Jeu. Fév 22nd, 2024

Par Laurence Poulin

Une discussion ayant pour thème « La Culture politique américaine à la lumière des élections 2016 », organisée par le Centre de recherche Société, Droit et Religions de l’UdeS, a eu lieu au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke le 16 novembre dernier. Cette table ronde fut possible grâce aux échanges entre Sami Aoun, Mohamed Ourya et Gilles Vandal de l’UdeS, Anne Leahy de McGill et Donald Cuccioletta de l’UQAM.

La question religieuse

La discussion s’est ouverte avec Donald Cuccioletta mentionnant que le président nouvellement élu, Donald Trump, est loin d’être un fanatique religieux, mais plutôt un fanatique de l’argent. Mme Leahy, pour sa part, considère davantage que Trump est un fanatique du pouvoir. Pour Cuccioletta, d’autres membres de l’establishment du Parti républicain sont davantage rapprochés de l’idéologie religieuse tels que le sénateur Ted Cruz, le président de la Chambre Paul Ryan ou même son vice-président Mike Pence.

Sami Aoun a alors ajouté que Trump, contrairement à Obama ou Clinton, est incapable de réciter un seul verset de la Bible. Il a précisé que Trump est davantage un pragmatique qu’un idéologique et que celui-ci aurait alors davantage joué la carte ethnique que religieuse.

Pour Gilles Vandal, Trump aurait arboré le « manteau de la religion de la droite » pour gagner les élections. Selon lui, il s’agit d’un populiste opportuniste. Tous ont alors semblé d’accord sur son imprévisibilité qui ne cesse de se confirmer et qui est l’élément central d’inquiétude.

Fracture et lutte des classes

Une discussion s’est ensuite ouverte sur la fracture importante qui a suivi dès le dévoilement des résultats. En effet, c’est la première fois que des manifestations et des marches ont été organisées contre le président élu et non pas sur ses politiques comme au temps de la guerre du Vietnam ou encore pour les droits civiques.

Selon M. Cuccioletta, ce serait « grâce » à Trump que les jeunes découvrent concrètement la lutte des classes comme celle ayant eu lieu dans les années 1960, par des mouvements tels que le récent Black Lives Matter. Pour Anne Leahy, c’est davantage Bernie Sanders qui a fait découvrir cette lutte à une nouvelle génération, en étant écarté de la course par l’establishment démocrate.

Pour Gilles Vandal, ces résultats d’élections sont le retour à des faits connus. En effet, il a fait référence au clivage religieux et laïc entre les grandes villes et les milieux ruraux. Selon lui, un grand nombre d’Américains ne sont pas allés voter dans les gros États et les grandes villes étant donné la présomption d’un résultat de vote gagné d’avance.

L’enjeu sécuritaire

Pour Mohamed Ourya, c’est l’enjeu de la sécurité qui a été le levier émotionnel de Donald Trump. Il a en effet beaucoup basé sa campagne sur les migrants, sur le mur entre les États-Unis et le Mexique ainsi que sur le registre des musulmans.

Au final, ce qui ressort de cette discussion est le point central de la droite religieuse qui aurait permis à Donald Trump de remporter la majorité des grands électeurs. Cependant, tous s’entendent pour dire qu’il est bien difficile de prévoir de quelle façon ce vote religieux influencera le prochain gouvernement républicain.


Crédit photo © Michel Caron

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