Le temps des sucres est arrivé  

Par Elizabeth Gagné 

Pour garantir votre place dans une cabane à sucre, il est conseillé de réserver le plus tôt possible. 

Lorsque le temps se réchauffe, que la neige fond et que le soleil pointe le bout du nez, on sait que le temps des sucres est arrivé. Le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d’érable. Cela représente plus de 55,5 millions d’entailles et plus de 225 millions de litres de sirop d’érable produits dans la province en 2025. Le temps des sucres est l’une des traditions les plus enracinées de notre terroir. 

Le temps des sucres varie selon la température, mais débute généralement vers la fin février ou le début mars et dure en moyenne de 8 à 10 semaines. Les érables dépendent des variations de températures. Pour que les arbres produisent leur sève sucrée, il faut un écart entre la température du jour et celle de la nuit. Le gel nocturne contracte le bois de l’arbre et la chaleur du jour le dilate, laissant s’écouler l’eau sucrée. 

Pour récolter cette eau, une entaille est faite dans l’arbre où l’on insère un chalumeau qui récolte l’eau, traditionnellement dans des chaudières en aluminium accrochées à l’arbre. Aujourd’hui, la grande majorité des érablières utilise un système de tubes accrochés aux chalumeaux, appelé tubulure, qui achemine l’eau d’érable directement à l’érablière. 

La transformation de l’eau d’érable en sirop d’érable se fait par une réaction chimique appelée réaction de Maillard. En faisant bouillir l’eau d’érable, les acides aminés présents dans l’eau se combinent aux sucres, provoquant le brunissement du liquide et sa transformation en sirop. 

Origines anciennes 

L’origine du sirop d’érable remonte bien avant l’arrivée des Européens sur le continent. Ce sont aux Premières Nations que nous devons cette découverte. Selon certains historiens, elles auraient découvert l’eau d’érable en coupant l’écorce d’un arbre pour ne pas mourir de faim. À l’époque, le cambium, cette partie comestible située entre le bois dur et l’écorce, était un aliment de survie. Elles auraient alors commencé à récolter l’eau d’érable et à l’utiliser notamment pour cuire le gibier, le maïs et les haricots. 

Fait intéressant : vers 1700, une femme d’affaires de Montréal nommée Agathe de Repentigny apprend que le roi de France, Louis XIV, a la dent sucrée et raffole des dragées et des sucreries. Flairant l’occasion, Agathe décide de lui faire parvenir du sucre d’érable. En 1701, elle n’exporte pas moins de 30 000 livres de sucre d’érable vers la France. 

Cabane à sucre traditionnelles à visiter 

Si, comme l’ancien roi de France, vous avez la dent sucrée, voici quelques endroits que l’épicurien en vous sera heureux de découvrir afin de profiter pleinement du temps des sucres en Estrie. En effet, notre région regorge d’érablières. Certaines d’entre elles se démarquent par leur offre unique, d’autres par leur authenticité ou leur cachet.  

L’érablière Erabilis, située à cinq minutes de l’Université, offre un buffet à volonté pour de petits comme de grands groupes. La réservation est obligatoire et certaines conditions s’appliquent. Une belle vue sur la région s’offre aux visiteurs depuis la salle à manger située sur une petite colline. Le menu varie chaque année et propose de nouvelles créations, comme le pain de viande érable, bacon et chèvre, sans oublier les plats plus traditionnels. 

L’érablière de Jean-Marc Gareau, située dans le canton de Hatley, sert des repas à l’érablière depuis 2006. Leur menu, simple mais authentique, est servi du mardi au dimanche. Il est possible d’apporter ses consommations ou de réserver une boîte-repas pour déguster la cabane à sucre à la maison. 

Chalet des érables, à Cookshire-Eaton, propose un menu varié de mets traditionnels faits maison. Il s’agit d’un buffet à volonté et d’un apportez vos consommations. Les réservations se font par téléphone uniquement et les paiements sont acceptés en argent comptant seulement. 

Des cabanes à sucre qui sortent de l’ordinaire 

Pour la toute première fois, Les Cocagnes, un OBNL dont la mission est de donner accès à la terre à de jeunes entreprises agroécologiques, ouvre ses portes pour offrir La Cabane des Cocagnes. « Dans une ambiance familiale, on vous propose un repas de cabane à sucre traditionnel revisité avec une touche d’originalité mettant en vedette des ingrédients de qualité provenant de nos fermes et d’autres artisans de Brome-Missisquoi. » 

La Cabane à sucre du Pic Bois a tout d’une érablière rustique et traditionnelle. Offrant des visites guidées, l’érablière récolte toujours l’eau d’érable de manière traditionnelle, c’est-à-dire à l’aide de chalumeaux et de chaudières, et l’évaporation est faite sur feu de bois. Les visites se font sur réservation par téléphone. On y offre également des dégustations de crêpes à l’érable et de tire sur la neige les fins de semaine de mars et d’avril. 

À la cabane à sucre La Martine, les produits font la réputation de l’endroit. Située à une heure de Sherbrooke, au cœur de la nature à Saint-Romain, cette cabane propose une ambiance conviviale et chaleureuse. Sylvain et Martine vous y accueillent pour un repas gastronomique aux saveurs d’érable. Les réservations sont obligatoires. 

La Cabane à sucre des Torrieux offre plusieurs activités : repas, soirées musicales et même un séjour à la ferme dans sa chaleureuse cabine située en plein cœur de la nature. Le menu de la cabane met à l’honneur les produits de leur ferme, et toutes les viandes servies proviennent de son propre élevage. 


Source : Tourisme Cantons-de-l’Est

Elizabeth Gagné
Cheffe de pupitre CULTURE  culture.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Depuis 2022, elle travaille de pair avec ses collègues à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la Faculté d’éducation.

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