Par Grégoire Bouley

Le 1er novembre, l’Égypte a officiellement inauguré le Grand Musée égyptien (GEM) lors d’une cérémonie grandiose en présence du président d’Égypte, Abdel Fattah al-Sissi.
Situé sur le plateau de Gizeh, face aux célèbres pyramides, ce musée monumental consacre vingt ans de travaux et plus d’un milliard de dollars d’investissement à la mise en valeur de la civilisation pharaonique.
Des trésors pharaoniques uniques
Présenté comme un « cadeau au monde », selon les mots du premier ministre égyptien Moustafa Madbouli, le GEM se veut une vitrine de l’histoire millénaire du pays, dont les racines remontent à plus de 7 000 ans. Le complexe, couvrant 500 000 mètres carrés, est désormais considéré comme le plus grand musée du monde consacré à une seule civilisation. Il abrite près de 100 000 artéfacts, dont 4 500 objets funéraires du trésor de Toutankhamon, exposés pour la première fois dans leur intégralité.
Parmi les pièces les plus impressionnantes, les visiteurs peuvent admirer le colosse de Ramsès II, vieux de plus de 3 200 ans, ainsi que le bateau solaire du roi Khéops, une embarcation funéraire datant de 4 600 ans. Ces trésors témoignent de la puissance et de la grandeur de l’Égypte ancienne, qui continue de fasciner le monde entier.
La construction du musée avait débuté en 2005, sous la présidence d’Hosni Moubarak, mais le projet a été ralenti à plusieurs reprises par les bouleversements politiques liés au soulèvement de 2011 et au printemps arabe, puis par la pandémie de COVID-19.
Un symbole de fierté nationale et d’ouverture
L’inauguration du GEM a donné lieu à une célébration nationale. Le gouvernement a décrété un jour férié pour permettre à la population de participer à cet événement symbolique. Un spectacle de drones a illuminé le ciel du plateau de Gizeh, projetant au-dessus des pyramides et du Sphinx le message « Welcome to the Land of Peace » (Bienvenue au pays de la paix), signe d’une Égypte tournée vers le dialogue et la modernité.
Selon Walid El Batouty, conseiller au ministère du Tourisme, l’ouverture du musée devrait stimuler le tourisme, créer des emplois, et renforcer le prestige international du pays. Le gouvernement espère également que ce lieu contribuera à reconnecter les Égyptiens contemporains avec leur patrimoine, souvent dispersé à travers le monde.
Malgré la richesse de ses collections, le musée reste incomplet : plusieurs reliques majeures demeurent encore à l’étranger, notamment dans des institutions comme le British Museum à Londres, le Louvre à Paris ou le Neues Museum de Berlin. De nombreux égyptologues et responsables culturels réclament depuis des années le retour de ces objets emblématiques, considérant qu’ils font partie intégrante de l’héritage national.
Avec l’ouverture du Grand Musée égyptien, l’Égypte entend non seulement célébrer son passé, mais aussi affirmer sa place dans le monde culturel et touristique du XXIe siècle. Ce projet colossal, fruit de deux décennies de travail, s’impose désormais comme le nouveau symbole de la fierté et du renouveau égyptien.
Source : Getty Images
