Par Alexia Santos

Le rugby féminin de l’Université de Sherbrooke (UdeS) amorce un nouveau chapitre. À la tête de l’équipe, Valérie Langevin et Marie-Pier Fauteux forment désormais un duo d’entraîneuses déterminées à poursuivre dans la lancée amorcée en 2025. Ensemble, elles souhaitent instaurer une culture axée sur l’esprit d’équipe et la passion tout en offrant une expérience sportive enrichissante aux étudiantes-athlètes.
Contrairement à un processus d’embauche classique, leur nomination est née d’une initiative conjointe. « Nous nous sommes proposées ensemble, explique Valérie. On a présenté l’option à l’Université et ils ont appuyé l’idée qu’on prenne la relève à deux. »
Elles travaillaient déjà au sein de l’équipe d’entraîneurs ; depuis 2021 dans le cas de Valérie, et depuis un an dans le cas de Marie-Pier. Ainsi, leur collaboration s’est faite naturellement. « On partage une vision très similaire du rugby et de ce qu’on veut bâtir ici, ajoute Marie-Pier. On était excitées à l’idée de pouvoir mettre nos projets en place. »
Repartir sur de nouvelles bases
Leur arrivée à la tête de l’équipe se fait dans un contexte particulier. Après deux années d’absence du circuit universitaire, le programme de rugby féminin a eu le feu vert pour un retour en janvier 2025.
Les objectifs pour l’avenir sont donc axés sur la stabilité et le développement. « Notre priorité, c’est de redevenir une équipe compétitive dans le RSEQ, explique Valérie. On sait que ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais on veut bâtir quelque chose de solide à long terme. »
Pour les deux entraîneuses, la performance sportive n’est pas le seul élément important. Elles souhaitent également mettre l’accent sur l’expérience vécue par les joueuses. « Le rugby universitaire, ce ne sont pas seulement des matchs et des résultats, précise Valérie, c’est aussi un milieu où les étudiantes peuvent se développer comme personnes, comme leaders et comme coéquipières. » Marie-Pier partage cette vision. « On veut développer des athlètes, oui, mais aussi des individus. Le sport nous a apporté beaucoup plus que des habiletés techniques, et c’est ce qu’on veut transmettre aux joueuses. »
Des parcours complémentaires
Valérie et Marie-Pier connaissent bien le milieu du rugby universitaire, puisqu’elles ont toutes les deux été étudiantes-athlètes avant de devenir entraîneuses-cheffes. Valérie a évolué avec les Carabins de l’Université de Montréal pendant cinq ans, tandis que Marie-Pier a joué à Sherbrooke pendant trois ans, puis a poursuivi à l’Université Laval avec le Rouge et Or.
Selon elles, ces expériences constituent un atout important dans leurs nouveaux rôles. « On comprend la réalité des étudiantes-athlètes parce qu’on l’a vécue, explique Valérie. On sait ce que c’est de jongler entre les études, les entraînements et la vie personnelle. »
Leur complémentarité se reflète aussi dans leurs profils sportifs. « On a des parcours différents : moi, j’étais une arrière, Marie-Pier une avant. On n’a pas la même façon de voir le jeu, mais nos visions se rejoignent. » Pour Marie-Pier, le fait d’avoir connu plusieurs programmes universitaires lui permet d’apporter de nouvelles idées au Vert & Or. « On a vu différentes façons de fonctionner ailleurs, et ça nous permet d’amener un regard extérieur tout en respectant la réalité de Sherbrooke. »
Un fonctionnement en équipe avant tout
Même si elles occupent officiellement le poste de co-entraîneuses-cheffes, Valérie et Marie-Pier insistent sur l’importance du travail collectif au sein du personnel d’entraîneurs. « On veut fonctionner de façon très collaborative, explique Valérie. On est quatre coachs au total, et l’objectif, c’est que les joueuses puissent profiter de l’expertise de chacun. » Ainsi, les tâches se répartissent selon les forces et les compétences de chacun. « Naturellement, je travaille un peu plus avec les arrières et Marie-Pier avec les avants, mais les décisions se prennent ensemble », précise Valérie. Cette approche vise à assurer une continuité à long terme pour le programme.
Un retour important dans le RSEQ
Après beaucoup d’acharnement et de résilience, le programme retrouve progressivement sa place dans le circuit universitaire québécois. « C’est un retour qu’on attendait depuis longtemps, affirme Marie-Pier. Pour nous, c’est aussi un défi : montrer que le rugby féminin a sa place à Sherbrooke et bâtir une équipe solide ici. »
Les co-entraîneuses soulignent également le soutien de l’administration sportive du Vert & Or. « On sent qu’il y a une confiance envers le programme. Ils savent que ça prendra du temps, mais ils croient en notre projet. » De son côté, Valérie voit surtout ce retour à travers les joueuses. « L’important, c’est qu’elles développent une fierté de représenter le Vert & Or. Notre rôle, c’est de les accompagner là-dedans. »
Une préparation déjà amorcée
Même si la saison officielle a lieu à l’automne, l’hiver représente une période d’entraînement pour l’équipe. Les prochains mois seront consacrés au développement technique et physique des joueuses. « Pour nous, l’hiver n’est pas vraiment une saison morte, explique Valérie. C’est le moment de mettre en place nos structures et notre identité de jeu. »
L’horaire comprendra plusieurs pratiques par semaine ainsi que des séances d’entraînement en musculation. Ce sera une période chargée pour les joueuses, mais également pour les membres du personnel entraîneur, qui occupent aussi leur emploi à temps plein. Malgré tout, les deux co-entraîneuses se disent optimistes. « On a un bon noyau de joueuses motivées, affirme Marie-Pier. L’équipe est encore jeune en expérience, mais il y a beaucoup de potentiel. »
En ce qui concerne le recrutement, il progresse de manière encourageante. « On commence à attirer de nouvelles joueuses, notamment des étudiantes du cégep qui veulent venir à Sherbrooke. C’est un très bon signe pour l’avenir du programme. »
Un bilan positif de la dernière saison
En revenant sur la saison passée, Valérie et Marie-Pier dressent un bilan globalement positif, malgré les défis liés à la reconstruction de l’équipe. « On est parties d’un groupe qui se connaissait peu et on a réussi à créer une vraie équipe, raconte Valérie. Pour moi, c’est ce qui ressort le plus : la progression humaine et la cohésion qui se sont développées. »
Sur le plan sportif, plusieurs aspects restent à améliorer, mais les bases sont jugées solides. « Les filles se sont présentées à chaque match et elles ont travaillé fort. Pour une équipe qui revenait de deux ans d’absence, c’est très encourageant. » Pour Marie-Pier, l’essentiel se trouve dans l’attitude des joueuses. « On veut qu’elles jouent avec passion et fierté, surtout l’une pour l’autre. Si on réussit à créer cet esprit-là, les performances vont suivre. »
Source : Vert & Or
