Par Rebecca Gagné

Différents campus du Québec se sont rassemblés en ligne au nom de l’environnement le 1er avril dernier. La mob écolo provinciale réunissait les communautés étudiantes des régions de Sherbrooke, de Montréal et de Québec.
L’événement comptait différents points de rencontre à travers la province, soit à l’Université de Sherbrooke (UdS), à l’Université Bishop’s, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à l’Université Laval (ULaval) et à l’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC Montréal). Ainsi, les membres de la communauté étudiante, cégépienne comme universitaire, pouvaient se greffer aux discussions depuis un de ces cinq campus.
Le 12 février dernier marquait le retour postpandémique de la mobilisation. C’est lors de celle-ci qu’ont émergé les idées embryonnaires du mouvement, se définissant comme collectif et engagé dans la lutte aux changements climatiques. Afin de rester sur cette lancée, les communautés étudiantes participantes se sont donc retrouvées une deuxième fois afin de poursuivre les discussions préliminaires, précisément quant à la mission et à la vision du mouvement.
Le regroupement présent à l’Université Bishop’s entame la conversation en introduisant la nécessité de l’activisme. Bien que le mouvement provienne d’une responsabilité individuelle, il n’en demeure pas moins politique. Une personne étudiante rappelle les mobilisations de 2019, qui, jusqu’à la pandémie, étaient grandissantes. Revenir dans la sphère publique aurait pour motif de démentir la croyance qu’il ne s’agissait que d’une tendance passagère. « Ce n’est pas juste quelque chose qu’on faisait pour le fun, c’est [plutôt] parce que nos vies sont importantes. »
De son côté, l’UQAM s’en est tenue à une vision plus générale, caractérisée par la nécessité de mettre en commun les ressources et de créer d’un réseau de partage au sein des groupes participants.
Les membres de la communauté étudiante de l’UdeS ont ensuite soulevé l’envie d’atteindre un plus large public, notamment celui qui ne s’implique pas d’emblée. « On voudrait que le mouvement crée une forme de contre-pouvoir : qu’on ait une masse assez imposante pour créer un certain poids dans la société », spécifie le porte-parole du groupe. Un intérêt est également manifesté quant à la visibilité du mouvement dans les médias, question d’amplifier la portée de ses revendications. La pérennité est aussi au cœur des préoccupations de l’UdeS en écho aux dernières mobilisations de 2019, où la fatigue a eu raison des quelques leaders surmenés par la charge de travail qui reposait sur leurs épaules.
Pour sa part, la région de Québec aborde la pertinence du modèle horizontal comme structure de base. Dans cette visée sociocratique, le mouvement collaborerait et travaillerait de pair avec un réseau d’alliés afin de permettre à tout individu de s’engager en-dehors des murs universitaires et d’assurer « une collaboration entre diverses institutions environnementales et étudiantes. »
HEC Montréal rejoint la vision exprimée par l’Université Bishop’s en ce qui concerne la valeur politique du mouvement. Leurs réflexions se traduisent entre autres par la demande d’une « éducation à la hauteur des défis qui attendent notre génération, donc une éducation plus démocratique, plus critique [et] plus transparente ». Afin d’assurer l’efficacité de la mobilisation provinciale, une personne étudiante insiste sur la création de liens à l’intérieur du mouvement pour qu’émergent naturellement les actions collectives.
Source : Deuxième Souffle
