Rosalía et son nouvel album Lux battent des records  

Par Elizabeth Gagné  

Couverture de l’album Lux, qui signifie « lumière » en latin.

Sorti plus tôt ce mois-ci, le nouvel album de la chanteuse et compositrice espagnole Rosalía fait beaucoup parler pour son audace artistique. Il s’agit du quatrième album de l’artiste. Chanté dans treize langues, ce projet ambitieux est le résultat d’un travail d’envergure qui a duré trois ans. Les critiques sont nombreuses et élogieuses. Différent de ses précédents albums, Lux offre un nouveau son, fortement influencé par la musique classique.  

Dans une entrevue accordée à France Inter, Rosalía revient sur les inspirations qui l’ont aidée à imaginer et construire son plus récent album. Lux explore la spiritualité et sa relation avec Dieu. Pour le concevoir, la chanteuse l’a pensé en quatre mouvements : le premier aborde la pureté et l’absence de pureté ; le second est centré sur la gravité et l’amitié avec le monde ; le troisième se concentre davantage sur la grâce et l’amitié avec Dieu ; enfin, le dernier mouvement est consacré aux adieux et parfois au possible retour. Dans cette même entrevue, elle exprime son besoin d’intégrer davantage de lumière dans sa vie, plutôt que de l’obscurité, et rappelle qu’il existe plus de possibilités d’union que de division dans le monde.  

Une mosaïque de langues et de cultures  

Rosalía a pour passion d’apprendre et de se renseigner sur les autres cultures, que ce soit sur le plan musical ou linguistique. Cet album a été pour elle l’occasion d’en découvrir encore davantage sur l’autre. Derrière ce défi — chanter en treize langues différentes — se cache un effort collectif profondément humain, réalisé sans aucune aide d’intelligence artificielle, un point essentiel pour la chanteuse. Ce travail collaboratif réunit traducteurs, artistes et producteurs. Par exemple, pour la chanson Jeanne, l’actrice Charlotte Gainsbourg a accepté d’écrire deux lignes pour Rosalía. Pour le titre Berghain, qui fait référence au prestigieux club berlinois, Rosalía chante en allemand et est accompagnée par l’Islandaise Björk ainsi que d’Yves Tumor.  

Un travail linguistique colossal  

La majorité des chansons ont nécessité un travail colossal de va-et-vient entre elle et les traducteurs, cherchant ensemble à faire rimer les mots et à donner du sens aux différentes langues. « Ce fut l’un des puzzles les plus difficiles que j’ai eu à faire de ma vie, dit-elle. C’était extrêmement complexe. Pendant deux ans, je suis restée au même endroit : j’ai accroché au mur une carte où j’ai épinglé différents lieux que j’essayais de relier avec du fil rouge afin d’établir une liste de saintes provenant de divers endroits du monde. J’ai lu énormément d’hagiographies. Ensuite est venue la question des langues correspondant à ces lieux, et de la manière dont je pouvais connecter tel endroit avec telle histoire, telle personne, telle culture et telle langue. »  

Un pari orchestral qui bouscule la pop  

On retrouve ainsi dans Lux des morceaux chantés en allemand, en arabe, en catalan, en japonais, en anglais, en portugais, en latin, en mandarin, en italien, en hébreu, en sicilien, en ukrainien et en français. Un projet pour le moins unique. Rosalía espère que Lux sera perçu comme son album orchestral. Bien qu’elle soit une pop-star, cet opus défie les codes traditionnels des succès pop actuels — un pari qui pourrait bien jouer en sa faveur.  


Source : Lux

Elizabeth Gagné
Cheffe de pupitre CULTURE  culture.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Travaillant de pair avec ses collègues depuis 2022 à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la faculté d’éducation, elle travaille également depuis un an au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. Intriguée par tout ce qui nous rend profondément humains, elle souhaite élargir et approfondir le sens de la culture en proposant des articles parfois hors normes.  

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