Par Sarah Gendreau Simoneau

La crise environnementale actuelle accentue l’écoanxiété générale. Plusieurs études ont démontré le lien entre la consommation abusive de mauvaises nouvelles et la dépression, le stress et l’anxiété, rapporte Radio-Canada.
Le Collectif a donc décidé de vous bombarder de quelques bonnes nouvelles concernant le climat, l’environnement et les innovations qui permettent la pérennité de notre chère planète.
Augmentation du nombre de monarques
La population de papillons monarques, en baisse depuis les années 1990, augmente peu à peu. Un recensement annuel mené sur leur site d’hivernage au Mexique montre des signes encourageants dans l’est de l’Amérique du Nord pour une deuxième année consécutive.
Les chercheurs du Fonds mondial pour la nature (WWF) se rendent au Mexique en décembre et en janvier pour évaluer la superficie qu’occupe la colonie dans une région boisée, où les monarques recouvrent des arbres entiers. Ces derniers occupaient 2,98 hectares comparativement à 1,79 hectare l’année précédente, ce qui représente une augmentation de 64 %. En 2023-2024, la superficie occupée n’était que de 0,9 hectare.
La population des monarques de l’Est sera considérée comme durable quand ce site d’hivernage occupera six hectares, donc le double de ce qui a été observé cette année. Aussi, ce chiffre doit se maintenir dans le temps. Le monarque est officiellement classé comme espèce en voie de disparition au Canada depuis décembre 2023. Il faudrait donc que la taille de la population se maintienne sur une période de cinq à dix ans pour que le statut de protection soit levé.
Le déclin des monarques est dû à la perte d’habitat liée à la déforestation, à l’intensification de l’agriculture et à l’usage des pesticides. Garnir les terrains et les balcons de fleurs sauvages indigènes et de l’asclépiade peut aider. De plus, la Mission monarque, chaque année, invite les citoyens et les citoyennes à identifier les routes à protéger. Des données seront dévoilées sur les sites de reproduction à l’occasion du dixième anniversaire du Blitz international de suivi du monarque, ce qui pourrait permettre de mieux cibler les espèces à protéger.
Réduire l’empreinte carbone des avions en changeant les itinéraires des vols

Une nouvelle technique pourrait être envisageable afin de réduire l’empreinte carbone du secteur de l’aviation. Il s’agirait de réduire les traînées de condensation laissées par les avions dans le ciel. Le groupe de haute technologie Thalès et la compagnie aérienne Amelia ont annoncé des progrès dans leur expérimentation visant à éviter les traînées de condensation qui sont nocives pour le climat.
Pour cette expérience, Amelia a modifié, à l’aide d’un calculateur de Thalès, la trajectoire de 59 vols sur un total de 6 500 en 2025 afin de contourner les zones atmosphériques humides et froides propices à la formation des « lignes blanches », dont l’impact est aussi néfaste pour le climat que celui du CO2.
Ce sont entre 2 000 et 2 500 tonnes équivalentes de CO2 qui ont été évitées grâce à l’ajustement de ces vols, selon Amelia. Le changement d’itinéraire a généré une surconsommation de kérosène inférieure à 0,1 %, soit 700 kg de CO2.
Avec le trafic aérien qui a dépassé ses niveaux d’avant la pandémie, le secteur aérien représente environ 2,5 % des émissions de CO2 d’origine humaine, contribuant au réchauffement planétaire. Les traînées de condensation génèrent en outre un impact du même ordre de grandeur. L’impact de ces dernières pourrait être réduit de moitié avant 2040.
Les castors luttent contre les changements climatiques

Selon une étude parue le 18 mars dans la revue Nature Communications Earth and Environment, les zones humides aménagées par les castors stockent jusqu’à dix fois plus de carbone que les milieux sans ces rongeurs.
Les chercheurs ont étudié pendant plus de dix ans un corridor fluvial suisse, c’est-à-dire la zone qui comprend le cours d’eau, les berges et les espaces autour, comme les zones humides. En 13 ans, ce corridor où vivent de nombreux castors a piégé près de 1 200 tonnes de carbone, soit dix tonnes par hectares et par an. En comparaison, un corridor sans les aménagements des castors stockerait seulement une tonne de carbone par année.
Les castors créent un ralentissement de l’eau avec leurs constructions, ce qui favorise la sédimentation. Le carbone, contenu dans la matière organique, se dépose ainsi plus facilement dans les sous-sols. Grâce à l’inondation des berges, la croissance végétale est plus forte, et le stockage du carbone plus important. À long terme, ces zones peuvent se transformer en puits de carbone. Sur l’ensemble des corridors fluviaux propices à la présence de castors, ces zones humides pourraient compenser jusqu’à 2 % des émissions annuelles suisses de CO2.
Éviter des décès grâce à l’action climatique
L’action climatique sur la planète permettrait d’éviter plus de 13,5 millions de décès dans le monde sur 30 ans.
Si le réchauffement climatique est limité à 2 °C, des décès dus à la pollution atmosphérique d’ici 2050 seraient évités, principalement dans les pays à revenu intermédiaire. Les personnes chercheuses ont testé un scénario nommé Équité + Qualité de l’air. Dans ce cas de figure, les pays à revenu faible et intermédiaire investissent financièrement dans des mesures de lutte contre la pollution atmosphérique, ce qui leur permet de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi d’améliorer la qualité de l’air.
Selon les recherches, il s’agit de la solution la plus favorable, car elle permet les avantages en matière d’équité et le plein potentiel vital d’un air plus pur dans les pays en développement. En plus d’augmenter l’espérance de vie dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les économies réalisées grâce à la réduction des coûts pour atténuer les conséquences des changements climatiques permettraient de couvrir le coût des mesures supplémentaires de qualité de l’air. Ces conclusions ont une incidence directe sur les futures négociations climatiques.
Crédit image 1 : J.D. Taylor
Source image 2 : Québec Scienc
Source image 3 : Parlons planète

Sarah Gendreau Simoneau
Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.
