans de restauration bien intentionnés, mais mal conçus, et qui cogèrent désormais les terres aux côtés du gouvernement.
Un défenseur de l’environnement, qui plantait des arbres dans le corridor avec son jeune fils, s’est pris à imaginer la forêt qui verrait le jour une fois l’enfant devenu adulte. « C’est là tout le sens de cette démarche, a-t-il déclaré. Préserver la planète pour les générations futures. » C’est dans ce geste simple que réside toute la logique du projet : lorsque les populations qui partagent leur territoire avec la faune sauvage se voient confier une véritable responsabilité et sont traitées avec un respect sincère, elles choisissent souvent de protéger les animaux.
La Californie autorise les minicentrales solaires sur les balcons

Alors que les coûts de l’énergie continuent d’augmenter, la Californie autorise désormais l’installation de petits panneaux solaires enfichables sur les balcons. Le 30 septembre, le gouverneur Gavin Newsom a signé un projet de loi permettant aux personnes résidentes de l’État d’adopter cette technologie, déjà encouragée dans des pays comme l’Allemagne et dans quelques États américains, dont l’Utah et le Maine.
Plus petits et moins coûteux que les installations traditionnelles sur les toits, ces panneaux se branchent directement dans les prises électriques d’un logement. Ils permettent ainsi de produire une partie de l’électricité nécessaire au quotidien, sans nécessiter de coûteux travaux électriques. Cette solution rend également l’énergie solaire plus accessible aux locataires qui disposent d’un balcon ou d’une cour arrière.
Selon le journal américain Grist, ces installations pourraient permettre aux ménages d’économiser des centaines de dollars par année, ce que coûte un système de base. Les économies réalisées pourraient permettre de récupérer cet investissement en environ quatre ans, selon les coûts locaux de l’électricité.
Au-delà des économies individuelles, l’énergie solaire enfichable pourrait contribuer à alléger la pression sur le réseau électrique, particulièrement durant les périodes de pointe. Lorsque les températures grimpent et que les climatiseurs fonctionnent à plein régime, ces installations produisent généralement de l’électricité grâce à l’ensoleillement abondant.
Contrairement aux centrales traditionnelles alimentées par des combustibles fossiles, la production solaire dépend toutefois des conditions météorologiques et de l’ensoleillement. Pour répondre à ces variations, les fournisseurs d’électricité investissent notamment dans des batteries de grande capacité afin de stocker l’énergie produite et de l’utiliser lorsque la production diminue.
Même si les panneaux installés sur les balcons produisent moins d’électricité que les systèmes traditionnels, leur multiplication pourrait réduire la consommation provenant du réseau. À l’échelle d’une ville, ces économies pourraient contribuer à répondre à la hausse de la demande énergétique, notamment celle liée aux centres de données et à l’électrification des transports.
Pour Amanda Smith, scientifique spécialisée dans les solutions climatiques, cette technologie représente une façon abordable de permettre aux citoyens de participer à la transition énergétique. L’adoption de cette mesure en Californie pourrait également inciter d’autres États à emboîter le pas.
Mieux gérer la présence des requins dans le Saint-Laurent

Face à la visibilité croissante des requins dans le Saint-Laurent, le musée scientifique Exploramer et l’organisme Merinov souhaitent créer une cellule d’intervention régionale pour mieux encadrer leur présence. Le projet, encore à ses débuts, a notamment été relancé par l’intérêt grandissant du public et la morsure d’un plongeur survenue à Percé en septembre.
La cellule aurait quatre principaux volets : l’éducation et la sensibilisation, l’accompagnement des pêcheurs, la recherche scientifique et l’adaptation du secteur touristique. Exploramer s’occuperait de sensibiliser la population et d’accompagner l’industrie touristique dans cette nouvelle réalité.
Selon sa directrice générale, Sandra Gauthier, l’objectif est de changer la perception des requins, souvent associés aux risques et aux craintes, pour en faire un attrait touristique. La Gaspésie pourrait ainsi se positionner comme une région accueillante pour ces animaux, à l’image d’autres destinations internationales qui tirent des retombées économiques de leur présence.
De son côté, Merinov accompagnerait les pêcheurs afin de favoriser une meilleure cohabitation avec les requins, dont plusieurs espèces sont considérées comme étant en péril. Sa chercheuse industrielle Stéphanie-Carole Pieddesaux souligne notamment le manque de données sur ces animaux et l’importance de mieux documenter les rencontres en mer.
Parmi les mesures envisagées figurent la collecte anonyme de données sur les prises accidentelles, la création d’une ligne d’assistance pour les pêcheurs, des formations sur la manipulation sécuritaire des requins et la récupération de carcasses à des fins d’analyse scientifique.
Des demandes de financement ont été adressées aux gouvernements du Québec et du Canada, ainsi qu’à des partenaires régionaux et privés. Le financement n’est toutefois pas encore confirmé.
Les partenaires souhaitent mettre progressivement en place des actions concrètes afin que la cellule d’intervention soit pleinement opérationnelle d’ici deux à trois ans. L’initiative vise ainsi à concilier la protection des requins, la sécurité des personnes et les activités économiques de la région.
Source image 1 : World Animal Protection
Source image 2 : Getty Images
Source image 3 : Nature Québec

Sarah Gendreau Simoneau
Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.
