Sélection du jury pour le Grand Prix du livre de Montréal 2025 

Par Elizabeth Gagné 

Montage photo des dix livres finalistes de l’année 2025 du Grand Prix du livre de Montréal. 

Le 30 octobre dernier, les dix finalistes du Grand Prix du livre de Montréal ont été dévoilés. Créé en 1965 par la Ville de Montréal, le Grand Prix du livre « vise à promouvoir l’excellence en création littéraire et à souligner le dynamisme du milieu montréalais de l’édition ». Il sensibilise la population à la littérature québécoise et met en valeur une œuvre nouvellement parue dont le style et l’originalité se révèlent exceptionnels. 

Ce prestigieux prix honore les autrices et auteurs d’ici. Décerné annuellement à l’automne, il s’accompagne d’une bourse de 15 000 $ offerte par la Ville de Montréal à l’autrice, à l’auteur ou aux coautrices ou coauteurs d’un ouvrage de langue française ou anglaise. Quatre finalistes remportent une bourse de 1 000 $. 

Une évaluation sérieuse menée par un jury 

Le président du jury de cette année est le journaliste et écrivain Stanley Péan, né à Port-au-Prince. Auteur de plus d’une trentaine de livres, il a récemment publié le recueil La Pénombre propice

Les autres membres du jury sont : 

  • Oana Avasilichioaei, poète, artiste sonore, performeuse et traductrice ; 
  • Jeannot Clair, traducteur, accompagnateur littéraire et critique ; 
  • Jan J. Dominique, écrivaine née à Port-au-Prince ; 
  • Josiane Létourneau, libraire depuis 1997 ; 
  • Akos Verboczy, auteur de La maison de mon père

Sur sa page Facebook, le président du jury a annoncé la nomination des dix livres finalistes qui seront évalués par le comité. Le mode d’évaluation est rigoureux : tous les livres admissibles à la compétition sont d’abord répartis entre les jurés, qui effectuent une présélection. 

Au deuxième tour, les ouvrages retenus doivent être lus par l’ensemble du jury. Chaque livre est ensuite discuté et débattu jusqu’à ce que le groupe s’entende sur une sélection de dix titres qui les ont le plus marqués. En cas de désaccord, un vote secret est organisé. Enfin, pour déterminer les finalistes et le grand gagnant, les dix livres sont relus par tous les membres du jury, qui délibèrent avant de procéder à un dernier vote secret. 

Les dix finalistes du Grand Prix du livre de Montréal 2025-2026 et les commentaires du jury 

  • Une histoire silencieuse, d’Alexandra Boilard-Lefebvre, Éditions La Peuplade 

« Récit d’écoute et de filiation, où l’autrice exhume la mémoire d’une femme oubliée. Par fragments et témoignages, Alexandra Boilard-Lefebvre tisse un espace de parole juste et vibrant, laissant au silence sa force politique et poétique. » 

  • Awards, de Maxime Brillon, Éditions Les Herbes rouges 

« Texte théâtral d’un éclat singulier, à la fois satire du monde de l’entreprise et cérémonie du chaos. Maxime Brillon y invente une langue scénique foisonnante, drôle, désespérée, qui repousse les limites du théâtre et celles du langage lui-même. » 

  • Voyage à la villa du jardin secret, de J. P. Chabot, Éditions Le Quartanier 

« Texte hybride, entre roman et essai, sur l’amitié, la vulnérabilité et le soin. J. P. Chabot allie rigueur intellectuelle et tendresse, explorant la fragilité des corps et des liens dans une écriture claire, éthique et profondément humaine. » 

  • Les traits difficiles, d’Évelyne de la Chenelière, Éditions Les Herbes rouges 

« Sous la plume d’une justesse quasi indécente d’Évelyne de la Chenelière, les âmes se dénudent. Chaque nouvelle scrute la faille, l’impulsion contenue, le frémissement avant la chute. Humanité immense et regard d’une précision hypnotique : une œuvre magistrale de maîtrise et de grâce. » 

  • Vueltas. Affects diasporiques, de Nicholas Dawson, Éditions Nota bene 

« Fresque mouvante où mémoire, exil et filiation se répondent en un labyrinthe d’échos et de miroirs. Nicholas Dawson traverse les langues et les blessures pour reconstituer une identité éclatée : un texte d’une richesse et d’une sincérité bouleversantes. » 

  • Veuve Chose, de Michael Delisle, Éditions du Boréal 

« Dans un régime totalitaire sans nom, Michael Delisle orchestre la résistance intime avec une précision d’orfèvre. Sa langue, sobre et vibrante, explore la part d’ombre de la justice et du désir : un conte noir où l’humain s’obstine à subsister. » 

  • The Capital of Dreams, de Heather O’Neill, Éditions HarperCollins Canada 

« Fable lumineuse et cruelle sur les rêves et la survie. La romancière Heather O’Neill bâtit un monde d’illusions traversé par une lucidité politique rare. Chaque page réconcilie la douleur et la magie, l’enfance et la désillusion, dans une langue d’une grâce affranchie. » 

  • Mourir de froid, c’est beau, c’est long, c’est délicieux, de Nathalie Plaat, Les Presses de l’Université de Montréal 

« Essai d’une transparence émotive rare, où l’amour et la folie s’étreignent. Nathalie Plaat revisite la passion fondatrice de sa vocation clinique dans une écriture à la fois pudique et bouleversée, traversée par la musique fragile de la mémoire. » 

  • Soleil d’abandon, de Mathieu Rolland, Éditions du Boréal 

« Roman choral d’une grande sobriété, où la perte et la beauté s’affrontent sans pathos. Mathieu Rolland capte l’élan vital qui subsiste dans la douleur, avec une écriture ciselée où la poésie surgit de l’économie même des mots. » 

  • Un carré de poussière, d’Olivia Tapiero, Éditions de la rue Dorion 

« Poésie de la révélation et du dévoilement, où chaque verbe s’incarne à nu. Olivia Tapiero livre un cri contenu, lucide et nécessaire : une écriture qui assume la colère et la transforme en pensée, rappelant la vocation première de la littérature — rendre visible. »  

Pour suivre les résultats et en savoir plus sur cette compétition veuillez-vous diriger sur le site internet. 


Source : Bibliothèques de Montréal

Elizabeth Gagné
Cheffe de pupitre CULTURE  culture.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Travaillant de pair avec ses collègues depuis 2022 à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la faculté d’éducation, elle travaille également depuis un an au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. Intriguée par tout ce qui nous rend profondément humains, elle souhaite élargir et approfondir le sens de la culture en proposant des articles parfois hors normes.  

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