Vos bonnes nouvelles environnementales #32 

Par Sarah Gendreau Simoneau   

Le domaine du lac Léon joue un rôle clé dans un corridor écologique majeur qui favorise la connectivité entre les Appalaches du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’État du Maine.  

La crise environnementale actuelle accentue l’écoanxiété générale. Plusieurs études ont démontré le lien entre la consommation abusive de mauvaises nouvelles et la dépression, le stress et l’anxiété, rapporte Radio-Canada.   

Le Collectif a donc décidé de vous bombarder de quelques bonnes nouvelles concernant le climat, l’environnement et les innovations qui permettent la pérennité de notre chère planète.   

Une aire protégée de 815 hectares dans le Bas-Saint-Laurent 

Dans la région du Kamouraska, une nouvelle aire protégée en terre privée vient de voir le jour au domaine du lac Léon. D’une grandeur de 815 hectares, acquise par Conservation de la nature Canada, elle est située principalement en milieu forestier, près de Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Le projet de 4,7 millions de dollars a été financé par divers partenaires, notamment le gouvernement du Canada, le ministère de l’Environnement du Québec, la Fondation Écho et Premier Tech.  

Camille Bolduc, responsable de projets chez Conservation de la nature Canada, souligne la présence de plusieurs milieux humides sur le site. Ces milieux profitent à des espèces telles que l’ours noir, l’orignal et la martre d’Amérique, « des espèces qui ont besoin de grands espaces », souligne-t-elle. Des espèces menacées ont également choisi cet endroit pour y vivre, notamment le martinet ramoneur et la paruline du Canada. En protégeant leur habitat, Conservation de la nature Canada compte favoriser la survie de ces espèces.  

Le public n’est pas admis dans cette nouvelle aire protégée, pour le moment, mais pourrait éventuellement le devenir, si cela concorde avec les objectifs de conservation du site. Le secteur, où il y a déjà eu des coupes forestières par le passé, sera également fermé aux activités industrielles. 

L’aire protégée du lac Léon est la deuxième que Conservation de la nature Canada chapeaute dans cette région. Une autre aire de 134 hectares couvre depuis 1999 une partie de l’archipel des îles Pèlerins dans l’estuaire du Saint-Laurent, au large de Saint-André-de-Kamouraska. D’autres aires protégées en terres privées, notamment à Cacouna et à l’Île Verte, ont vu le jour au cours des dernières années. Elles ont été créées par d’autres organismes. 

Le traité marque un changement dans la manière dont la communauté internationale gère et protège l’océan pour la faune sauvage, la résilience climatique et les générations futures. 

Un traité qui protège officiellement la haute mer 

Le 17 janvier dernier, un accord historique des Nations unies visant à protéger la biodiversité marine en haute mer est devenu une loi internationale. Ce sont 145 pays, dont le Canada, qui ont signé le traité et 83 d’entre eux l’ont ratifié pour qu’il devienne une loi officielle. La haute mer, c’est la partie des océans qui commence là où s’arrêtent les frontières maritimes des pays, à environ 370 km des côtes. Ces eaux internationales représentent plus de 60 % des océans, mais n’appartiennent à aucun pays. 

La haute mer est importante, puisqu’elle abrite environ 10 millions d’espèces différentes, du petit zooplancton aux grandes baleines bleues, sans compter les espèces qui n’ont pas encore été identifiées. Les systèmes océaniques contribuent à limiter le réchauffement climatique en absorbant une partie importante du CO2 émis par les activités humaines et fabriquent de l’oxygène.  

Le traité permet donc d’établir des aires marines protégées (AMP), d’exiger des évaluations d’impact environnemental pour les activités en haute mer (comme la surpêche, l’exploitation pétrolière et l’exploitation minière), et d’assurer que les découvertes des ressources génétiques marines soient partagées équitablement. 

Le Canada n’a pas encore ratifié le traité sur la haute mer, une étape qui lui donnerait un rôle officiel dans les mesures de conservation des océans. Une porte-parole du ministre des Pêches et Océans a mentionné au Globe and Mail que les travaux se poursuivent, sans fournir de calendrier pour la ratification. 

L’initiative vise à garantir l’accès futur à des données climatiques aujourd’hui menacées, en dehors de toute pression géopolitique ou technologique.

La mémoire des glaciers  

Les glaciers ont perdu en moyenne 5 % de leur glace depuis l’an 2000, et jusqu’à 39 % à certains endroits, estime la fondation européenne Ice Memory. La fonte rapide des glaciers s’explique par le réchauffement global, particulièrement intense en altitude. Cette évolution provoque une infiltration croissante d’eau de fonte en profondeur, altérant la qualité des couches de glace plus anciennes.  

Vu la disparition rapide des glaciers, les scientifiques s’organisent pour préserver les archives du climat terrestre. Ils stockent alors des carottes glaciaires, extraites des Andes, des Alpes, du Caucase ou du Pamir, dans un sanctuaire naturel en Antarctique. Les carottes contiennent des traces de polluants, des poussières volcaniques ou désertiques, et même de l’ADN. Elles renferment donc des données uniques sur l’atmosphère passée, les températures, les polluants ou encore les activités volcaniques. Elles permettent alors de retracer les conditions environnementales d’une époque précise, sur plusieurs siècles, voire millénaires. Ces premiers échantillons sont entreposés à -52 °C, à cinq mètres de profondeur.  

Le projet rassemble 13 pays autour d’un objectif commun : sauver une mémoire climatique en voie d’effacement. Les premiers résultats confirment la faisabilité technique et diplomatique de cette observation extrême.   

Les conditions du lieu de stockage en font un des rares endroits au monde où l’on peut préserver de la glace sur plusieurs siècles. Le choix de l’Antarctique repose aussi sur sa neutralité juridique, car aucun État ne peut revendiquer ces terres selon le traité de 1959.   

Chaque nouvelle carotte ajoutée au sanctuaire répond à un double objectif : diversité géographique et pertinence scientifique. Les sites de prélèvement se trouvent sélectionnés en fonction de leur valeur archivistique, de leur fragilité et de leur exposition au réchauffement. Ice Memory compte forer 20 glaciers d’ici 2045.   


Source image 1 : Premier Tech

Crédit image 2 : Vanessa Mignon

Crédit image 3 : Gaetano Massimo Macr

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORT ET BIEN-ÊTRE at journal Le Collectif  redaction.lecollectif@USherbrooke.ca  Web   More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et bien-être du journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.  

Elle s’efforce, avec sa curiosité légendaire, de dénicher les meilleurs sujets diversifiés pour vous! 

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