Lun. Mai 27th, 2024

Une étudiante chercheuse s’intéresse à l’effet de la parentalité sur la persévérance aux études doctorales afin de mieux comprendre les défis, les enjeux et les réalités de cette périlleuse conciliation.

Maxime Bilodeau (Impact Campus)

Parfois, certains évènements normaux de la vie agissent ensemble pour aboutir à de formidables projets. C’est, somme toute, ce qui est arrivé à Dominique Tanguay, doctorante en sciences de l’orientation à l’Université Laval, il y a de cela une dizaine d’années.

À l’époque, Mme Tanguay, alors nouvellement maman, entreprenait un diplôme en études féministes. Dans le cadre d’un  travail de mi-session, l’étudiante avait désiré s’attaquer à la question de la conciliation études-famille, « pour savoir comment les autres le vivaient ». Or, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle a constaté qu’il n’existait strictement rien sur le sujet! « À partir de ce moment, j’ai tranquillement monté un projet qui, de fil en aiguille, est devenu mon projet de doctorat », a confié celle qui a mis au monde deux autres enfants depuis.

Loin d’être une sinécure

Le projet de Dominique Tanguay, le premier en son genre, vise à comprendre l’incidence de la paternité et de la maternité sur la persévérance aux études doctorales, c’est-à-dire sur le fait de s’engager dans la poursuite du programme académique. Après avoir questionné 24 femmes et 11 hommes, elle a constaté que la situation des parents-étudiants-chercheurs est loin d’être facile.

En ce qui a trait au déroulement même du doctorat, c’est la période de rédaction de thèse qui a été rapportée comme la plus affectée par la parentalité. En effet, puisque les journées des parents sont essentiellement modulées par les heures d’école et de services de garde des enfants, il est dur de dégager le temps nécessaire à l’élaboration d’un tel ouvrage. « De plus, ce type de travail ne se commande pas toujours. Il y a des journées où ça fonctionne, et d’autres où ça ne fonctionne pas », a souligné Dominique Tanguay.

Une autre difficulté soulevée par les sujets de l’étudiante réside dans la disponibilité mentale. « Il y a un écart entre la vie intellectuelle du doctorat et celle plus au ras des pâquerettes de la famille. La transition entre l’université, où l’on baigne dans les nuages, et la maison, où il faut ramasser le jus de raisin renversé par terre, peut être difficile », a affirmé celle qui, on le devine, a probablement été confrontée à une telle situation.

Parmi les différences majeures constatées au sein de l’échantillon, on remarque un clivage entre les pères âgés et ceux plus jeunes. Alors que les premiers adoptent « un partage des tâches plus traditionnel » avec leurs conjointes, les seconds s’impliquent davantage auprès de leur famille, « quitte à allonger la durée de leur doctorat ». Dominique Tanguay avance ici les différences générationnelles pour expliquer cet état de fait.

Favoriser l’accessibilité

Selon l’étudiante chercheuse, les données qu’elle a collectées dans le cadre de son doctorat pourront servir à assurer un accès diversifié aux études supérieures. « Aujourd’hui, l’âge moyen d’obtention du doctorat au Canada est de 36 ans, ce qui indique qu’il y a de plus en plus d’adultes au sein de cette population. Il est donc plus que jamais indispensable que nous nous intéressions à ses besoins, dont celui bien sûr de la parentalité », a-t-elle conclu.

 

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *