Par Elizabeth Gagné

Sorti le 20 mars, le film La peau de l’ours, réalisé par Alexandre Trudeau et James McLellan, met en vedette deux acteurs de calibre, Malia Baker et Roy Dupuis, dans les rôles principaux. Alexandre Trudeau est mondialement connu pour ses documentaires géopolitiques audacieux, notamment Embedded in Baghdad et The New Great Game. Quant à James McLellan, il dirige un programme de production cinématographique de pointe dans un lycée depuis deux décennies et est acclamé pour ses courts métrages créatifs.
Malia Baker est une jeune actrice canadienne et botswanaise connue pour ses rôles dans le film Descendants : L’Ascension de Red et la série Netflix Les Baby-sitters. Roy Dupuis, quant à lui, est connu pour ses nombreux rôles, notamment dans la série Les filles de Caleb et pour avoir incarné Maurice Richard dans le film autobiographique sorti en 2005.
Tori (Malia Baker) est une adolescente de 16 ans souffrant d’un trouble d’anxiété qui l’a forcée à quitter l’école. Sa mère l’envoie passer du temps chez son grand-père (Roy Dupuis), qui vit au fin fond des bois, en pleine nature. Au fil des jours, une relation se développe entre le grand-père et sa petite-fille. Tel un véritable coureur des bois, il lui apprend quelques techniques de survie : allumer un feu, conduire une motoneige, traquer et tirer.
Dans cette région éloignée et glaciale, les rencontres sont rares — et pas toujours bienveillantes. Alors qu’ils retournent à leur camp, Tori et son grand-père portent secours à deux frères tombés à travers la glace. Les connaissances de survie du grand-père sont mises à l’épreuve, mais quelque chose cloche lorsque les rescapés reprennent des forces. Rapidement, la situation dégénère : la survie devient essentielle, et Tori devra surmonter son anxiété ainsi que la perception qu’elle a d’elle-même.
Un thriller dérangeant
Ce qui débute comme un film touchant et introspectif prend un virage abrupt à mi-parcours pour basculer dans un véritable cauchemar, non pas pour les spectateurs, mais pour les personnages. On observe une évolution marquée chez Tori, bien que celle-ci se fasse dans un contexte de contrainte et de danger.
Un malaise s’installe progressivement à mesure que les soupçons deviennent de plus en plus tangibles. Le film se transforme alors en une poursuite haletante, parfois violente, qui met en lumière le talent des acteurs. Malia Baker se démarque particulièrement dans plusieurs scènes exigeantes, où elle démontre une grande intensité émotionnelle.
Il s’agit d’un bon film qui maintient le suspense jusqu’à la toute fin. Le jeu des acteurs est irréprochable, et l’exploration de l’anxiété chez Tori est à la fois pertinente et bien intégrée au récit. C’est un sujet qui, selon moi, mériterait d’être davantage exploré au cinéma. La touche québécoise apporté par Roy Dupuis est rafraichissante.
Cela dit, c’est un sentiment partagé quant à la tournure plus sombre, voire morbide et survivaliste, que prend le film dans sa seconde moitié. Ce choix narratif, bien qu’efficace sur le plan dramatique, contraste fortement avec le ton initial et pourrait en dérouter certains.
Source : Maison 4tiers

Elizabeth Gagné
Étudiante à la maîtrise en histoire, Elizabeth a toujours été passionnée par les arts et la culture. Depuis 2022, elle travaille de pair avec ses collègues à promouvoir le programme des Passeurs culturels à la Faculté d’éducation.
