Mar. Fév 27th, 2024

Par Alexandre Ménard 

Les élections de mi-mandat sont un exercice auquel les Américains se prêtent tous les deux ans. Cet évènement permet de renouveler l’ensemble des sièges de la Chambre des Représentants et le tiers du Sénat.  

Le bilan de ce grand évènement est le suivant : les démocrates perdent de justesse la majorité dans la Chambre des représentants, mais ils parviennent tout de même à conserver le Sénat. 

C’était une amère défaite pour Donald Trump lorsque le parti de Joe Biden a remporté le siège nécessaire au Sénat pour conserver le pouvoir. Le résultat a donné à l’administration Biden une victoire décisive pour le reste de son mandat. Avant un entretien avec le président chinois Xi Jinping, le président américain s’est dit satisfait de son mandat jusqu’à présent selon TF1 Info. Lorsqu’on lui a demandé comment il se sentait, il a répondu qu’il était « renforcé » par ces résultats.  

La sénatrice démocrate sortante Catherine Cortez Masto avait battu de justesse Adam Laxalt, candidat soutenu par l’ex-président Donald Trump dans l’État du Nevada. Ce résultat électoral a été annoncé quatre jours après les élections de mi-mandat. Cette victoire a donné au parti de Joe Biden le contrôle du Sénat — avec 50 sièges sur 100 — pour la première fois depuis les élections de 2016. Les démocrates ont réussi à remporter 48 sièges et pourront compter sur le support de deux élus indépendants, ce qui leur permet de conserver le contrôle de cette chambre.  

La vague rouge, la grande absente de la soirée  

Certains démocrates ont poussé un grand soupir de soulagement lorsqu’ils et elles ont vu les premiers résultats sortir le soir du 8 novembre. En effet, dans les camps démocrates, on prévoyait de grosses pertes alors qu’au contraire, du côté républicain, on prévoyait une vague rouge historique. Chose certaine, cette dernière n’est pas arrivée, à la grande déception du clan de Donald Trump.  

Ces élections de mi-mandat sont certainement une consolation pour le président Biden, qui parvient tout de même à s’en sortir sans trop de dégâts. De cette consolation, nous pouvons également déduire que le grand perdant de ces élections est l’ex-président Donald Trump, qui a vu son influence en prendre un coup.  

En effet, le 45e président des États-Unis a vu bon nombre de ces candidats perdre leur pari face à leurs opposants démocrates. De ceux-ci, nous pouvons nommer Don Bolduc au New Hampshire, qui s’incline devant Maggie Hassen et Mehmet Oz en Pennsylvanie. Plus précisément, c’est environ 14 candidats appuyés par l’ancien président Trump qui ont connu la défaite lors de ces élections de mi-mandat. 

La plus grande défaite que subit Trump au cours de ces élections de mi-mandat est probablement la victoire écrasante de Ron De Santis par 20 points d’avance. Déjà pressentie avant les élections de mi-mandat et le qualifiant comme l’adversaire principal de Donald Trump pour les élections présidentielles de 2024, cette victoire n’a fait que renforcer cette idée en plus de jeter de l’ombre sur l’ancien locataire de la Maison-Blanche. Ajoutons à ceci la victoire du gouverneur de la Géorgie, Brian Kemp, qui s’est fait principalement connaître lors des élections présidentielles de 2020. Le gouverneur s’opposait à Donald Trump concernant la « fraude électorale » qui aurait eu lieu en Géorgie.  

Malgré tout ça et sans grande surprise, l’ambition de Donald Trump semble n’avoir aucun frein, même si la plupart des médias autour du monde traitent de la fin de l’ère Trump au sein du parti républicain à la suite de la désastreuse performance de ses lieutenants. Les résultats décevants obtenus par le parti républicain n’empêchent pas Donald Trump d’officialiser sa candidature pour l’élection présidentielle de 2024. Cette candidature représente sa troisième course à la présidentielle après 2016 et 2020.  

Les Midterms de 2022, une victoire pour l’accès à l’avortement  

Alors que les personnes américaines votent pour leurs candidats et candidates, les électeurs et électrices doivent également se prononcer sur de nombreux enjeux sociaux, comme la légalisation du cannabis dans certains États et l’accès à l’avortement. 

Ainsi, c’est le Montana, la Californie, le Vermont, le Michigan et le Kentucky qui se sont prononcés sur l’accès à l’avortement. Radio-Canada rapporte qu’« une vague pro-choix a déferlé dans les différents États où la question du droit à l’avortement se trouvait sur les bulletins de vote ». Par exemple, au Kentucky, État réputé très conservateur en ce qui concerne les enjeux sociaux, 53 % des électeurs ont voté contre une mesure qui conduisait à une modification constitutionnelle ayant pour but d’interdire complètement l’avortement. Du côté du Michigan, c’est plus de la moitié des électeurs qui ont voté en faveur d’introduire la liberté reproductive dans leur Constitution. En ce qui concerne le Montana, au-delà de la moitié des électeurs ont refusé une mesure qui donnerait des droits au fœtus et aux embryons, ce qui compliquerait grandement l’accès à l’avortement. 

Bien qu’il reste énormément de chemin à faire en ce qui concerne la question de l’avortement aux États-Unis, il est raisonnable de se réjouir de ces victoires. D’autant plus que certaines d’entre elles se sont réalisées dans des États parmi les plus conservateurs des États-Unis. 


Crédit image @Joaquin Corbalan

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